Implacable Real
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Cette fois, c’est une certitude : avec cette 3e Ligue des Champions remportée en quatre ans, le Real Madrid est bien le club de la décennie.

C’était une belle finale de Ligue des Champions. Avec cinq buts, ce qui n’est pas si courant, et du beau jeu. Avec deux mi-temps extrêmement distinctes. La première plutôt à l’avantage d’une Juve qui a dominé le Real dans l’intensité et dans l’impact et s’est créée deux belles occasions en début de match, par Higuain puis sur une très belle frappe de Pjanic. Une Juve qui s’est fait cueillir à froid par l’ouverture du score des Espagnols, avec Benzema qui écarte vers Ronaldo, puis ce une-deux entre le buteur portugais et Carvajal ponctué d’une frappe dans le soupirail de Buffon.

Mais les Bianconeri ne se sont pas désorganisés et ont égalisé sur ce qui restera - maigre consolation - comme le plus beau de cette finale, avec ce magnifique centre à une touche de Sandro et la belle remise d’Higuain pour l’enchaînement poitrine-retourné de Mandzukic, sous la barre. À la mi-temps, la Vieille Dame avait toutes les raisons d’y croire. Seulement, elle a subi dès la reprise une inexplicable coupure de courant. Une baisse de régime physique dont le Real a parfaitement su profiter. On sait que depuis de longues semaines, Zidane a pris le risque de beaucoup faire tourner en Liga - ce qui ne l’a pas empêché de la remporter - pour économiser ses cadres. 

Un turnover qui a payé, car ses forces vives ont fait la différence après le repos. À l’image de Marcelo, qui avait livré un premier acte très décevant et qui a été bien plus présent après le repos, ou de Ronaldo qui est monté en puissance au cours de la partie. Le duo Kroos-Casemiro a régné sur l’entrejeu et les buts sont naturellement arrivés. Deux en trois minutes, avec d’abord une frappe lointaine et détournée de Casemiro, puis un centre en bout de course de l’excellent et trop sous-estimé Modric coupé au premier poteau par CR7.

Amour & complicité

Ce doublé porte son total à 10 buts lors des matchs éliminatoires de cette édition 2016-2017. C’est exceptionnel, mais ça en devient banal puisqu’il le fait tous les ans ! C’est ça, en fait ce garçon banalise l’exceptionnel… Et puis le Real a enfoncé le clou avec un quatrième but signé Asensio, bien placé à la réception d’un centre de Marcelo. L’action la plus dangereuse des Madrilènes venue du côté gauche. Car en première période, Daniel Alves a pas mal contrarié Marcelo. Alors le Real a eu l’intelligence de passer à droite. Deux des quatre buts viennent de ce côté. 

Le Real Madrid remporte donc sa 12e Ligue des Champions. La 3e en quatre ans. La 2e d’affilée, une première dans l’ère moderne de la LdC. Ce succès, c’est évidemment celui de Zidane. J’ai beaucoup aimé la façon dont les joueurs l’ont enlacé à l’issue de la rencontre. On ne sentait pas seulement le respect dans ces accolades. Il y avait aussi de la complicité, de l’amour. Comme s’il faisait encore un peu partie des leurs. C’est le leader charismatique de cette équipe, il a magnifiquement réussi son coup avec cet effectif. 

C’est une soirée sans tache pour le recordman de victoires en C1, à une exception près : le comportement de son capitaine Sergio Ramos, qui est un défenseur exceptionnel et n’a pas besoin de mettre autant de coups et surtout de tricher pour provoquer l’expulsion de Cuadrado. Ça le dessert et ça n’apporte rien de plus à sa légende. De toute façon, on le sait, il fait partie de ces joueurs qui font ce qu’ils veulent sur un terrain. Mais voilà, c’est bien le seul bémol de cette soirée de gala pour des Madrilènes qui ont, cerise sur la meringue, eu le bon goût de remettre leur traditionnel maillot blanc pour la remise du trophée. 

Pierrot