L'OM coince déjà, Bielsa s'en va
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Eh bien elle commence fort cette nouvelle saison de Ligue 1 ! Avec une défaite à domicile et la démission de Bielsa dès la première journée, l’OM lance la sienne de façon ahurissante.

La nouvelle est tombée une petite demi-heure après le coup de sifflet final : Bielsa a annoncé sa démission en conférence de presse. Voilà un homme qui a un sens du contrepied assez fulgurant. L’an passé il fracassait Labrune mais finissait la saison. Cette fois, il encense son président avant de quitter le navire quatre jours plus tard. Pourquoi ? Un problème de contrat, d’après la version d’El Loco. En tout cas je n’imagine pas qu’il plante l’OM à ce stade de la saison pour aller ailleurs. S’est-il senti trahi ? Par quoi ? J’avoue que les mots me manquent. 

Mais je pense que tout ça est aussi la conséquence d’une gestion interne assez invraisemblable, qui a mené à une situation où l’Argentin avait tous les droits. Celui de partir en vacances quand ça l’arrangeait puis d’en revenir quand il en avait envie, de dire « oui » à l’arrivée d’un joueur puis « non », puis d’en prendre un autre… J’ai quand même souvent eu l’impression ces dernières semaines que l’OM était vraiment pris en otage. Ce qui est sûr c'est que le club se retrouve sans coach dès l’entame du championnat, à une période qui ne va pas franchement faciliter la recherche d’un successeur.  

Avant cela, l’équipe avait joué un match avec les mêmes défauts que l’OM « bielsien » de l’an passé. A savoir que les deux pauvres gars jouant dans l’axe du milieu se retrouvent totalement esseulés, entre une charnière qui ne participe pas au jeu, des latéraux qui prennent les couloirs et des attaquants qui restent devant. Lemina et Romao ont semblé un peu perdus et les Caennais en ont très bien profité, avec une première occase pour Delort, une reprise de Bessat sur laquelle Mandanda est magnifique, et enfin l’ouverture du score de Delort sur une frappe surpuissante qui heurte le dessous de la barre et rentre.

Alors c’est vrai, les Marseillais ont beaucoup tenté. Mais sans jamais dominer collectivement une équipe normande bien organisée sur le plan défensif et pas tant inquiétée que cela. Le problème, c’est que pas mal de recrues ne jouaient pas, il faut aussi le noter. Et on oublie aussi de dire qu’avec Gignac, Ayew et Payet, c’est une kyrielle de buts et de passes décisives qui s’est envolée, et qu’on ne voit pas bien qui peut prendre la relève dans cette équipe. Croire qu’Ocampos pourra suppléer Batshuayi dans l’axe, c’est un leurre total. L’Argentin a des qualités, certes, mais pas celle d’être adroit devant le but.

Brandao, l’attentat annuel

On attendait par ailleurs les débuts de Monaco. L’ASM a raté son début de match, sanctionné par un joli but de Germain. Les Niçois semblaient alors bien dans leur match, mais il s’est passé deux choses : Jardim a aussitôt pris des risques offensifs en faisant rentrer El Shaarawy et Bernardo Silva, et puis Nice a été touché par les sorties sur blessure de Bodmer et de Pouplin, plus l’expulsion - tout à fait justifiée d’ailleurs - de Boscagli juste avant la pause. Ensuite, le talent de Silva et celui de Kurzawa - qui fait un début de saison canon - ont permis aux Monégasques de passer devant. On aura aussi noté les jolis débuts techniques d’El Shaarawy, qui aurait pu marquer un but sublime sur retourné dès sa première apparition en Ligue 1. 

Dans les autres matchs, le promu angevin l’a emporté à Montpellier avec beaucoup de réalisme face à un MHSC totalement hors du coup, Troyes, un peu trop léger offensivement, a raté sa première période et peut s’estimer heureux que Larbi ait raté le pénalty accordé au Gazélec. Enfin Nantes s’est imposé dans la douleur à la 89e minute, sur une action où Audel est en position de hors-jeu avant de centrer, Sorbon déviant le ballon dans son propre but. C’est ce qu’on appelle la réussite.

C’est peut-être Bastia qui a fait la meilleure impression parmi toutes ces équipes destinées à jouer le maintien. Menés sur un but de leur ancien coéquipier Sio, les Corses ont répliqué avec beaucoup de fougue et sans excès en marquant deux buts assez sensationnels signés Ayité et Kebano. Une victoire importante pour le moral mais aussi pour le capital points. En face, comme attendu, Rennes n’a rien montré et on se demande bien ce que cette équipe bretonne va faire cette année en championnat. 

Malheureusement, la soirée a été ternie par l’expulsion de mon ami Brandao, coupable de son attentat annuel. Cette fois, la victime se nomme Mendes, dont le genou a tâté la semelle du Brésilien. Faudra-t-il que ce dangereux récidiviste casse la jambe d’un adversaire pour qu’on soit définitivement débarrassé de cette plaie absolue du football ? C’est dommage parce que le match des Bastiais ne mérite vraiment pas qu’on le résume à ça. 

Pierrot