Le gestionnaire et l'épicier
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Alors que le PSG se présentait sur la pelouse du Roazhon Park avec une équipe B et le match de mardi à Bernabeu en ligne de mire, Rennes n’en a absolument pas profité et s’est logiquement incliné.

Le scénario de ce match était tellement écrit d’avance… Avec 7 points d’avance au coup d’envoi, des blessés, des joueurs majeurs (Cavani, Ibrahimovic) laissés au repos et un match importantissime mardi à Madrid, on savait très bien que le PSG allait faire tourner la balle et faire sa popote tranquillement, avant de faire rentrer ses deux lessiveuses du milieu à l’heure de jeu pour continuer à gérer voire espérer mieux. Eh bien tout s’est passé exactement comme prévu. Et les Rennais n’ont rien vu venir.

Le problème de Montanier, c’est qu’en mettant en place des équipes ultra-défensives, il a réussi à s’imposer à Lyon et à faire nul à Monaco. Il croit sans doute que c’est la panacée. Ou pas loin. Or, tout le monde savait que sur ce match, Paris serait sans doute prenable pendant la première heure de jeu. C’est à ce moment-là qu’il fallait prendre des risques, au lieu d’attendre d’être mené. Sur le banc hier soir, il y avait Boga, Grosicki et Pedro Henrique. Ce n’est pas sérieux. Et en plus, le technicien rennais sort Quintero, soit le seul mec capable de donner un bon ballon.

Je suis certain que, si on avait dit aux Parisiens « vous savez quoi les gars, on vous donne le 0-0 sans jouer le match », ils ne seraient même pas venus. Finalement ils ont bien fait, puisque le Stade Rennais leur a donné le match. Montanier est revenu en France auréolé de son travail à la Real Sociedad, on allait voir un vrai projet, du jeu à l’espagnole… Mais que dalle ! On a vu que dalle. L’équipe ne progresse absolument pas.

Hier soir, il a commencé avec 8 joueurs à vocation défensive face à une équipe qui joue un jeu de possession. Ton adversaire est diminué, ton stade est plein, tes supporters sont magnifiques… Fais quelque chose ! Essaie de les bousculer, joue agressif, prends des risques ! C’est invraisemblable. Cela fait plusieurs semaines que j’appelle Montanier « L’épicier » et ça se justifie week-end après week-end. C’est du football d’épicerie.

Pas une équipe de smicards

Et ce foot-là ne suffit pas quand en face, ton adversaire n’a besoin que d’une action de classe pour marquer. Cette action de classe, elle est venue à un quart d’heure de la fin, avec les dribbles de dégagement et la délicieuse transversale de Verratti, l’accélération et le centre en retrait de Lucas et la demi-volée croisée de Di Maria. Derrière, Motta et Verratti ont confisqué le ballon et le match était fini.

Défensivement, malgré les absences de Luiz et Marquinhos, on a pu s’apercevoir qu’Aurier-Thiago Silva en charnière, ça tient sévèrement la route. De toute façon en ce moment, Blanc pourrait faire jouer Aurier avant-centre que ça marcherait aussi bien. Voilà un garçon dont la progression et l’investissement personnel font plaisir à voir. S’investir et tout donner en match, il n’y a pas besoin de jouer dans un club de milliardaires pour le faire. C’est à la portée de n’importe quel joueur. A fortiori au Stade Rennais, qui n’est pas non plus une équipe de smicards.

Au moins, les voisins nantais ont essayé, eux, face à l’ogre parisien. Malgré la défaite, les Canaris ont construit sur leur très bonne première mi-temps qui les avait vus mener au score face au champion en titre. Après ça, ils ont enchaîné trois victoires et tenaient le nul à Nice avant le déluge. Que vont retenir les Rennais de cette défaite ? Qu’ils n’ont pas joué. Je ne sais pas ce qui va se passer en Bretagne dans les semaines qui viennent mais hier soir, on a eu la preuve par l’absurde que ça ne pourra pas continuer comme ça bien longtemps…

Pierrot