Guingamp la galette, Rennes la saucisse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Comme il y a cinq ans, Guingamp a battu Rennes en finale de la Coupe de France. L'En Avant n'a même pas eu à forcer tant le Stade Rennais est passé à côté de son match.

Avant de tresser des louanges aux Guingampais, je vais d'abord m'occuper du cas du Stade Rennais. Car je suis proprement sidéré de la prestation fournie par les hommes de Montanier hier soir. Je pensais qu'après la défaite face aux mêmes Guingampais lors de la finale de 2009 et l'échec en finale de Coupe de la Ligue l'an passé contre Saint-Etienne, les Rennais allaient attaquer cette troisième finale tambour battant et avec une détermination sans faille. D'autant qu'ils avaient les joueurs pour. Eh bien pas du tout.

Bien sûr, Guingamp avait remporté - en toute logique d'ailleurs - les deux confrontations en championnat. Mais quand même : les vingt premières minutes rennaises ont ressemblé à un véritable cauchemar. Et je suis sûr que, si on fait la stat' des duels aériens sur l'ensemble du match, qu'ils soient défensifs ou offensifs, on se rendra compte que Guingamp en a remporté 90% ! Du coup, l'ouverture du score de Martins Pereira à la 37e minute - d'une jolie volée -  était tout sauf surprenante.

Derrière, je me suis dit : "Bon OK, ça va secouer un peu les Rennais…" Rien du tout ! Dès la reprise, Yatabaré a doublé la mise au sein du défense rouge et noir qui dormait, à l'image de Costil qui se prend une tête à deux mètres de sa ligne de but, alors que le centre est frappé à plus de 35 mètres. Et il y a cette scène surréaliste à l'heure de jeu : trois attaquants guingampais se retrouvent face à trois défenseurs rennais - ce n'est même pas une contre-attaque - et que voit-on ? Aucun autre joueur rennais ne se replie !

Heureux pour Gourvennec

Je suis effaré de ce que j'ai vu de la part des partenaires de Danzé. Un tel non-match, c'est incroyable. Alors c'est vrai que la finale a été d'un faible niveau, mais les joueurs de l'En Avant eux, ont fait ce qu'il fallait pour l'emporter. Gourvennec savait qu'avec des joueurs aussi rapides que Langil et Beauvue, il allait mettre en danger une défense rennaise faiblarde sur les côtés. C'est exactement ce qui s'est passé. Et avec un plus de sang-froid et sans une ou deux parades décisives de Costil, l'EAG aurait pu gagner cette finale avec encore plus d'écart.

On verra si ce vent d'euphorie va permettre aux Guingampais de se maintenir, eux qui sont plutôt bien placés pour l'instant. Quant aux Rennais, dans quel état vont-ils débarquer au Parc mercredi pour ce qui doit être le match du titre pour le PSG ? Cette saison, à chaque fois que Rennes a fait un match correct, on m'a mis dans les dents le fameux "projet de jeu". On voit le résultat aujourd'hui, avec un club qui va avoir beaucoup de mal à se relever de cette soirée infernale.

Côté Guingamp, je ne peux m'empêcher d'être heureux pour Gourvennec. Voilà un jeune entraîneur qui monte, qui a des idées, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il a et qui le fait plutôt bien, avec une vraie volonté offensive. Ça prouve qu'on peut jouer le maintien en Ligue 1 mais aussi gagner des trophées en ayant l'envie d'attaquer. Et de se défoncer aussi. Tout ce que n'a pas eu le Stade Rennais hier soir.


Pierrot