Il est bizarre ce Portugal
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Pas vraiment convaincant dans le jeu depuis le début de l’Euro, le Portugal a pourtant gagné le droit de disputer la deuxième finale de son histoire en se débarrassant d’un Pays de Galles en bout de course.

Depuis le début de cet Euro, on a tellement vu d’équipes qui refusaient de jouer qu’on aurait presque tendance à se dire que le Portugal en fait partie, d’autant que c’est la première fois que la sélection de Fernando Santos remporte un match dans le temps réglementaire. Mais dire cela serait aussi injuste qu’erroné. Pour moi, la Selecçao n’est pas une équipe qui ne veut pas jouer. C’est une équipe qui n’arrive pas à jouer. Et contrairement à ce qu’on croît, les Portugais ne font pas tout pour mettre Ronaldo dans les meilleures conditions. 

Par exemple, João Mario joue beaucoup trop bas dans cette équipe et du coup, CR7 se retrouve bien souvent coupé du reste de son équipe. Mais même s’il devait en avoir envie, il a eu l’intelligence de ne pas trop décrocher parce qu’il sait pertinemment que ce dont son équipe a besoin, ce sont ses qualités de finisseur. Autre preuve de clairvoyance : voyant qu’il se faisait dominer physiquement pendant toute la première période par Collins, il s’est déplacé du côté de Chester et a commencé à gagner des duels, le premier juste avant la pause avec cette tête au-dessus. 

Malheureusement pour eux, les Gallois ne l’ont pas remarqué et sur un corner joué en deux temps en début de seconde mi-temps, la star portugaise a sorti sa détente phénoménale pour ouvrir le score de la tête. Trois minutes plus tard, Nani déviait du bout du pied l’une de ses frappes et doublait la mise. Je ne pense qu’on puisse considérer que Renato Sanchez, en position de hors-jeu, fasse action de jeu. Après, les Portugais ont géré la fin de match à leur main face à une équipe galloise qui ne peut pas se permettre d’évoluer sans l’une de ses deux stars. 

Ramsey a trop manqué dans le jeu à la sélection de Chris Coleman, même si Bale a tout donné. Le coéquipier de Ronaldo au Real a remonté les ballons, il s’est battu comme un chien, il a frappé au but. Mais ça n’a pas suffi et toutes proportions gardées, les Gallois ont vécu ce que les Islandais ont connu face aux Bleus : c’était leur sixième match et ils ont clairement piqué du nez sur le plan physique. Ce qui n’est pas le cas des Portugais, qui gèrent assez bien leurs efforts.

Il y aura beaucoup de gens pour dire que la place en finale de cette équipe est très flatteuse vu la qualité de leur jeu et surtout compte tenu du fait qu’elle a fini troisième de son groupe. C’est vrai que le Portugal est clairement le grand bénéficiaire du passage à 24 équipes puisque dans un Euro « à l’ancienne », elle n’aurait même pas passé le premier tour. Maintenant, Ronaldo et ses partenaires vont pouvoir regarder tranquillement la demi-finale de ce soir pour connaître leur adversaire.

Pierrot