Lille, dauphin solide

Posté par Pierre Ménès le 5 Mai 2019

Si la bataille pour le maintien s’est quelque peu décantée samedi soir, celle pour l’Europe a livré une partie de son verdict dimanche. Car en obtenant le match nul au Groupama Stadium, Lille garde en effet six points d’avance et un goal-average favorable sur son hôte du soir. La rencontre a été excellente entre deux équipes qui ont pratiqué un football très vertical. Génésio avait fait le choix d’aligner une équipe offensive, un peu déséquilibrée même mais surtout, les Lyonnais ont un peu joué avec le frein à main. On sentait qu’ils craignaient les contres lillois et ils se sont moins projetés vers l’avant qu’à l’accoutumée, notamment Ndombélé et Aouar qui sont restés assez prudents pendant toute la partie. Heureusement que les joueurs offensifs - à part Traoré - se sont montrés efficaces et dangereux.

L’OL a ouvert le score sur une action un peu étrange, avec un contre de Ndombélé sur Ikoné dans le camp lyonnais qui s’est transformé en super passe dans la profondeur pour Depay. Le Batave a ensuite parfaitement glissé pour Terrier sur sa gauche, la frappe contrée de l’ancien Strasbourgeois trompant Maignan. Le jeu de Lille manquait un peu d’automatismes par rapport à d’habitude mais cela n’a pas empêché le LOSC de se créer pas mal d’occasions. Et c’est après le repos que les joueurs de Galtier ont concrétisé, avec une énorme erreur de Denayer exploitée avec sang-froid par Rémy et un coup-franc de Pépé sur lequel Dubois est surpris et voit le ballon rebondir sur ses avants-bras avant d’être repris dans son dos par Soumaré, le meilleur joueur sur le terrain hier soir. 

Sur une belle action lyonnaise qui s’est terminée de façon un peu confuse, Dubois a rattrapé son erreur en égalisant d’une belle volée rasante du gauche. Avec ce match nul, la situation est donc la suivante : la seconde place est désormais plus que compromise pour l’OL, qui va en outre devoir cravacher pour conserver la troisième. Parce que Saint-Etienne n’est plus qu’à un point après sa victoire à Monaco. Les Verts qui ont raté leur première période dans les grandes largeurs, en ne mettant ni vitesse ni profondeur dans leur jeu ont encaissé un but de Gelson Martins sur une action où Ruffier pense que le Portugais touche le ballon de la main alors que pas du tout. 

Et c’est un fait de jeu qui a fait basculer ce match avec le CSC de Ballo-Touré qui a totalement raté son dégagement et trompé Sy. Derrière, Cabella a rentré une magnifique volée du droit à la conclusion d’une action confuse avant que Nordin ne donne deux buts d’avance à Sainté d’une tête assez magnifique pour un joueur d’1,70 m. La réduction du score de Vinicius dans les arrêts de jeu n’a rien changé et les hommes de Gasset repartent donc de la Principauté avec une quatrième place quasi-assurée et une vraie possibilité d’aller chercher la troisième. Les Monégasques eux, ne sont pas encore sortis d’affaire et il faudra m’expliquer ce qu’a apporté Jardim depuis son retour sur le banc. Le Portugais a pourtant bénéficié d’un vrai recrutement, il n’a pas eu à jouer avec cinq jeunes sur le terrain et cinq autres sur le banc comme Henry. Mais cette équipe n’y arrive pas et semble vraiment creuse sur le plan physique.

A part ça, Montpellier a quasiment abdiqué dans la lutte pour l’Europe après son match nul concédé à la Mosson face à Amiens. Les Picards ont été comme souvent solides et intelligents et ont surtout ouvert le score sur un but collectif sublime conclu par Mendoza. L’égalisation de Mollet d’une volée croisée du gauche sur un centre de Congré est tout aussi magnifique. Mais Montpellier qui avait battu le PSG avec un but dans les arrêts de jeu qui n’était pas valable a vu cette fois le but vainqueur de Delort être refusé par la VAR. Comme quoi, d’un match à l’autre, tout change… Enfin Nantes a enterré Dijon en marquant trois buts, deux très jolis signés Touré et Rongier plus un penalty de Coulibaly. Les Canaris terminent cette saison éprouvante en boulet de canon.

Pierrot