Le Brésil est en mission
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Brésil, Espagne, Neymar, Cavani... Je vous ai mis un peu de tout dans ce post spécial Coupe des Confédérations.

Elle a bien changé, cette Coupe des Confédérations. Je me souviens de celle que j'avais couverte, en 2001 en Corée et au Japon avec les Bleus. Lemerre avait emmené une équipe B pour ne pas dire C - dans laquelle il n'y avait guère que Desailly, Liza, Vieira et Pires comme titulaires présents. Aujourd'hui, le premier enseignement de cette compétition, c'est que les grosses nations ont aligné leur meilleure équipe et ont joué avec un degré d'investissement assez étonnant.

Alors évidemment, pour le Brésil cette compète avait un très fort intérêt. C'est une équipe qui déçoit depuis plusieurs années, qui pointe aujourd'hui au 22e rang du classement FIFA, qui a réalisé des matchs amicaux très poussifs… Mais depuis que Scolari a repris la Seleçao, il semble avoir trouvé une formule qui marche : deux latéraux bien connus qui participent énormément au jeu, une charnière centrale David Luiz - Thiago Silva qui fait très mal - surtout le frisé, grand spécialiste de la douleur - un milieu avec deux sécateurs, Luis Gustavo et Paulinho, et enfin trois attaquants dont la complémentarité n'est pourtant pas évidente au départ.

Trois attaquants et notamment ce bon vieux Fred, qui fait donc partie du club des nombreux joueurs jetés par l'OL et qui, à 30 ans, a planté 5 buts. Et puis il y a Neymar. Beaucoup l'estimaient surcoté, seulement capable d'amuser la galerie du Youtube. A l'arrivée, il marque contre l'Italie, contre l'Espagne, fait des passes de fou et se montre décisif. C'est vrai, il a tendance à tomber dès qu'on l'effleure - il faut dire qu'il n'est pas bien lourd - mais quel joueur ! Il a éclaboussé ce tournoi de sa classe et confirmé que toute la pression qu'il subit au Brésil - et Dieu sait qu'elle est énorme là-bas - ne l'inhibe pas.

Quand on voit la ferveur brésilienne, depuis les hymnes jusqu'au travail défensif des attaquants en passant par l'attitude générale sur le terrain, on a l'impression que cette équipe a enfin compris. Quand la Seleçao alignait Ronaldinho, Kaka, Robinho et Ronaldo, il n'y avait pas plus brillant sur le plan technique, mais il n'y avait pas cette solidarité et ce jeu collectif. Ce Brésil version Scolari est capable d'éclairs individuels comme ses devancières, mais il est avant tout une véritable "équipe".

Cavani, le monstre

En face, la prestation de l'Espagne a confirmé ce que j'annonce depuis des mois en me faisant souvent rire au nez : à savoir le déclin des champions du Monde et d'Europe. Alors bon : il ne faut pas oublier que les hommes de Del Bosque avaient joué 24 heures après le Brésil en demi-finale et avaient en plus disputé une prolongation et des tirs-au-but. Il y avait donc un décalage de fraîcheur assez évident. Mais globalement, cette équipe est râpée.

Beaucoup de joueurs du Barça étaient cramés. Iniesta a réussi à surnager un peu, mais Busquets était bouilli et on n'a pas vu Xavi… Mais bon, depuis 2008 les mecs jouent 60 matchs par saison, à un moment donné tu paies forcément l'addition. Del Bosque aurait peut-être pu leur faire l'économie de disputer ce tournoi et leur offrir une vraie grande coupure un an avant le tournoi planétaire où l'Espagne remettra son titre en jeu.

Mais voilà : quand on a des équipes de jeunes aussi fortes que l'Espagne, engagées dans toutes les compètes - Mondial des - 20 ans, championnat d'Europe Espoir - où on a vu un Thiago Alcantara auteur d'un triplé en finale qui n'aurait pas fait tâche avec les A - et qu'on a tout remporté, c'est difficile de mettre des tauliers au repos et de lancer des jeunes. C'est un problème que tous les sélectionneurs d'équipes qui ont beaucoup gagné ont connu, y compris les Bleus au début des années 2000.

Pour le reste, j'ai trouvé que l'Italie avait montré de belles choses, même si je n'ai pas compris pourquoi Prandelli avait si peu fait jouer Balotelli et El Shaarawy ensemble. Même chose pour l'Uruguay, qui tient en Cavani un véritable monstre, capable comme lors du match pour la 3e place de défendre comme un chien côté droit pendant tout le match et de se retrouver ensuite en pointe pour claquer un doublé. Celui-là, je ne sais pas où il va aller, mais le club qui va le récupérer va faire une sacrée affaire…

Voilà, après une petite cure de remise en forme je vais maintenant attaquer mes vraies vacances. J'interviendrai évidemment sur le blog lorsque l'actualité le demandera, avant la reprise prévue le 11 août au CFC. A très vite, donc.

Pierrot