Lyon fonce, Marseille s'enfonce

Posté par Pierre Ménès le 17 Août 2019

La première attente de cette 2e journée, c’était le comportement de l’Olympique Lyonnais, qui accueillait Angers vendredi soir. On se souvient de ses difficultés récurrentes face aux blocs bas l’année dernière. Là, on a eu droit à une démonstration des Lyonnais, qui ont passé six buts à une équipe du SCO, il faut le reconnaître aussi, d’une faiblesse insigne. Notamment au niveau de son gardien, dont la responsabilité est engagée sur plusieurs buts. 

Mais le jeu lyonnais a été extrêmement cohérent tout au long du match, avec une tactique assez spéciale : deux latéraux (Dubois et Koné) qui ne montent quasiment jamais, Tousart seul devant la défense, Aouar et Mendes beaucoup plus avancés et trois attaquants. C’est un système qui fait que les Lyonnais sont toujours à cinq derrière à la perte du ballon, ce qui n’était pas souvent le cas la saison dernière, et toujours à cinq devant lorsqu’ils le récupèrent. Alors évidemment, il faudra voir les hommes de Sylvinho face à un adversaire un peu plus consistant que ce SCO-là, mais on a quand même vu un très bon Tousart, un très bon Aouar, un très bon Dembélé et un très bon Depay. C’est encourageant pour la suite.

La prestation de l’autre Olympique, celui de Marseille, a été beaucoup moins enthousiasmante. On peut même dire que, sans un Mandanda auteur de plusieurs arrêts décisifs en seconde période, l’OM aurait certainement perdu à Nantes face à des Canaris dirigés par un entraîneur qui prône une philosophie offensive mais doit faire avec un seul véritable attaquant. Il faut que Kita achète rapidement des joueurs offensifs pour que le jeu de l’ancien coach lorientais donne sa pleine mesure, même si pour un premier match à domicile, c’était plutôt pas mal. 

Côté phocéen, après une première période un peu plus intéressante que le match fourni face à Reims, l’équipe est retombée dans ses travers après le repos : pas d’envie, pas de physique, pas de technique. Et que dire de la prestation de Benedetto ? Au-delà du penalty vendangé, il a livré une partie « mitroglouesque ». Alors c’est un peu tôt pour le brûler, mais ce n’est pas avec ce genre de match qu’il va lever les doutes que j’avais au moment de sa signature.

Monaco à la dérive

Et puis on a vécu un samedi soir animé, avec notamment la victoire de Nice à Nîmes. Les Aiglons qui n’ont pas fait de recrutement et qui jouaient sans sept titulaires, avec donc une équipe totalement décimée, ont pris six points en deux matchs. Encore un grand bravo à Vieira. Le Gym a largement dominé les Crocos en première période, avec deux buts signés Cyprien et Ganago avant de concéder un penalty juste avant le repos qui a redonné un « élan de fougue » aux Nîmois. Un euphémisme poli, tant je n’ai pas aimé l’ambiance des Costières et l'attitude des Gardois, leur nervosité, leur agressivité et leur méchanceté. Cela s’est terminé avec deux cartons rouges, pour Martinez et Briançon. On sait que les Nîmois ont perdu toute leur ligne d’attaque, mais s’ils pensent avoir une chance de se maintenir en Ligue 1 avec ce comportement, ils se fourrent le doigt dans l’oeil et vont juste se retrouver dans le collimateur des arbitres. 

Un autre favori - mais peut-on encore parler de favori en évoquant Monaco - de ce championnat s’est effondré chez le promu messin, sans explication et sous le déluge. Mais le déluge, c’est la défense monégasque qui l’a subi. Alors on entend parler de l’arrivée possible d’Icardi en plus de Ben Yedder. Formidable ! J’adorerais voir Icardi en Ligue 1, mais je ne sais pas si Jardim se rend compte de la faiblesse de sa défense, de Glik, de Jemerson, de la jeunesse de Badiashile… C’est impossible de jouer avec une défense qui prend l’eau à ce point. Les Monégasques auraient pu perdre de façon beaucoup plus large et la seule chose à laquelle ils pourront se raccrocher, c’est qu’il y avait penalty pour eux sur l’action qui entraîne l’expulsion d’Aguilar. Mais vu l’ampleur du score et la teneur des débats, c’est une maigre consolation pour une équipe déjà à la dérive. 

Toulouse a battu Dijon 1-0 dans un match finalement assez spectaculaire, avec de belles frappes et de beaux arrêts. En toute franchise, je n’en attendais pas tant de cette affiche. Je n’attendais pas grand chose non plus de Bordeaux-Montpellier, une rencontre où chaque équipe a eu sa mi-temps. Les Héraultais ont ouvert le score en première période sur un joli but de Delort face à une équipe girondine totalement affligeante. Mais les Bordelais se sont bien repris après le repos et ont égalisé par le jeune Maja. C’est toujours ça, mais ça fait peu. 

Et puis Lille a chuté à Amiens face à des Picards qui ont changé d’entraîneur mais pas de style de jeu. Cette équipe met toujours autant d’intensité et de volonté dans tout ce qu’elle fait et l’a emporté sur un but de Guirassy avec, au départ, une situation sur laquelle je ne suis pas sûr qu’il n’y ait pas péno pour Lille. Mais l’attaque nordiste n’était pas assez performante pour espérer marquer des buts à une défense picarde bien organisée.  

Pierrot