La Juve l'a bien mérité
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Douze ans après, la Juventus retrouve donc la finale de la Ligue des Champions après son match nul sur la pelouse du Bernabeu. Ironie du sort, c'est Morata, formé au Real, qui a inscrit le but décisif.

Depuis que la Coupe des clubs champions européens est devenue la Ligue des Champions en 1992, aucune équipe n’est parvenue à faire ce qu’on appelle en NBA un back to back, à savoir conserver un titre acquis l’année précédente. Et ce ne sera pas pour cette saison, puisque le Real est tombé - très logiquement sur l’ensemble des deux matchs - devant une Juve qui a montré un tout autre visage que celui affiché face à Monaco en quart, calculateur, truqueur et défensif. 

Cette fois, les hommes d’Allegri ont montré leur organisation habituelle, mais aussi de la confiance et des prises de risque au moment où il le fallait. Il faut reconnaître que sur le plan tactique, il n’y a pas eu photo entre les deux formations. L’une organisée, cohérente et presque jamais en situation de déséquilibre. L’autre coupée en deux, avec les quatre de devant qui ne défendent pas, un milieu de terrain inepte et incomplet et une défense qui commet trop d’erreurs.

Depuis pas mal de semaines, les résultats du Real étaient inquiétants. Ce match retour n’a fait que confirmer cette tendance. Pourtant, si on fait le bilan individuel des Turinois, on constate qu’on a rarement vu Pirlo autant hors du coup, que Pogba a clairement manqué de rythme malgré sa passe décisive, que Tevez et Vidal n’ont pas non plus sorti un gros match. Mais il règne une telle sérénité collective dans cette équipe que les vagues successives mais désordonnées des Madrilènes se sont systématiquement fracassées sur le mur noir et blanc.

Tout le reste, c’est de la littérature

Le clin d’oeil de ce match, c’est évidemment ce but de Morata qui, après avoir déjà marqué au match aller, a qualifié son équipe avec cette égalisation à l’heure de jeu. Morata qui s’est fait jeter du Real, qui ne fait certainement pas partie des top attaquants du Vieux Continent, mais qui est en pleine bourre au bon moment de la saison, et dans les bons matchs. Tout le contraire de la BBC, qui a montré un bien triste visage sur ce match, 24 heures après le récital de la MSN du Barça.

Evidemment, du côté de Madrid c’est Bale qui va prendre le plus cher dans les jours qui viennent. Alors qu’objectivement, on n’a pas beaucoup plus vu CR7 ni Benzema, même si le Français avait lui, l’excuse de revenir de blessure. Depuis de longues semaines, ce Real montre trop de lacunes sur le plan défensif. Quand on voit ce que la Maison Blanche a dépensé pour Kroos… Sur ces deux matchs, l’Allemand s’est montré particulièrement mièvre.

Morata le tricard qui fait chuter les stars madrilènes recrutées à prix d’or, c’est toute l’ironie de cette soirée. Que le représentant d’un foot en difficulté fasse la nique au club le plus puissant du monde montre que l’argent ne fait pas tout, même au très haut niveau. Quelque part, c’est rassurant. Mais je ne sais pas si on peut en tirer une leçon : l’Europe ne s’arrachera pas Morata cet été et un Agüero, qui n’a pourtant jamais joué un quart de LdC, vaudra toujours plus sur le marché. Mais ce sont les paradoxes du foot : on peut dire ce qu’on veut, la seule chose qui compte c’est d’être là le jour J. Tout le reste, c’est de la littérature…

Pierrot