La journée des coupeurs de tête
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
L’Italie qui sort l’Espagne et l’Islande qui boute l’Angleterre hors de l’Euro : les deux derniers huitièmes de finale ont réservé de drôles de surprises. Contre toute attente, ce sont donc les Nordiques que les Bleus affronteront dimanche pour une place en demi-finale.

Et on va attaquer ce post avec LE match de la journée, ce choc des 8e de finale entre l’Italie et l’Espagne. Malheureusement, une seule des deux équipes s’est montrée digne de ce rendez-vous attendu. Et cette équipe, c’est l’Italie, qui a renouvelé sa prestation inaugurale face à la Belgique en se montrant intransigeante derrière et sans excès dans son agressivité, mis à part le coup de coude de Parolo et la gifle habituelle de Motta. 

La Squadra n’a même pas eu à sortir le match parfait puisqu’en face, l’Espagne était totalement amorphe, incapable même d’être la caricature  qu’elle peut parfois être avec son jeu de possession extrême. Cette fois, les hommes de Del Bosque n’ont pas eu une possession énorme, sauf pendant leur bonne période au milieu de la seconde mi-temps. Eh oui mais quand on fait le bilan, entre les joueurs du Barça, ceux du Real plus Juanfran, on a 6 joueurs de champ sur 10 qui ont fait plus de 60 matchs cette année. 

Et puis je ne suis pas non plus convaincu que la Seleccion ait encore un appétit d’ogre. A force de trop gagner, on n’a plus la même hargne. De ce point de vue, l’écart était abyssal entre les deux équipes, notamment au niveau du pressing, avec des Italiens qui parvenaient assez tranquillement à s’approcher de la surface espagnole. De l’autre côté, la défense transalpine a bien géré. Pour gêner cette arrière-garde ultra-expérimentée, il faut soit un mec surpuissant devant, soit des joueurs rapides capables d’aller vite, de dribbler et de provoquer balle au pied.

A bloc du début à la fin

L’Espagne n’a ni l’un ni les autres et s’en remet au talent et aux hypothétiques inspirations de ses créateurs. Or, Iniesta n’a été que l’ombre de lui-même et Fabregas a été tout simplement inexistant. Et puis il y en a un qui m’énerve au plus haut point, c’est Silva. Celui-là, je le trouve vraiment, vraiment surcoté. Beaucoup disent que c’est un super joueur mais à l’arrivée, il y a quoi ? Rien. Pas une frappe, pas une occase, pas une passe dé, pas un but. Que dalle.

Del Bosque a fait confiance à ce que les Allemands appellent les Fussballgott, il est allé au bout de son histoire avec les stars avec lesquelles il a tout gagné. Visiblement, la sévère leçon de 2014 n’a pas été retenue. Cette équipe a désormais besoin de se régénérer, de trouver de nouveaux joueurs et peut-être une autre façon de jouer. Parce que, face à des équipes aussi bien organisées que l’Italie, ça ne marche plus. Pourtant, cette équipe italienne n’est pas constituée que de génies. Par exemple, des attaquants comme Pellè, il y en a plein. Mais le gars joue à bloc du début à la fin. Et il en est récompensé. 

Le double tenant du titre out, on n’était pourtant pas encore au bout de nos surprises. Car en soirée, sur la pelouse de l’Allianz Riviera, l’Islande a déjoué tous les pronostics en dominant une bien faible équipe anglaise. S’appuyant sur une solidarité sans faille et cherchant à ressortir proprement le ballon - jusqu’au siège final de leur but dans les dernières minutes - les Islandais ont su renverser la vapeur après avoir encaissé un penalty dès la 5e minute de jeu et affronteront donc les Bleus dimanche, au Stade de France.

Contrat rempli, ni plus ni moins

Comme d’habitude, je lis avec attention ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux et constate au passage que la phase finale est assez propice à une arrivée massive de crétins qui ne sont là que pour l’insulte et la polémique. Mais bon, ça passera avec la fin de la compète. Reste que ces derniers temps, on me reproche beaucoup de ne pas être assez enthousiaste vis-à-vis de l’équipe de France. Alors d’abord, si mon rôle devait se résumer à dire « Allez les Bleus » en permanence, ce ne serait ni constructif ni passionnant. 

Et puis bon, on n’a pas vu un match vraiment abouti sur les quatre joués jusqu’ici. Le dernier, face à l’Irlande, nous a donné à voir une EdF à réaction. Ce que j’ai apprécié, c’est que Deschamps a fait un choix offensif qui n’est pas dans ses gênes et que ça a fort bien fonctionné. Maintenant, voilà : la France est en quart de finale de son Euro, ce qui était annoncé depuis le tirage au sort. Avec un groupe sur mesure, une semaine d’écart avant le huitième de finale et quatre jours de récup’ de plus que son adversaire…

Pour l’instant, les Bleus ont donc rempli leur contrat, ni plus ni moins. Et c’est maintenant, sur ce quart de finale dans leurs cordes sur le papier, qu’ils vont jouer leur tournoi. Sur le papier parce qu’il va falloir en venir à bout de cette coriace équipe islandaise, pour rejoindre le dernier carré. Une performance qui, je le dis depuis le début, serait la marque d’un tournoi réussi. Dans le cas contraire et vu la faiblesse des adversaires rencontrés jusqu’ici, se faire sortir en quart serait incontestablement un échec.

Pierrot