La preuve par neuf

Posté par Pierre Ménès le 19 Janvier 2019

La journée a commencé vendredi par la difficile victoire de Lille face à une équipe d’Amiens accrocheuse et bien organisée défensivement. Cueillis à froid par le but précoce d’Otero, les Dogues ont d’abord raté l’occasion d’égaliser, Pépé envoyant le penalty obtenu par Leão à côté du but de Gurtner. Mais le forcing des joueurs de Galtier a fini par payer juste avant la mi-temps avec l’égalisation de Leão sur un centre appuyé de Pépé. Dominateurs mais peu dangereux face à des Picards qui n’ont fait que défendre pendant le second acte, le LOSC a trouvé la faille à cinq minutes du terme, Xeka se retrouvant bien seul au point de penalty pour reprendre de la tête un centre de Pied. La marque des équipes en confiance et en réussite. 

Samedi après-midi, les Parisiens ont pris leur revanche - si tant est qu’ils avaient une revanche à prendre après leur élimination par les Bretons en Coupe de la Ligue - en atomisant Guingamp 9-0. C’est la plus large victoire de l’histoire du PSG au Parc. Pour l’anecdote, ce triomphe arrive un an et deux jours après le 8-0 face à Dijon la saison dernière. Alors, les haters vont dire : « Ouais ce n’était que Guingamp », « Regardez la différence de budget »… Et ils auront raison. 

Maintenant, pour marquer neuf buts, même face au dernier du classement, il faut faire un match plein de la première à la 90e minute. Et puis, quels buts ! On a vu neuf buts magnifiques, des buts construits, avec un trio d’attaque en feu. Neymar a été énormissime, Cavani et Mbappé sans être extraordinairement présents dans le jeu, ont signé chacun un triplé, plus une passe décisive pour le Français. Mbappé en est à 17 buts en 14 matchs, soit une moyenne pas vilaine de 1,21 but/match…

Il n’y a pas d’autre enseignement à tirer, si ce n’est que le PSG a joué tout le match avec cette intensité réclamée par Tuchel. On sentait bien qu’ils avaient envie de marquer le 10e en fin de match. Le seul point noir, c’est évidemment l’entorse à la cheville de Verratti. Il va falloir suivre ça, parce qu’une entorse peut durer quinze jours comme trois mois. Cela va sans doute accélérer les choses pour le recrutement d’une sentinelle et aussi, peut-être, pour la réintégration de Rabiot dans l’effectif. Côté guingampais, il va falloir voir comment l’équipe va se remettre de cette humiliation, en plus d’une différence de buts désormais rédhibitoire.

Strasbourg en très net progrès

En soirée, Nice est allé arracher le match nul à Reims au bout du bout du temps additionnel. Apathiques pendant le premier acte, les Azuréens ont subi l’ouverture du score signée Oudin et auraient pu encaisser le second but champenois à plusieurs reprises, y compris en seconde période. Mais ils se sont accrochés et ont poussé en fin de rencontre, obtenant finalement un penalty pour une main de Kamara, confirmé par la VAR et transformé par Walter à la 99e minute ! À Nîmes, tout s’est joué juste avant le repos avec le seul but du match inscrit par Sanogo à la réception d’un centre d’Amian. Les Crocos ont poussé en seconde période mais ont trop manqué de réalisme à la finition pour espérer revenir au score. 

Et puis j’attendais avec beaucoup d’intérêt de voir cette équipe de Monaco avec ses recrues. Ça n’a pas duré longtemps pour Naldo, expulsé après 7 minutes de jeu en grande partie par la VAR. Parce qu’il fallait la VAR pour voir que c’est Ballo-Touré qui donne le ballon à Ajorque - et que l’attaquant strasbourgeois n’est donc pas hors-jeu avant de subir la faute indiscutable du défenseur brésilien. Alors bon, il est possible de s’en sortir à dix contre onze, mais recrues ou pas recrues il faut y mettre l’engagement nécessaire. Et à ce niveau, Monaco souffre d’un manque criant. 

Fabregas a été fantomatique et tous les autres ont plongé avec lui, à commencer par Benaglio qui a quand même trouvé le moyen de prendre une tête depuis ses seize mètres de ce monstre physique qu’est Thomasson. Il ne peut rien en revanche sur la magnifique tête d’Ajorque. On ne peut pas trop faire de reproches à Henry sur sa compo de départ puisqu’il fait jouer les joueurs aptes et expérimentés. Sauf peut-être de s’entêter avec Benaglio, qui n’est clairement pas au niveau. Tout ce qui est cadré rentre, c’est un problème et je pense que le jeune Badiashile mériterait de jouer. 

Monaco a repris un peu espoir avec la réduction du score de Falcao avant le repos, mais le second acte a été un cauchemar. Le but de Sissoko est sublime, mais il est totalement anormal de prendre un but de 50 mètres d’Ajorque, qui mesure 1,96m et n’est pas exactement le joueur le plus rapide du championnat. Un but du très jeune et très prometteur Fofana a clos la marque. C’est la quatrième victoire du Racing depuis le début de l’année, quatre victoires obtenues à l’extérieur, ce qui prouve que cette équipe est en gros progrès. Les hommes de Laurey se  rapprochent du groupe de tête au classement, même s’ils ont des matchs d’avance sur presque tout le monde puisque ils n’ont jamais été touchés par les annulations dues aux gilets jaunes. Cela mérite d’être souligné pour une équipe qui s’est sauvée à la 37e journée la saison dernière.

Pierrot