L’Espagne abdique aussi
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Le premier coup de tonnerre de cette Coupe du Monde ? Mieux : pour moi ce match Espagne-Pays-Bas est carrément l’un des plus gros coups de tonnerre de l’histoire de la Coupe du Monde.

A mon grand étonnement, il n’y avait pas grand monde pour miser sur l’Espagne avant ce tournoi. Ceux qui ne citaient pas le champion en titre parmi les favoris de la compète n’avaient peut-être pas tort, finalement. On a vécu hier soir quelque chose d’unique. Un tenant du trophée qui ouvre la Coupe du Monde suivante sur une dégelée pareille, face à son adversaire en finale qui plus est, c’est tout simplement incroyable.

On a vu une Espagne totalement à la rue sur le plan physique et sans idée sur le plan tactique se faire trimballer par une équipe des Pays-Bas euphorique, à l’image de son exceptionnel duo d’attaquants. Tout avait pourtant bien commencé pour l’Espagne, qui avait ouvert le score sur un pénalty qu’on qualifiera au choix de sévère ou généreux. 

Mais on sentait confusément que les Ibériques n’y étaient pas vraiment sur le plan défensif, avec une charnière Piqué-Ramos pas rassurante, le Barcelonais n’ayant clairement pas les moyens physiques de s’opposer à la vitesse et à la puissance de Robben et van Persie. L’égalisation magnifique du Mancunien juste avant la mi-temps sonnait déjà comme un avertissement. 

Enrhumé d’une force…

La seconde période, cauchemardesque pour les Espagnols, n’a fait que confirmer la tendance. Robben s’est amusé avec un Ramos qui, avec son doublé à Munich en demi-finale et son but capital en finale de Ligue des Champions, était devenu un candidat potentiel au Ballon d’Or en fin de saison. Il a tout ruiné en un match. Sur le cinquième but néerlandais, il se fait enrhumer d’une force par Robben…

On remarquera que l’équipe de Del Bosque a commencé avec cinq joueurs du Barça - alors que le club catalan n’a pas été convaincant cette saison, loin s’en faut - et que les joueurs du Real sortent d’une saison interminable et sont donc logiquement émoussés. Alors l’Espagne franchira certainement le premier tour, mais le prochain match face au Chili vaudra quand même un coup d’oeil attentif.

Un peu plus tôt dans la journée, le Mexique a battu le Cameroun sous une pluie diluvienne et sans trop de soucis. Les Lions Indomptables n’ont pas beaucoup d’idées avec la balle, aucune densité au milieu et encore moins de vigilance derrière. Sans la maladresse des Mexicains et deux buts refusés pour des hors-jeux plus que discutables, la victoire aurait été beaucoup plus large. Honnêtement, le Cameroun me paraît déjà en grande difficulté.

 

Pierrot