Le sommet se structure
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Avec les victoires de Sainté, Monaco et Lyon, les choses commencent lentement à se décanter dans le haut du classement. Même si tout reste fragile dans cette Ligue 1 cru 2014-2015 toujours aussi surprenante...

Ce dimanche avait commencé par un match d’outsiders entre Saint-Etienne et Montpellier et de fait, on a eu droit à un vrai match d’outsiders, assez équilibré. Un match où les Héraultais ont eu plus que leur chance, mais Barrios ne s’est jamais montré inspiré au moment de conclure. Et puis les Verts ont ouvert le score sur une frappe de Gradel, l’homme-clé de l’équipe stéphanoise lors de cette deuxième partie de saison. 

Maintenant, on aura du mal à me faire croire qu’Erding, en position de hors-jeu soi-disant passif, ne fait pas action de jeu sur ce but. Il est sur la trajectoire de la frappe et gêne clairement Jourdren. Mais bon, sans écraser le match, les hommes de Galtier ont pris trois points et, alors qu’ils avaient réalisé une série de sept matchs sans victoire en début d’année, sont encore dans le coup pour le podium à quatre journées de la fin. Méritoire, même si le style de jeu de cette équipe n’est que rarement réjouissant. Un peu comme celui de Monaco.

Magnifique transition qui me permet d’enchaîner sur la large victoire de l’équipe de la Principauté à Amiens, qui démontre encore une fois que l’ASM est beaucoup plus efficace et à l’aise loin de Louis II. Meilleure équipe de L1 à l’extérieur - et de loin - Monaco s’est trimballé face à une formation lensoise qui, de toute façon, a lâché dans la tête, dans les jambes et même dans les tripes. Ce qui est bien compréhensible vu la situation du RCL.

 

Rideaux, piqûre et lunette opposée

Tout est allé trop vite pour les Sang et Or, à commencer par Carrasco et Martial qui ont inscrit les deux premiers buts dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps, avant que Silva ne parachève le succès monégasque après le repos. Le vice-champion de France possède désormais trois points d’avance sur Sainté et cinq sur l’OM. Avec un jeu qui ne fait pas grimper aux rideaux, surtout à domicile, mais ça n’en reste pas moins méritoire pour Jardim et ses joueurs.

Une équipe parvient à allier spectacle et résultats cette saison et cette équipe, c’est Lyon. L’OL a réglé le problème en vingt minutes chrono à Reims. Tolisso puis Lacazette ont d’abord sonné des Champenois qui ont retrouvé un peu d’espoir grâce à la réduction du score de Peuget . Mais Njie s’est aussitôt chargé d’assommer les Rémois en envoyant une fantastique reprise de l’extérieur du droit dans la lunette opposée. 

Avec une telle avance et une telle domination, les Lyonnais se sont relâchés de façon assez coupable après le repos et ont étrangement terminé sur les nerfs ce match qu’ils ont pourtant remporté 4-2 et qui leur redonne la tête du championnat. Peut-être que le but de la tête signé Charbonnier en fin de match, sur lequel aucun lyonnais ne saute, servira de piqûre de rappel à des Rhodaniens qui peuvent donc toujours rêver au titre.

 

Avec Bielsa je vis une situation inédite

Et puis, pour conclure ce post j’ai envie de revenir sur ce qui a fait parler la France du foot tout le week-end - et m’a valu une volée de bois vert sans précédent de la part des supporters marseillais sur les réseaux sociaux -, à savoir le cas Bielsa. Encore une fois, loin de moi l’idée de dire que tout est de la faute du technicien argentin. Mais j’ai du mal à comprendre qu’après de tels résultats depuis plusieurs semaines, on continue à l’exonérer de tout. Donc, ce serait uniquement la faute des joueurs. Ces mêmes joueurs qui ont été sacrés champions d’automne il y a quatre mois. Ça ne tient pas.

Moi je veux bien qu’on mette en avant le spectacle produit par cette équipe, mais ce serait de la malhonnêteté intellectuelle que de dissocier totalement la manière et le résultat dans une compétition de sport professionnel. Là où je rejoins Bielsa, c’est que l’OM n’est pas outillé pour jouer défensif. Mais croire qu’on peut avoir des résultats en dépeçant sa défense et en misant tout sur l’attaque, c’est suicidaire et ça ne peut pas fonctionner dans le foot moderne.  

Ce que je veux dire, c’est qu’on ne peut pas se palucher sur la méthode Mourinho et, dans le même temps, penser que Bielsa et le romantisme à tout crin c’est formidable. Je pense que c’est une sorte de snobisme, un « épicurisme footballistique » qui voudrait qu’El Loco soit au-dessus de tout - y compris des résultats - pour l’unique raison qu’il a une philosophie de jeu offensive. Ça fait 30 ans que je suis dans le foot et j’avoue qu’avec lui je vis une situation inédite. 

Mais je le répète : si cette chute sans fin n’est pas uniquement imputable à l’entraîneur olympien, les joueurs de l’OM ne sont pas non plus devenus des chèvres en trois mois et je pense qu’on doit avoir le droit de critiquer les choix de Bielsa, comme ceux des autres. Et qu’on ne vienne pas me parler de corporatisme franco-français. Si c’était un coach français qui avait ces résultats depuis trois mois à l’OM, des photos de lui seraient déjà en train de cramer un peu partout dans la cité phocéenne…

 

Pierrot