La marche était trop haute
Posté par Pierre Ménès le 16 Mai 2018

Pour être tout à fait franc, je n’imaginais pas l’OM avoir la moindre chance contre l’Atlético. Pourtant, les Olympiens ont très bien débuté cette finale. Mais ils se sont créé une occasion sur un superbe décalage de Payet pour Germain qu’on n’a pas le droit de rater dans ce genre de match. L’attaquant olympien a malheureusement tiré assez nettement à côté un ballon qui était tout à fait dans ses cordes et qui - et c’est peut-être là le plus grave - était tout à fait dans son « style de but ». Le premier tournant de ce match.

Après cette occasion précoce, l’OM a gardé le contrôle du jeu et du ballon face à une équipe de l’Atlético qui semble presque prendre du plaisir à mal jouer, qui balance les ballons en touche et n’aligne pas deux passes. Une équipe où Griezmann passe presque pour un extraterrestre sur le plan technique. Le deuxième tournant est intervenu quelques minutes plus tard, avec cette relance de Mandanda plein axe et ce contrôle horrible d’Anguissa qui entraîne l’ouverture du score de Griezmann. En direct, j’ai trouvé que la passe de Mandanda était trop forte. En la revoyant, elle n’est pas si puissante que cela, en revanche elle rebondit deux fois.

Maintenant, moi je n’ai jamais joué au foot. Je ne sais pas si, dans cette situation, on a le temps de voir que le joueur libre est Anguissa et peut-être que, techniquement, il n’a pas le niveau pour recevoir un ballon comme ça. Et puis je pense aussi qu’avec ses deux dernières blessures aux ischios, le gardien marseillais n’a pas osé dégager loin de peur de se blesser. Voilà, c’est à mon avis la combinaison de plusieurs choses. Mais si la responsabilité de Mandanda est engagée, que dire de celle d’Anguissa qui avait pourtant fait un super début de match mais qui a totalement foiré ce contrôle. Derrière, ça va très vite et avec Griezmann, ça ne pardonne pas.

Émotion et pragmatisme

Le troisième tournant, c’est évidemment la blessure de Payet. Alors oui, c’était un risque de le faire jouer. Mais quand on est en finale de Coupe d’Europe, on prend le risque de faire jouer un joueur majeur incertain. Et il aurait pu être décisif au bout de quatre minute avec cette passe pour Germain. Mais voilà, sa cuisse n’a pas tenu. Et à la reprise, l’Atletico a enfoncé le clou, avec un deuxième but parfait du leader d’attaque de l’équipe de France, le contrôle, la conduite de balle et le petit piqué. Malheureusement, le seul Français qui a marqué ce soir jouait dans l’équipe étrangère…

Après la jolie tête de Mitroglou sur le poteau, le troisième but madrilène est anecdotique. À l’arrivée, le score est un peu sévère parce qu’encore une fois, je n’ai pas été ébahi par la qualité de jeu de l’équipe de Simeone, qui ne gagne qu’en profitant des erreurs de l’adversaire. Encore une fois, ce n’est pas le foot qui me fait rêver et je peux comprendre que Griezmann ait envie de jouer dans une équipe un peu plus ambitieuse et brillante dans le jeu.

Maintenant, va se poser le débat de savoir si la saison de l’OM est réussie ou pas. Il y a quand même une vilaine probabilité pour que Marseille soit le cocu de service en terminant 4e du championnat samedi. Les supporters olympiens les plus purs et durs (ou de mauvaise foi) diront que l’émotion prime sur tout et que cette saison, l’OM est redevenu l’OM - ce qui n’est pas faux. Les plus pragmatiques diront que le fait de ne pas jouer la Ligue des Champions l’année prochaine est un échec.

Quand on voit les points perdus par la formation phocéenne après les matchs de Coupe d’Europe, au Vélodrome face à Lyon et Montpellier ou encore à Angers, on peut se dire que cette Ligue Europa a coûté cher. Malheureusement, il faut parfois faire des choix entre l’émotion et le pragmatisme. Marseille - et c’est tout à son honneur - a tout fait pour ne pas choisir en jouant cette compète à fond. L’histoire risque de mal se terminer mais même si c’est le cas, cela restera une belle histoire.

Pierrot