L'OM carbure, Paris rassure
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Beaucoup de buts (27 en 7 matchs), des cartons rouges, des pénos, des contestations, un PSG qui rassure, un Monaco version Ligue des Champions et un OM en mode rouleau-compresseur : avant même les matchs de dimanche, il s’est déjà passé beaucoup de choses lors de cette 28e journée…

J’ai du mal à croire à une coïncidence : avec 40% de joueurs frais, l’OM a retrouvé tout son allant à Toulouse, vendredi soir. Quand je dis « joueurs frais », ça ne signifie pas qu’il n’ont pas joué le dernier match. Mais Aloé ne joue quasiment jamais, Lemina revenait de blessure, quant à Ocampos et Batshuayi, ils n’ont pas eu un temps de jeu colossal lors de la première partie de saison. Toujours est-il que l’apport de ces quatre joueurs a amené de la fraîcheur mais a aussi fait souffler - enfin - un vent de concurrence au sein de l’effectif de l’OM.

Alors après, c’est sûr qu’en menant 2-0 au bout de six minutes, le match est tout de suite plus facile. L’ouverture du score avait été signée Batshuayi qui, s’il a raté son match face à Caen, a inscrit la bagatelle de quatre buts lors des deux derniers déplacements olympiens. Le jeune belge est un avant-centre plein de promesses au moment où le départ de Gignac en fin de saison semble se confirmer. 

L’OM a retrouvé de la joie de jouer et a donc planté six pions. En se découvrant beaucoup, c’est vrai, ce qui a fait que Toulouse a eu des occasions et que le milieu phocéen a parfois semblé un peu en difficulté. Mais il y avait un tel écart entre les deux équipes et l’OM a fait preuve d’une telle efficacité offensive qu’il n’était pas forcément utile de verrouiller au max derrière côté olympien. 

Côté toulousain, l’inexorable chute se confirme, journée après journée. Le Tef’ n’a pas toujours été très agréable à voir jouer ces dernières années, mais il avait toujours un minimum de caractère et d’organisation défensive. Il n’a même plus ça cette saison. Il n’y a guère que Ben Yedder, dont je ne m’explique toujours pas le stage sur le banc de touche, qui échappe à la morosité. Lui a marqué contre Paris et Marseille. On ne peut pas lui en demander beaucoup plus. 

Je ne sais pas s’il y a une vraie prise de conscience de la gravité de la situation sur les bords de la Garonne. Le silence présidentiel me paraît assez assourdissant. Et voilà un club qui est aujourd’hui un très sérieux candidat à la relégation. 

Sauf grand bonheur londonien...

Samedi après-midi, le PSG aurait pu marquer face à Lens plus de buts que l’OM au Stadium. Même si Paris a fini par aggraver le score en fin de match grâce aux entrées successives d’habituels titulaires (Pastore, un but et une passe, Matuidi, un but et Cavani), longtemps le champion de France a fait preuve d’une agaçante inefficacité. La même qu’à Monaco ou à Lyon. 

Dans ce match, Ibra seul face à Riou, Cavani qui rate un ballon piqué largement dans ses cordes et surtout Lavezzi qui parvient à dribbler Riou mais qui fait un contrôle de trop pour aller se faire piquer la balle à deux mètres du but vide, les ratés ont été nombreux. Le genre d’occasions qu’il faudra absolument convertir mercredi à Stamford Bridge, si toutefois elles se présentent. 

Après ce qui comptait pour Paris, c’était avant tout de prendre les trois points sans nouveau blessé à déplorer. Mission accomplie. Cette équipe a beaucoup tourné, Thiago Silva a été mis au repos… Il faut dire que le PSG joue tellement souvent qu’il est toujours en train de jouer son match en gérant déjà le prochain. Mais pour le coup, le prochain match n’est rien moins que le plus important de la saison. Sauf grand bonheur londonien…

Ce serait pire que tout

Dans les autres matchs de la soirée, Bastia a remporté le « derby » face à Nice dans un match musclé et interrompu à deux reprises pour des jets de projectile sur le terrain. A Rennes, le constat est simple : quand Ntep va, tout va. L’attaquant breton a encore marqué et fait étalage de quelques gestes qui ne trompent pas. Et j’en viens à Reims-Nantes, le match polémique du soir.

Clairement, les Nantais peuvent se sentir frustrés par l’arbitrage de monsieur Castro. Alors bon, le but de Bessat en début de match, passe encore. Les pieds du Canari ne sont pas hors-jeu, ses épaules, oui. Mais alors l’annulation du second, en fin de match, sur une tête de Djilobodji, ne repose sur rien. Quant à l’expulsion d’Alhadur, elle est carrément risible.

Beaucoup de supporters nantais m’ont reproché sur Twitter mes propos sur le Nantes-Guingamp de la semaine dernière. Je vous le dis tout de suite : je ne retire pas une virgule à ce que j’ai dit. Ce match m’avait choqué parce que je ne m’attendais pas à ce qu’il soit disputé dans un aussi mauvais esprit. Ça ne fait pas des joueurs de Der Zakarian une équipe de tueurs. 

Maintenant, que l’arbitrage soit aussi contraire aux Nantais et qu’un carton rouge tombe de nulle lors du match suivant, j’espère que ce n’est qu’une coïncidence. Que monsieur Castro n’a pas été bon sur ce match mais qu’il n’a pas été influencé. Car là, ce serait pire que tout.

Et puis Caen a donc vu sa belle série s’arrêter à D’Ornano face à Bordeaux. Si l’expulsion caennaise n’est pas discutable, le pénalty qui offre la victoire aux Girondins au bout du bout des arrêts de jeu l’est beaucoup plus. Ces histoires de main commencent à être gavantes. Le manque d’uniformité concernant ce point précis du jeu provoque un débat chaque week-end et j’ai l’impression qu’on ne parle que de ça depuis des années en France. Après, si les joueurs arrêtaient de réclamer à tort et à travers, ça aiderait aussi les arbitres.

Pierrot