Le Brésil a eu chaud
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Il s'en est fallu de très peu pour que la Seleçao soit prématurément sortie de sa Coupe du Monde par des Chiliens accrocheurs. Aucun suspense en revanche dans l'autre 8e du jour, tant la Colombie d'un James princier a dominé son sujet devant l'Uruguay.

Il y a eu deux bonnes nouvelles pour les Brésiliens hier. La qualification de la Seleçao pour les quarts de finale, évidemment. Mais aussi l’élimination un peu plus tard dans la soirée de l’Uruguay, ce qui leur évitera d’avoir à vivre un match qui aurait ravivé le souvenir traumatique de la finale de l’édition 1950. Oui, le Brésil s’est qualifié « au bout du suspense » comme on dit, au terme d’un match d’un niveau technique pas toujours ébouriffant, mais incroyable sur le plan émotionnel.

Pour la première fois depuis le début du tournoi, les Auriverde ont attaqué un match sur un rythme élevé et ont été vite récompensés par l’ouverture du score de David Luiz (la technologie sur la ligne de but est formelle, c’est bien lui le buteur) sur coup de pied arrêté. Mais ils n’ont pas réussi à tenir ce rythme au-delà de la première mi-temps et surtout, le pressing terrible des Chiliens, qui avait déjà totalement étouffé l’Espagne, a de nouveau fonctionné à merveille.

Les hommes de Sampaoli ont également réussi à exploiter les terribles errances défensives brésiliennes, notamment celles de Marcelo côté gauche. Et c’est Alexis Sanchez, le meilleur Chilien sur le terrain, qui a égalisé à la suite d’une touche… brésilienne. Impensable à ce niveau. Cela a eu pour effet de plonger le Brésil dans un état d’inquiétude dont il n’a jamais pu se défaire jusqu’à la fin de la prolongation, avec en point d’orgue l’ultime frappe du match de Pinilla qui a fini sur la transversale d’un Julio Cesar battu et qui aurait éliminé le pays hôte.

Avant le repos, Neymar a été merveilleux. Mais il est tellement seul… Offensivement, Oscar est inexistant, Hulk fait tellement d’efforts défensifs pour combler les boulevards laissés par Marcelo qu’il en devient inopérant devant. Même si je trouve un peu sévère de lui avoir refusé son but pour une main que je trouve peu évidente - c’est d’ailleurs la seule remarque qu’on puisse faire concernant l’arbitrage impeccable de monsieur Webb. Quant à Fred, je crois que le plus extraordinaire, c’est que son remplaçant direct, Jô, est encore plus mauvais que lui. 

Coupe du Monde de rêve pour James

Le Brésil est passé. De façon miraculeuse, mais il est passé. Et il se retrouve donc en quart de finale de son Mondial, porté par une ferveur populaire étourdissante, sans même avoir sorti un vrai bon match. Désormais, il n’en reste plus que trois aux protégés de Scolari pour réaliser le rêve de tout un pays. Sauf que le prochain ne s’annonce pas comme une partie de plaisir…

Car la Colombie a dominé son quart de finale de la tête et des épaules face à l’Uruguay. Il a juste fallu un excellent Ospina en fin de match pour annihiler les quelques velléités offensives de la Celeste et compenser la gestion du score un peu trop pépère de ses coéquipiers. Pour le reste et tant que le score n’était pas acquis, les Cafeteros étaient au-dessus physiquement comme techniquement. Et puis, ils ont un facteur X nommé James Rodriguez.

Le Monégasque a ouvert la marque d’un but merveilleux et a réussi le doublé en concluant une superbe action collective. Avec cinq buts et deux passes, James est en train de faire une Coupe du Monde de rêve et on a bien de la chance de l’avoir en Ligue 1. En parlant de Ligue 1, on comprend mieux pourquoi il n’y a pas toujours beaucoup de buts : parce que nos gardiens sont bons ! Regardez Enyeama, Ochoa et Ospina.

En tout cas, ce quart de finale entre le Brésil et la Colombie va opposer deux des meilleurs joueurs du tournoi et rien que pour ça, il s’annonce déjà passionnant.

Pierrot