France-Russie : l'analyse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Au lendemain de la victoire face à la Russie, il est temps de débriefer ces deux derniers matchs des Bleus avant l’annonce des 23 pour l’Euro. Et il y a des choses à dire…

Finalement, les deux matchs disputés par les Bleus lors de cet épisode international se sont beaucoup ressemblés. Ne serait-ce que parce que dans les deux cas, l’équipe de France a mené 2-0 à la pause avant de se relâcher en seconde. Alors bon, le relâchement est un notion assez fréquente dans des matchs amicaux où il y a énormément de changements, notamment au repos (trois à Amsterdam). Hier soir, c’est surtout une faute de marquage de Digne, qui venait tout juste d’entrer en remplacement de Jérémy Mathieu touché au genou, qui a provoqué la réduction du score des Russes.

Même s’il y’a des explications - et comme ça on en aura terminé avec les points négatifs -, l’équipe de France a tout de même encaissé quatre buts en deux matchs, dont trois sur coup de pied arrêté. C’est évidemment trop, et c’est la preuve d’un manque de concentration un peu récurrent et d’un déficit d’agressivité  symbolisé par un Raphaël Varane qui est censé, de par son poste et son style, être le boss de la défense bleue, notamment dans le domaine aérien. Or, le premier but des Pays-Bas et le premier but russe se ressemblent trop pour que ce soit une coïncidence. Ce sera donc un secteur à travailler d’arrache-pied avant l’Euro, d’autant que cette faiblesse sur les coups de pied arrêtés défensifs est un défaut français depuis plusieurs années. 

Après, le gros point positif, venu de façon assez inattendue d’ailleurs, c’est le rendement offensif de cette équipe. Giroud et Gignac ont marqué, Payet a fait un retour fracassant, Griezmann a mis un but et deux passes et pris une autre dimension, Coman a lui aussi planté tout en faisant étalage de toutes ses qualités de vitesse et de provocation… Chez les offensifs, il n’y a guère que Martial à s’être montré un peu en retrait sur cette double confrontation.

Payet et Kanté, les grands gagnants

Du coup, alors qu’on ne fait que parler de l’attaque des Bleus depuis des mois - surtout à cause de l’histoire de la sextape -, on s’aperçoit que même sans Benzema et Valbuena, l’EdF a un grand pouvoir. Et encore, d’autres brillent dans leur club sans avoir (encore ?) été appelés, type Ben Arfa et Gameiro. Alors, je ne participerai pas au débat de savoir si l’équipe de France doit se passer de Benzema. Parce qu’encore une fois, ce serait se baser sur une considération purement sportive. 

Or, au risque de me répéter, mon point de vue sur la question n’englobe aucune considération sportive. Parce que sur ce point, il n’y a même pas discussion : l’attaquant du Real a sa place dans cette équipe, et même comme titulaire. S’il n’est pas là, c’est pour d’autres raisons. Et si ces raisons-là ne jouent pas en sa faveur lorsqu’il brille avec le Real, je ne vois pas pourquoi elles joueraient en sa défaveur lorsque l’équipe de France brille sans lui.

Le plus intéressant sur ces deux matchs, c’est le milieu de terrain, avec cet invité surprise qu’est N’Golo Kanté. Ceux qui suivent la Premier League ne sont probablement pas étonnés, mais il s’est quand même acclimaté à la vitesse de l’éclair dans cette équipe. Il n’a pas peur du ballon, il fait avancer le jeu, il joue sur un tempo élevé et, comme je le disais dans les notes hier soir, il représente à la fois une alternative à Matuidi et à Pogba. Au final, Payet et Kanté sont les deux grands gagnants de ce rassemblement. C’est un peu moins le cas pour Coman, qui avait déjà sa place au chaud dans la liste des 23. 

Au-delà de toutes ces considérations individuelles, des rendements de chaque secteur de jeu et d’une approche analytique, il ne faut pas perdre de vue une donnée importante : les Bleus ont marqué sept buts en deux matchs, on a vu du spectacle et un Stade de France gai et bruyant hier soir - ce qui était assez chouette pour ce premier match depuis les attentas du 13 novembre. Le bilan est donc plutôt souriant pour les Bleus, à un peu plus de deux mois du début de notre Euro. 

Pierrot