Lyon est moribond
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Battu en toute logique sur la pelouse du Zénith à l’issue d’une prestation bien terne, l’OL est désormais très mal placé dans la course à la qualification. Toujours aucun signe d’une quelconque amélioration du côté de Lyon…

Je ne sais pas si j’ai la dent particulièrement dure, mais j’avoue avoir été un peu effaré en entendant les commentaires à la fin du match, qui disaient notamment que le score était trop sévère pour Lyon. Je suis navré, je ne trouve pas ce score sévère pour l’OL. Pas du tout, même. On ne peut pas espérer gagner à Saint-Pétersbourg en jouant dix minutes dans le match. Les dix premières de la seconde période en l’occurrence, pendant lesquelles les Lyonnais ont joliment égalisé sur une petite déviation de la semelle de Lacazette à la réception d’un centre de volée de Jallet.  

Mais comment oublier ce premier acte insipide ? Comment oublier cette absence de révolte après le second but russe signé Hulk ? Le jeu du Zénith, fait de verticalité - le but étant de trouver le tank brésilien le plus rapidement possible - couplée à un gros pressing sur la défense à la perte du ballon - Villas-Boas avait-il insisté plus que d’habitude sur ce point en ayant constaté la fébrilité de la charnière rhodanienne ? - a mis la défense lyonnaise à rude épreuve. On le sait, pour bien figurer en Ligue des Champions, c’est plutôt pas mal de pouvoir compter sur une défense digne de ce nom. 

Or, dans la série des grosses erreurs de casting de l’Olympique Lyonnais, Yanga-Mbiwa fait déjà figure de mètre-étalon. L’ancien Montpelliérain a livré une partie catastrophique et évidemment, son insécurité patente rejaillit sur Umtiti, qui se retrouve obligé de jouer les pompiers de service sur tous les ballons. Le but de Hulk est symptomatique de cette fébrilité défensive. Le Brésilien s’impose au physique dans le rond central, résiste à la petite faute de Lacazette et voit ensuite s’ouvrir devant lui la défense lyonnaise comme Charlton Heston (ou Christian Bale selon la version que vous préférez) la Mer Rouge. 

La faillite du recrutement

Nul besoin d’être un grand connaisseur de foot ni de suivre le championnat russe pour savoir que Hulk a l’une des plus puissantes patates du gauche sur le Vieux Continent. Le but du jeu est donc basique : l’empêcher de frapper. Ben là, non, tout le monde recule à commencer par Mapou, alors qu’il n’y a personne derrière. Le troisième but est certes entaché d’un hors-jeu - très limite - mais cinq minutes plus tard, il y avait penalty pour la main d’Umtiti, donc bon…

En fait, ce match c’est la faillite du recrutement lyonnais. Yanga-Mbiwa, Morel, Darder, Beauvue : aucun de ces quatre-là n’a donné satisfaction depuis le début de la saison. Rafael est le seul à surnager, même Valbuena étant assez médiocre - pour rester aimable - depuis son arrivée dans le Rhône. Cette équipe qui ne montre quasiment rien en Ligue 1 est au même niveau en Ligue des Champions. Le problème, c’est que cela ne fait qu’un seul point en trois matchs pour un OL déjà tout proche de l’élimination. L’objectif désormais, sera de finir 3e devant la Gantoise pour au moins continuer en Europa League au printemps. 

L’absence de Fekir et Grenier ne peut pas tout expliquer. Et certainement pas l’effondrement du niveau d’un Gonalons, d’un Ferri ou même d’un Jallet, auteur d’une bonne seconde mi-temps mais très mauvais en première, à l’image de ce ballon bêtement perdu qui amène directement le premier but russe. L’OL est donc mal embarqué en championnat, carrément largué en Ligue des Champions, les choses ne se passent pas bien en interne, certains joueurs sont très agacés, un climat de défiance s’est installé autour de Fournier, bref : les semaines qui viennent ne s’annoncent pas forcément très roses du côté de Lyon…

Pierrot