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France-Islande : notes et analyse
Posté par Pierre Ménès le 11 Octobre 2018

Lloris (6) : Il est masqué par Nzonzi sur le premier but islandais et ne peut évidemment rien sur le second, qui fait barre-poteau rentrant. En revanche, il a réussi une triple parade exceptionnelle et un arrêt au ras du sol très compliqué. Compte tenu de son niveau de jeu ces dernières semaines, c’est plutôt rassurant. 

Pavard (5) : Au niveau du jeu vers l’avant, ça ne vaut pas la moyenne. Son entente avec Thauvin a été assez affreuse. Mais je n’oublie pas qu’il réussit un tacle décisif dans sa surface à 2-2, qui permet peut-être aux Bleus de préserver le nul.  

Varane (5) : Je ne sais pas s’il s’est fait mal ou s’il était prévu qu’il sorte à la mi-temps. Dans tous les cas, le Madrilène a livré 45 minutes assez moyennes, avec peu d’engagement à l’image de tous les joueurs de cette équipe. Remplacé par Zouma (5), auteur d’une rentrée aussi sobre que peu convaincante. 

Kimpembé (4) : Même s’il se fait mal sur l’action, il perd le ballon qui mène à l’ouverture du score islandaise. Et il n’est pas absolument pas au marquage sur le second. Du coup, tout ce qu’il a fait de bien par ailleurs devient anecdotique.

Digne (5) : À son crédit, un joli centre pour la tête de Griezmann en première période et… pas grand chose d’autre. 

Nzonzi (6) : Pendant la mauvaise période française, il a été l’un des seuls à surnager. Efficace à la récupération et même au niveau du jeu vers l’avant, avec une belle frappe également : un match très intéressant. 

Pogba (4) : Je l’ai trouvé préoccupé, pas heureux, pas dans le match, pas inspiré, pas bon dans le replacement défensif. Je suis sûr qu’il sera bien meilleur contre l’Allemagne mardi.

Griezmann (4) : Deux jolies têtes, l’une juste à côté, l’autre repoussée par le portier islandais. En revanche, il n’a pas du tout fait jouer ses partenaires et n’a eu aucune influence sur le jeu français. Il a pourtant l’habitude de combiner avec Giroud, mais cette fois il ne l’a jamais trouvé. 

Thauvin (4) : C’était la première sélection pour l’ailier marseillais et il a pu voir le fossé qui sépare le niveau national du niveau international. Très timide, une mauvaise entente avec Pavard et des frappes non cadrées (même si l’une d’elles passe tout près) : un match décevant pour lui qui attendait ça depuis si longtemps.

Dembélé (4) : Au niveau du dribble, ça vaut 6 ou 7, mais au niveau de la finition, ça vaut 2. Au niveau des centres mais surtout des frappes, notamment celle en seconde période où il tape comme un sourd et envoie la balle en tribune. Il faut absolument qu’il règle ses problèmes de finition.

Giroud (3) : On va encore dire que je m’acharne et qu’il a eu très peu de ballons. Mais il n’y a rien de plus compliqué que de trouver un joueur introuvable. Pourtant, quand j’ai vu qu’il était titulaire, je me suis dit que ce match allait lui permettre d’augmenter ses stats en bleu. Il n’a pas été servi mais il n’a pas été utile à l’équipe non plus. 

 

Chez les remplaçants, on a peu vu Lemar et Payet a essayé de faire jouer l’équipe, par moment de façon assez correcte. Et puis je m’attendais à voir Ndombélé titulaire, et quand je vois son entrée, je regrette qu’il ne l’ait pas été parce qu’il est rentré dans ce match sans complexe, avec beaucoup d’envie. C’est lui qui donne le ballon à Mbappé sur la réduction du score. Une entrée très convaincante, on devrait le revoir très vite. Et enfin Mbappé… C’est marrant parce que pendant le match, je me disais : « On voit que Mbappé n’est pas là… » Et puis bon, je me suis dit que j’exagérais. Sauf que, quand il est rentré on a tout de suite vu la différence et la crainte qu’il inspirait aux Islandais. C’est lui qui provoque le CSC à la sortie d’un dribble magique et d’un centre en force, il transforme le penalty avec un calme désarmant… Dans un match aussi pourri, il a réussi le prodige d’ajouter encore un peu plus à sa légende en marche.

 

(Mini) Analyse

Ma femme, qui regardait le match avec moi m’a dit à un moment donné : « Si c’est pour faire un match amical comme ça, autant ne pas le faire ». Elle a tellement raison. C’était exactement ça : si ça ne vous intéresse pas, ne le jouez pas ce match ! Il n’y avait aucune envie chez les Bleus, à l’inverse d’Islandais bien organisés, tranchants et mordants dans tout ce qu’ils faisaient. Les Champions du Monde ont longtemps été totalement amorphes, gênés par les transitions rapides des Nordiques. 

Moi qui réclame si souvent à Deschamps une composition plus offensive, cette fois je l’ai eue avec ce 4-2-3-1. Elle n’a pas donné satisfaction. Mais la faute incombe en premier lieu au quatuor offensif, qui a failli. Et c’est le coaching qui a fait la différence, avec notamment les entrées très probantes de Ndombélé et Mbappé. Le Lyonnais est entré avec une envie épatante pour un joueur de 21 ans. Quant à Kylian… A dix minutes de la fin, je me disais qu’il allait se faire taper par 2-0 chez lui par l’Islande le jour il fait la couverture de Time. Et puis non, c’est lui qui a changé le match sur deux actions. Il est totalement indispensable à l’équipe de France et est sans aucune contestation possible le meilleur joueur français actuel. 

Pierrot