Lille et Montpellier carburent
Posté par Pierre Ménès le 27 Octobre 2018

La journée a commencé aux Costières, où Saint-Etienne affrontait une équipe de Nîmes qui restait sur huit matchs sans victoire en Ligue 1. Des promus qui ne se sont pas simplifiés la tâche en encaissant un but au bout de trente secondes par l'intermédiaire de Cabella, auteur d'une jolie tête smashée sur un centre de Debuchy. De quoi craindre le pire pour les Nîmois face à des Verts qui visaient le podium.

Seulement si on peut reprocher à cette équipe son manque de réalisme, on ne peut lui enlever ni son caractère, ni son enthousiasme. Et si Ruffier a longtemps repoussé l'échéance, Alioui a finalement libéré ses coéquipiers, quatre minutes seulement après son entrée en jeu. Un scénario compliqué et un point mérité qui devraient faire du bien à Nîmes. De leur côté, les Stéphanois ont manqué une belle occasion d'accrocher le wagon de tête.  

L'OL gagne petit

Ce samedi après-midi, Lyon a pris trois points sur la pelouse d'Angers. Alors on va dire que je me répète mais concrètement, on va retenir quoi de ce match ? Que l'OL s'est imposé en supériorité numérique grâce notamment à Depay, entré en cours de jeu. Très bien. Mais il faut vraiment se contenter de ça pour un club qui vise le podium et qui joue la Ligue des Champions ?

Les Lyonnais n'ont rien maîtrisé, ou presque. Sans un Anthony Lopes en grande forme, ils auraient même été menés très tôt dans le match. Déjà auteurs de plusieurs arrêts importants contre Nîmes et Hoffenheim, il a de nouveau été solide face à Capelle, Santamaria et les autres. Il a tenu la baraque mais il ne pourra pas toujours faire le boulot tout seul. Défensivement, ça paraît très fragile et offensivement c'est très peu inspiré.

Sans parler de chance et même si c'est plutôt facile à dire, le match n'aurait clairement pas été le même sans l'expulsion précoce mais méritée (je ne comprends même pas que certains la contestent) d'Ismaël Traoré pour une énorme semelle sur Dembélé. Gagner dans ces conditions, c'est le minimum syndical. S'en satisfaire, ça me paraît compliqué.

Lille et Montpellier donnent le ton

D'autant que Lyon a remis un pied sur le podium l'espace de deux heures. Le temps que Montpellier fasse gentiment plier Toulouse au Stadium. Très à l'aise à l'extérieur cette saison, les Héraultais ont fait la différence dès la première période grâce à deux buts de Laborde et Delort. Mais au-delà des réalisations, le jeu développé est assez agréable et les transitions attaque-défense sont bien gérées. La preuve, leurs adversaires - qui restaient sur six matchs sans victoire - ont tenté de se révolter dans le deuxième acte mais sans succès. Parce qu'après avoir fait le break, les Héraultais ont eu l'intelligence de solidifier les bases. Dans l'ensemble, Lecomte et Reynet ont brillé même si ce dernier a encaissé un troisième but dans les derniers instants sur un très joli coup franc de Sambia.

Montpellier enchaîne mais que dire de Lille ? On ne sait pas exactement combien de temps ça va durer mais les Dogues impressionnent par leur sang-froid et leur capacité à gérer des scénarios très différents chaque semaine. Invaincus à domicile, ils se sont cette fois offert le scalp des Caennais grâce à Leao, unique buteur de la partie. Moins flamboyante qu'à l'accoutumée, l'attaque nordiste a su faire pression sur le bloc normand, notamment dans le deuxième acte. Et puis quand il ne marque pas, Pépé se charge des passes décisives donc tout va bien.

Tout ne va pas encore bien mais ça va quand même mieux pour Nantes, qui a enchaîné sa deuxième victoire consécutive sur la pelouse d'Amiens. Comme face à Toulouse, les Canaris ont pu s'appuyer sur le duo Boschilia - Sala pour forcer le verrou adverse. Mais les protégés de Vahid Halilhodzic peuvent également remercier Tatarusanu, auteur d'une belle prestation malgré la réduction du score de Bodmer en fin de rencontre. Les deux équipes ont des trajectoires opposées puisque les Amiénois sont désormais dans la position du barragiste.

Monaco ne gagne toujours pas

Si le fameux choc psychologique semble porter ses fruits à Nantes, ce n'est pas encore le cas à Monaco. Certes les Monégasques ne perdent plus mais ce n'était vraiment pas folichon face à Dijon. Les deux équipes ont eu la volonté de jouer vers l'avant mais il y a eu beaucoup trop d'approximations pour assister à un match de qualité. Du côté de l'ASM, on sent que Henry veut confier les clés à Golovin mais le Russe n'est pas encore au niveau. À l'image du but de Henrichs, le travail des latéraux a mieux fonctionné que dans la semaine, mais la ligne défensive dans son ensemble se noie trop régulièrement dans un verre d'eau.

Le seul symbole positif réside dans l'égalisation de Glik. Parfois limite, voire à la ramasse ces derniers temps, il incarnait parfaitement la chute des cadres. Ce soir, il égalise d'une tête rageuse et montre enfin du caractère. Espérons pour lui et pour Henry que ce soit le début de quelque chose parce que pendant une grande partie de la rencontre, Monaco était la lanterne rouge de la Ligue 1.

Guingamp pensait en effet quitter la dernière place du classement jusqu'à la 88ème minute et l'égalisation de Zohi pour Strasbourg. Avant cela, les Bretons avaient ouvert le score par Benezet avant de buter à plusieurs reprises sur Sels. Mais les Alsaciens ont cru en leur chance jusqu'au bout malgré un penalty de Lala bien repoussé par Johnsson. Si le scénario est cruel pour les hommes de Kombouaré, ils ne peuvent s'en prendre qu'à leur manque de réalisme devant le but.

Pierrot