Les Teutons flingueurs
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Une page d'histoire vient de s'écrire sous nos yeux ébahis, mes amis. L'Allemagne a infligé au Brésil une humiliation qui va faire date.

Avant de rentrer dans le détail, la première chose à dire, c’est évidemment que ce match va rester dans l’histoire du foot et qu’on en parlera encore dans un siècle. La nation la plus titrée au monde qui perd, à domicile, une demi-finale de Coupe du Monde 7 buts à 1, c’est du jamais vu. C’était même presque pénible à suivre tant il y avait d’écart entre les deux équipes. Alors oui, sans Neymar ni Thiago Silva, on savait que ce serait plus dur pour le Brésil. Mais franchement, les deux dernières prestations de l’Allemagne - face à l’Algérie puis la France - ne laissaient présager en rien un tel scénario. 

Le problème, c’est que le Brésil s’est suicidé en un quart d’heure chrono. Avec quelque chose dont, à mon sens, on ne parle pas assez : l’indigence absolue du milieu de terrain auriverde, qui est infoutu, à la fois de récupérer le ballon, de le remonter et d’alimenter les attaquants. Ce qui a pour conséquence d’obliger David Luiz et Marcelo à un dépassement de fonction qui leur fait prendre des risques incalculables pour donner un commencement de semblant de vie au jeu brésilien. 

Le Brésil a fait fausse route. Alors qu’il devait essayer de jouer le plus longtemps possible et ne surtout pas laisser l’Allemagne ouvrir le score, il a ouvert grand les portes après dix minutes de jeu. Et a encaissé quatre buts en six minutes ! Prenez n’importe quel entraînement d’une équipe professionnelle, vous ne verrez jamais une équipe marquer aussi facilement, du plat du pied, face au gardien. C’est impensable. Quel que soit  l’entraîneur, il pète les plombs et renvoie les fautifs au vestiaire. 

 

Un léger mal de crâne…

 

Alors évidemment, on va parler de l’absence de Thiago Silva. Mais Dante n’est pas précisément un débutant. Et je pense surtout que l’erreur du Brésil est d’avoir surjoué la blessure de Neymar. Ce qui n’étonne pas vraiment de la part d’une équipe qui est dans la « surémotion » depuis le début du tournoi. C’était passé contre le Chili et la Colombie. Mais là, les hymnes chantés à tue-tête, le maillot de Neymar brandi… C’était trop ! Too much. Ajoutez le fait que beaucoup de joueurs n’étaient tout simplement pas au niveau d’une demi-finale de Coupe du Monde et vous avez l’explication de ce désastre. 

En face, l’Allemagne a été impeccable. Elle a d’abord profité du quart d’heure de panique totale de la Seleçao pour planter cinq buts, mais même après le repos, alors que le match était plié, qu’ils auraient pu avoir la tentation de gérer ou peur de se blesser, ils ont continué à jouer tous les coups à fond et ont inscrit deux nouveaux buts, dont un superbe signé Schürrle. 

Décidément, les équipes lusophones vont se souvenir de cette Mannschaft cru 2014, entre le Portugal qui en pris quatre et le Brésil sept… Maintenant, les Argentins et les Néerlandais qui ont regardé la rencontre à la télé vont se coucher avec un léger mal de crâne, parce qu’évidemment, après un tel triomphe, quel que soit l’adversaire que leur offrira la demi-finale de ce soir, les hommes de Löw partiront largement favoris. 

 

Pierrot