Lyon à un tournant

Posté par Pierre Ménès le 16 Août 2019

On a rarement attendu avec autant d’impatience une affiche somme toute assez banale qu’un Lyon-Angers. Il y a évidemment plusieurs raisons à cela. La plus importante et bien au-delà d’une simple curiosité d’un premier match à la maison. Mais là tout le monde veut être présent pour voir le retour à la maison de l’idole Juninho, passé de patron sur le terrain à patron du club tout court. Enfin pour le sportif.   

Mais l’entraineur reste un autre brésilien, Sylvinho, qui remplace l’idole des supporters lyonnais Bruno Génesio. L’entraineur français de l’OL a vécu l’enfer vis à vis des tribunes et des réseaux sociaux, le #Genesiodemission devenant viral. Que lui reprochait-on au fond ? Une irrégularité patente dans les résultats, une quasi infirmité de faire des matchs cohérents face aux équipes appelées pudiquement "à bloc bas", autrement dit à petit budget. Mais en termes de résultats, Genesio présente malgré tout un bilan cohérent, n’en déplaise aux haineux. La saison dernière Lyon a terminé troisième et donc directement qualifié pour la Ligue des champions grâce à la victoire de Chelsea en Europa League.  

On demande donc au duo brésilien de faire mieux, plus cohérent. Bien sûr personne ne leur demande de concurrencer Paris. Mais pas de finir à vingt points non plus. A ce stade, je dois quand même vous signaler un truc qui me fait marrer, même si c’est un peu jaune. A la suite de matchs amicaux pour le moins inquiétants quelques critiques ont commencé à poindre sur Sylvinho. Et là on a eu droit à la levée de boucliers habituelle des pro-entraîneurs étrangers qui nous ont sorti le poncif habituel comme quoi les entraîneurs venus d’ailleurs n’étaient pas les bienvenus en France. Quand on voit ce que Génesio a mangé pendant des mois il y quand même de quoi hurler. 

Perso, étranger ou pas, je m’en fous. Ce qui compte c’est le style de jeu, quand y en a un c’est déjà pas mal. On jugera donc Sylvinho sur la rigueur de son équipe et surtout sur un point où elle a failli la saison dernière : la constance. Sur ce point la victoire inaugurale à Monaco (3-0) a été plus qu’intéressante. Lyon a montré une vraie rigueur tactique avec notamment des latéraux très prudents. Alors bien sûr tout cela doit être mis en perspective avec la grande faiblesse monégasque et l’expulsion prématurée de Fabregas. 

C’est justement en cela que ce premier match au Parc OL sera instructif. Parce que Lyon est largement favori face au SCO. Maintenant on attend que cela se traduise par des actes sur le terrain. Parce que Lyon a quand même beaucoup perdu, ou très bien vendu c’est comme on veut, à l’intersaison. Mendy, Ndombele et Fekir sont partis. Ils ont été remplacés par des jeunes à fort potentiel comme Thiago Mendes et Reine-Adelaïde. Il faudra certainement un peu de patience pour définir le réel potentiel du groupe, notamment au niveau européen. 

Voilà tout un papier sur Lyon sans jamais parler de Jean-Michel Aulas. C’est déjà la preuve que quelque chose est en train de changer. Peut-être.

Pierrot