La grande pagaille
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Les derniers matchs de poule de cet Euro 2016 ont livré leur verdict. À trop vouloir en garder sous le pied, les favoris - qui participeront tous à la phase finale - se retrouvent dans la même partie de tableau. Une formule à 16 équipes qui laisse également une large place aux "plus petits".

Je me marre un peu depuis quelques jours parce que tout le monde s'extasie devant le comportement des petites équipes ou les belles histoires comme l'Islande et la Hongrie, qualifiées pour les huitièmes de finale. Mais lorsqu'au terme d'un premier tour d'une compétition à 24 nations, on n'en élimine que 8, ce scénario est logique. En finissant troisième de sa poule, une équipe avait quand même deux chances sur trois de se qualifier pour la phase finale. Ça multiplie forcément la probabilité de se retrouver avec des petites équipes. Or, il ne faut pas confondre ambiance dans les tribunes et qualités footballistiques. Sinon, on peut aussi organiser de grandes kermesses, ça fera l'affaire.

En terme de football - même si ça s'est un peu amélioré ces derniers jours -, on n'a quand même pas vu du grand spectacle. Les sommets n'ont pas toujours été là où on les attendait. D'ailleurs, on a vécu le match le plus spectaculaire de ce premier tour cet après-midi grâce à cette équipe de Hongrie, absolument épatante et qui a joué avec beaucoup de fraîcheur contre le Portugal. Même si les deuxième et troisième buts sont intervenus sur des frappes contrées, les Hongrois ont également touché le poteau. Surtout, c'est une équipe qui a saisi sa chance de se qualifier en faisant autre chose que de garer un bus devant le but. En face, Ronaldo s'est réveillé au bon moment en marquant deux buts, dont un assez extraordinaire sur une talonnade. Le Portugal est une drôle d'équipe car elle s'est procurée énormément d'occasions lors des trois premiers matchs mais elle a cruellement manqué de réussite et de réalisme, à l'image du penalty de son capitaine. Elle fait partie de ces nations dont on attend un véritable réveil lors de la phase finale.

Les cartes sont redistribuées 

Une phase finale qui s'annonce bien compliquée pour les Bleus. Ceux qui avaient affirmé que le tirage au sort initial avait été bâti sur mesure pour l'équipe de France ont l'air un peu couillon aujourd'hui. Les Bleus se retrouvent en effet dans une partie de tableau très difficile avec l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne. Ils débuteront par un huitième contre l'Irlande et non pas l'Irlande du Nord. Ce sera donc quand même un peu plus compliqué que prévu, surtout vu ce qu'ont montré les joueurs de Deschamps depuis le début de la compétition.

Concernant les autres grandes nations, il n'y a pas eu que des bonnes choses non plus. L'Italie, qui a fait un match formidable contre la Belgique, a enchaîné ensuite sur deux purges contre la Suède et l'Irlande. Il y a plusieurs équipes qui se sont dit qu'elles allaient en garder sous le pied pour la suite. Les résultats plus ou moins positifs des uns et des autres font que les cartes sont redistribuées de manière complètement inattendue. On se retrouve d'ailleurs avec un huitième de finale Italie-Espagne, la faute en grande partie aux Espagnols, qui après une première mi-temps parfaitement maitrisée contre les Croates, ont commencé à se la raconter et à arrêter de jouer. 

Pour conclure, j'ai envie de dire qu'il est temps que les choses sérieuses commencent parce que moi, à quelques exceptions près, je n'ai quand même pas vu un sommet de football dans ce début d'Euro. 

Pierrot