L'Ogre et le Petit Poucet
Posté par Pierre Ménès le 18 Avril 2018

Pour les amoureux des surprises et des belles histoires, il est évidemment merveilleux qu’une demi-finale de Coupe de France ait opposé deux clubs de National devant 35 000 spectateurs. Maintenant, je ne suis pas certain que ce soit une formidable nouvelle pour le foot français. Car cela veut dire, en comptant la Ligue 1 et la Ligue 2, que 38 clubs professionnels ont pris cette compétition par dessus la jambe. Tant mieux pour Chambly et les Herbiers qui vont terminer cette saison avec plein de merveilleux souvenirs dans la tête. Mais je ne suis pas sûr que, pour la santé globale du foot français, il faille s’en extasier et prendre ça en exemple. On est tellement exigeant avec le PSG qu’on pourrait aussi l’être avec d’autres clubs de Ligue 1 qui se sont fait sortir par des équipes de niveau inférieur.

Cela n’enlève en revanche rien au mérite des deux équipes et au final, on a assisté à un match devant lequel on ne s’est pas ennuyé. Dans une Beaujoire acquise à leur cause et après un début de rencontre équilibré, les Vendéens ont ouvert le score par David, qui a coupé en taclant un centre de Bongongui à la demi-heure de jeu. Les Camblysiens ont bien réagi en se procurant plusieurs occasions nettes avant et après le repos, trouvant même le poteau à l’heure de jeu, mais ils ont cruellement manqué de réalisme et c’est finalement le VHF qui a fini par doubler la mise en fin de match, un but validé par la VAR.

Les Herbiers défieront donc le PSG, qui s’est imposé comme prévu à Caen. Peut-être un peu plus difficilement que prévu - surtout au vu du scénario - face à une équipe normande qui s’est montrée très courageuse. Courageuse mais tout de même outrageusement dominée pendant la première période, avec notamment les coups de boutoir de Mbappé, qui a ouvert la marque suite à une frappe trop croisée de Cavani qui s’est transformée en passe décisive. Et puis en fin de mi-temps, Diomandé - expulsé en fin de match pour un très vilain tacle sur Pastore - a trompé Trapp grâce à une frappe de loin détournée par le mollet de Rabiot.

Bizarrement, ce but n’a absolument pas révolté les Parisiens, qui ont livré une deuxième période longtemps pauvre. Caen s’est très bien défendu, Samba a été très bon dans les buts et Da Silva héroïque en défense centrale. Mais ce qu’on peut reprocher aux Normands, c’est de ne pas avoir profité de la période de trouble des Parisiens pour tenter d’aller chercher le deuxième but. Ils avaient un peu le cul entre deux chaises et finalement, sur un magnifique mouvement entre Di Maria, Cavani et Mbappé, Paris a pris l’avantage avant d’aggraver le score sur un joli but du décidément très intéressant Nkunku, qui aura peut-être plus sa place dans la rotation l’an prochain, à moins qu’il n’aille exporter ses talents ailleurs.

La finale de la Coupe de France opposera donc le Paris-Saint-Germain au Vendée Les Herbiers Football. J’ai l’impression que cela n’arrive qu’en France, ce genre d’affiche. Tant mieux pour les pensionnaires de National, qui vont affronter des stars au Stade de France devant 80 000 personnes, ce qui ne leur arrivera sans doute qu’une fois dans leur vie. Mais encore une fois, je ne sais pas si c’est la meilleure des nouvelles pour le football français…

Pierrot