Géorgie-France : l'analyse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Ca ne s'arrange pas pour les Bleus après leur piteux match nul en Géorgie vendredi soir. Et le pire, c'est qu'on ne voit pas comment ça pourrait s'améliorer...

C'est terrible, parce que je le guettais et pourtant je ne pouvais imaginer qu'il allait le dire. Mais il a osé. La première chose que Deschamps a déclarée à l'issue de ce triste Géorgie-France, c'est : "J'ai vu beaucoup de bonnes choses". Alors je ne sais pas sur quelle chaîne il était ou s'il a regardé un film sur son iPad, mais il est bien le seul à avoir vu de bonnes choses sur la pelouse de Tbilissi. Perso, je n'ai rien vu, si ce n'est qu'on a fait 0-0 en Géorgie. Il faut arrêter, quoi !

J'ai compté 12 pertes de balle des Géorgiens dans leurs propres 40 mètres, sur des mauvaises passes. Il faut être sérieux. Alors oui, il n'y avait pas de Matuidi, pas de Pogba ni de Cabaye au milieu, mais devant tout le monde était là ou presque. Dans ces conditions, comment peut-on avoir si peu d'occases, si peu de rythme, si peu de prise de risque individuelle ? On a vu plus de dribbles, de râteaux et d'actions balle au pied côté caucasien que côté tricolore. C'est quand même qu'il y a un souci.

Un souci qui dure depuis six mois. Eh oui, ça fait presque six mois que l'équipe de France n'a pas marqué un but. Alors il faut que Deschamps arrête de nous dire qu'il a vu de bonnes choses. Actuellement, les Bleus sont nuls, point barre. L'envie est toujours très discutable, à l'image de Karim Benzema dont je n'ai même plus envie de parler. Il y a aussi ce 4-4-2 qui oblige Valbuena à jouer à droite, ce qui ne lui convient pas et des latéraux dont la participation au jeu est insuffisante au niveau international, même si dans ce domaine, la dernière demi-heure de Sagna a été acceptable.

Dépit et indifférence

C'était la Géorgie en face. La Géorgie… On ne peut pas, quand on est sélectionneur de l'équipe de France, dire au micro après avoir fait 0-0 contre la Géorgie qu'on a vu "beaucoup de bonnes choses". Je ne suis pas d'accord. A la limite, si le gardien adverse sort une douzaine de parades miraculeuses et que tu tapes trois fois les montants. Mais là, manque de bol, l'équipe qui a touché un montant hier soir, c'est la Géorgie !

Alors évidemment, ce nul complique la tâche des Bleus. Pas tellement pour la sécurisation de la 2e place, qui est quasiment acquise, mais surtout parce qu'il faut finir parmi les huit meilleurs deuxièmes. Ca rend le match en Biélorussie et la réception de la Finlande cruciaux. La Biélorussie justement, prochain adversaire des Bleus mardi, sera l'occasion pour Deschamps de récupérer quelques joueurs majeurs dans l'entrejeu, mais ce ne sont pas Pogba ni Matuidi qui vont révolutionner le jeu offensif de l'EDF.

Actuellement, tout repose sur une étincelle de Ribéry. Il suffit donc de se mettre à deux ou à trois sur lui - comme l'ont fait les Géorgiens - pour neutraliser l'intégralité du pouvoir offensif des Bleus. Le Munichois ne peut pas tout faire seul. Mais le problème, c'est qu'il l'est, seul. Tant qu'on n'aura pas une animation offensive digne de ce nom, tant que cette équipe ne reposera que sur un hypothétique exploit individuel, on n'y arrivera pas.

A vrai dire, je ne suis même plus inquiet. Et c'est sans doute ça le pire : je vis désormais les déboires de l'équipe de France sans la moindre passion, comme beaucoup d'entre vous j'imagine. Le dépit a fait place à l'indifférence et il va falloir bien plus qu'une potentielle qualification à l'arrache en barrage pour redorer un blason bien terni et redonner l'envie aux Français de se passionner à nouveau pour leur équipe nationale.

Pierrot