Les USA, évidemment

Posté par Pierre Ménès le 8 Juillet 2019

Ça n'a échappé à personne - et surtout pas à Megan Rapinoe -, il y a eu deux finales hier : la Coupe du Monde féminine à 17h00 et la Copa America à 22h (heure française). J'ai donc attendu que les deux matchs soient disputés pour en parler. 

Dans un premier temps, les Etats-Unis se sont imposés sans surprise contre les Pays-Bas. Des Néerlandaises qui n'ont pas encaissé de but des USA dans le premier quart d'heure, s'appuyant sur leur très bonne organisation défensive, point fort durant toute la compétition. La gardienne a été excellente, notamment sur deux tentatives d'Alex Morgan en première période. Mais elles ont finalement cédé sur un penalty qui fait jaser. Personnellement, quand je vois que le pied de Van Der Gragt est au-dessus de la poitrine de Morgan, je me dis qu'il y a jeu dangereux donc je ne suis pas plus choqué que ça par cette sanction. Par contre, dans cette compétition où l'équipe la mieux classée a été systématiquement avantagée, on peut se demander si le même penalty aurait été sifflé en faveur des Pays-Bas. On ne le saura jamais et quoi qu'il en soit, Rapinoe a ouvert le score avant que Lavielle scelle définitivement la victoire des Américaines d'un joli tir croisé du gauche quelques minutes plus tard. Globalement, ce n'était pas une finale très excitante, les Pays-Bas n'ayant cadré leur première frappe qu'à la 77ème minute...

À titre personnel, j'attendais cette Coupe du Monde avec beaucoup d'intérêt et beaucoup d'envie mais je dois avouer que j'ai été déçu par la qualité de jeu dans l'ensemble, la qualité des transmissions du ballon, la qualité générale technique, l'absence quasi systématique de dribbles... J'ai été catastrophé par le niveau de l'arbitrage. Par contre, d'un point de vue médiatique, il s'agit effectivement d'un grand succès qui pourrait servir de vitrine pour l'avenir du football féminin. Il faut espérer que l'équipe de France en profite pour progresser mais les récentes déclarations de Corinne Diacre - mélange d'absence totale de remise en cause et d'attaques ciblées sur des cadres de son équipe comme Wendie Renard ou Eugénie Le Sommer - ne m'incitent pas vraiment à un quelconque optimisme. 

Le Brésil retrouve le sourire

La finale de la Copa America a été un petit peu plus réjouissante. Le Brésil s'est logiquement imposé à domicile dans une compétition loin d'être exceptionnelle. C'est d'ailleurs également le cas avec la Coupe d'Afrique des Nations pour le moment. Alors autant concernant la CAN, on peut dire que la chaleur écrasante qui règne en Egypte n'aide pas à voir des matchs de qualité, autant au Brésil c'est l'hiver donc l'argument ne tient pas. Peut-être simplement que les grands joueurs sont très fatigués en fin de saison et qu'il faudrait prendre ce paramètre en compte dans le futur plutôt que de penser systématiquement à augmenter le nombre d'équipes dans les compétitions... 

Sans Neymar blessé durant la préparation, les Brésiliens ont vu le jeune Everton se révéler à sa place. Décevant durant le Mondial, Gabriel Jésus a également été très bon sur le côté droit. En finale, il a délivré une passe décisive et marqué un but avant de se faire stupidement expulser. De son côté, Thiago Silva a remporté son premier grand trophée avec sa sélection. Il a réalisé une compétition monstrueuse même s'il s'est rendu coupable d'un penalty contre le Pérou. Une sanction grotesque puisque le ballon vient heurter sa main alors qu'il tacle. On demande maintenant aux défenseurs de tacler les bras dans le dos... Je pense que cette règle du penalty systématique dès que le ballon touche la main ou le bras n'est pas viable et qu'elle va tuer le football. 

Enfin je termine par un clin d'oeil à Dani Alves, élu meilleur joueur de la compétition. Je lisais dans certains commentaires qu'il n'avait rien fait avec le PSG cette année. Doit-on rappeler qu'il a été blessé huit mois en raison d'une rupture des ligaments croisés ? En tout cas, à 36 ans, il a montré qu'il pouvait répéter les efforts et qu'il restait un joueur hors norme. Après, peut-être que ce n'est valable que sur un grand tournoi et non sur une saison complète, je ne sais pas. En attendant, ce manque de respect qu'on peut avoir en France pour un joueur qui a remporté autant de trophées dans sa carrière, ça reste assez effarant. 

Pierrot