Le verre à moitié plein ou à moitié vide ?
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Pour l'honneur et pour l'indice UEFA, on espérait un sans-faute des clubs français hier soir en Europa League après la défaite de l'OL et le nul du PSG en Ligue des Champions. Finalement, il faudra se contenter d'un 50-50 puisque si Saint-Etienne et Monaco ont montré la voie de la victoire, Bordeaux et l'OM ont décidé d'emprunter un autre chemin...

Monaco et Saint-Etienne avaient donc bien lancé la soirée. Comme souvent, les Monégasques se sont contentés d'un but pour s'imposer et prendre la tête de la poule J. Mais que ce fût difficile et ennuyeux. Apathiques et incapables de porter le danger sur le but adverse pendant 70 minutes, les hommes de Jardim ont même souffert face à Qarabag, pourtant loin d'être une terreur. Je ne comprends toujours pas pourquoi Monaco joue si peu. L'année passée, les joueurs se reposaient sur une défense très solide et procédaient en contre. Cette saison, à l'image de Wallace, ce n'est plus l'assurance tous risques derrière et ça n'avance pas plus devant.

Finalement, le salut des Rouge et Blanc est venu de Lacina Traoré. Imprécis et techniquement en dessous dans le premier acte, il a su profiter d'un excellent ballon d'El Shaarawy - très bon hier - pour ouvrir le score. Il faut dire que l'Ivoirien était sous la menace d'un changement. À croire que les Monégasques ont toujours besoin d'une carotte pour se motiver et avancer.

De leur côté, les Stéphanois ont réalisé une excellente opération en s'imposant sur la pelouse du Dnipro. Entreprenants mais maladroits dans le dernier geste en première période, les Verts ont pu compter sur Romain Hamouma, muet depuis le mois d'août, pour débloquer la situation juste avant la mi-temps. Ils ont concrétisé sur leur temps fort et pour une fois, ils n'ont pas laissé l'adversaire revenir au score.

Ils peuvent d'ailleurs remercier Stéphane Ruffier, auteur d'arrêts déterminants en deuxième période. Revenus avec de bien meilleures intentions, les Ukrainiens ont posé de réels problèmes aux hommes de Galtier mais ces derniers ont tenu, malgré une fin de match sous haute tension. Avec cette victoire, ils se relancent et prennent confiance, avant un match retour déterminant dans la course à la qualification.

 

Menace de crise sur la Canebière

Et puis dans la soirée, l'OM et Bordeaux ont fait voler ces bonnes nouvelles françaises en éclat. Dès la première mi-temps, on a senti que les Phocéens allaient passer un mauvais moment sur la pelouse de Braga. Pris de vitesse, en danger sur les combinaisons lentes mais payantes des Portugais sur coups de pied arrêtés, ils ont montré de grosses lacunes et auraient pu être rapidement punis. Mais contre toute attente, les coéquipiers de Diarra - le seul à vraiment surnager - sont rentrés au vestiaire sans prendre de but.

Et c'est bien là tout le paradoxe de cette rencontre. C'est en deuxième période, quand ils paraissaient un peu plus en jambes, que les Marseillais ont sombré. Une première fois sur un très joli lob d'Hassan et une seconde, sur un but plein d'opportunisme d'Eduardo. Mais la fin de match donnera encore plus de regrets aux Olympiens. Enfin décomplexés, ils ont prouvé en trois minutes par l'intermédiaire d'Alessandrini et Batshuayi qu'ils en avaient sous la semelle. En emballant la fin de rencontre, ils ont simplement oublié de défendre et ont été puni par les Portugais qui auront globalement dominé et mérité ce succès. Avec trois points en trois matchs, l'OM n'est pas à la hauteur de ses ambitions dans cette compétition.

Enfin, certains se demandent encore pourquoi le flambant neuf Matmut-Atlantique sonne creux. Les Girondins ont donné une réponse hier soir : parce qu'il ne s'y passe absolument rien. Comme face à Montpellier en championnat, les Bordelais n'ont tout simplement pas joué et ont laissé cette équipe de Sion prendre les trois points, sans jamais vraiment être inquiétée. Incapables de créer le danger, ils ont donné le sentiment que leurs défaillances techniques étaient sans limite.

En fin de rencontre, comme tout le monde, ils ont même été envahis par la frustration et Khazri a logiquement récolté un deuxième carton jaune. En protestant contre la décision, il a prouvé que Bordeaux était quand même capable de se révolter un peu. Sauf que c'est au niveau du football qu'on aimerait voir ce genre de réactions... 

Pierrot