Lyon – Rennes : en quête de rebond
L’affiche de la 25e journée de Ligue 1 oppose ce dimanche soir (21h, Canal +), L’Olympique Lyonnais et le Stade Rennais au Groupama Stadium. Deux équipes en difficulté depuis le début de l’année 2018 et qui pourraient voir leurs objectifs s’envoler en cas de nouvelle désillusion.

La venue, à Lyon, d’un Stade Rennais bien pâle ces dernières semaines aurait dû enchanter les Gones et leur donner l’assurance de se tourner à nouveau vers la 2e place. Seulement, les hommes de Bruno Génésio n’ont pas de quoi pavoiser avant d’affronter l’équipe de Sabri Lamouchi. Battus par Bordeaux (3-1) puis par Monaco (3-2), la tension a regagné les bords du Rhône. Certes, la victoire acquise en milieu de semaine à Montpellier et la qualification en quart de finale de la Coupe de France qui en découle a calmé le début d’incendie mais l’objectif prioritaire n’est pas oublié pour autant : se rapprocher d’un Monaco qui pointe désormais à 5 longueurs suite à son probant succès à Angers hier soir (4-0). Logique, peut-être, après la démonstration des Monégasques face aux Lyonnais la semaine dernière. En infériorité numérique plus de la moitié du match, les hommes de Jardim avaient littéralement dévoré leurs adversaires pour s’imposer.

Alors qu’il reste, à L’OL, 14 rencontres de Ligue 1 à disputer, une défaite face à Rennes ne mettrait pas un terme définitif aux espoirs de Ligue des Champions, mais comme pour les Bretons, cela serait probablement un indice de son incapacité à aller voir plus haut. Cela serait en tout cas une énième confirmation des difficultés lyonnaises face à des équipes supposées plus faibles. Alors que l’OM cale contre les plus grosses machines, l’OL n’arrive pas à prendre le dessus contre un bloc regroupé plus bas, plus défensif, et qui laisse le contrôle du jeu à la troupe de Génésio. Ce fut le cas à de multiples reprises cette saison (Bordeaux, Dijon, Montpellier, Lille, Angers) et à ce petit jeu le grand perdant pourrait être l’OL.

Rennes, la morosité comme devise

J’avoue avoir beaucoup mal à comprendre ce club. Ni sa stratégie globale, ni ses objectifs à court et plus long terme, ni l’identité apportée par le nouvel entraineur ne me sautent aux yeux et je m’inquiète pour ce club. Rennes reste sur 3 défaites consécutives, deux en Ligue 1 contre Dijon et Guingamp, puis une plus anecdotique contre le PSG en Coupe de France. Mais les prestations des hommes de Lamouchi à Dijon d’abord, puis face à Guingamp, ont de quoi susciter de réelles interrogations. Comment cette entité, la plus puissante de Bretagne, peut se retrouver à ce point larguée par le petit voisin guingampais, tant en termes de trophées (depuis 2009) que de résultats ? Alors que la méthode Gourcuff commençait à être adoptée par les joueurs, les propriétaires ont alors décidé qu’il n’était pas acceptable que le Stade Rennais se trouve une identité et ont décidé de repartir de zéro une nouvelle fois. Incompréhensible.

A la décharge de Lamouchi, l’effectif dont il a hérité à son arrivée était encore bancal. Le bon investissement sur Sarr n’a pas été agrémenté d’un 9 et l’arrivée récente de Sakho devrait tout de même aider les Bretons dans les semaines à venir. D’autant plus que Khazri retrouve désormais un rôle de meneur bien plus adéquat à ses qualités. Il ne faut pas oublier non plus que Sarr a été gravement blessé et que son récent retour est également extrêmement important. Mais le Stade Rennais pointe aujourd’hui à une triste 10e place de Ligue 1, et si Lamouchi espère jouer l’Europe, il va falloir trouver rapidement une solution à la dérive des Bretons. En cas de défaite à Lyon, Rennes pourra commencer à regarder derrière (Lille,18e, est à 6 longueurs seulement). Une rencontre entre deux équipes en quête de rebond, et qui pourrait semer encore un peu plus le trouble chez le perdant.

Emmanuel Trumer