France - Espagne : l’analyse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Manque d’expérience, milieux et latéraux dépassés, erreurs de coaching : les Bleus ont affiché leurs limites face à une équipe d’Espagne impressionnante, et bien aidée par l'arbitrage vidéo.

Tu le sais : quand tu joues contre l’Espagne, il y a de fortes chances pour que tu passes une mauvaise soirée. Les Espagnols ont été très bons, hier soir au Stade de France. Est-ce le fait d’avoir eu un jour de récupération en plus ? Toujours est-il que Lopetegui avait sorti la grosse équipe et que le milieu de la Roja a détruit celui des Bleus. Même s’ils ont longtemps manqué de tranchant dans le dernier geste, ils ont largement dominé cette rencontre et amplement mérité leur succès. 

Pour moi, sur ce match Deschamps a tout faux. Face à un tel adversaire, tu ne peux pas commencer avec un milieu totalisant 16 sélections à trois, dont 14 pour le seul Kanté. C’était voué à l’échec. Et puis bon, à moins d’avoir passé un accord avec Monaco afin de le protéger avant les échéances à venir, je ne comprends toujours pas pourquoi DD a sorti Mbappé, de très loin le meilleur attaquant français sur le terrain. 

On a également eu un problème avec les deux latéraux, beaucoup trop juste défensivement l’un et l’autre. Alors je comprends le point de vue de Deschamps : le match qu’il fallait gagner, c’était celui de samedi contre le Luxembourg. On est bien d’accord. Mais pour ce France-Espagne, on avait peut-être besoin d’un peu plus d’expérience sur le terrain que ce à quoi on a eu droit.

Et puis, les Bleus ont joué trop bas. Vous allez me répondre que face à l’Espagne, on est souvent obligé de jouer comme ça. C’est pas faux. Mais quitte à ce que le bloc évolue assez bas, pourquoi ne pas avoir titularisé Dembélé pour avoir, avec Mbappé, de la vitesse et de la technique en contre ? C’est un match qui montre que les Bleus sont encore loin du compte par rapport au gratin mondial. L’Espagne a raté ses deux dernières grandes compètes, mais son projet de jeu est toujours là.

L’autre événement de ce match, c’est l’arbitrage vidéo qui, c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas été favorable à l’équipe de France puisque le but de Griezmann a été refusé et celui de Deulofeu a lui, été accordé. Mais dans les deux cas, l’arbitrage vidéo a corrigé une erreur. On s’aperçoit que ça n’a absolument pas haché le jeu et que les décisions ont été prises en moins de 50 secondes à chaque fois. Cela tord le cou à tous les anti-vidéo et ce n’est pas parce que c’est en défaveur des Bleus cette fois que c’est une mauvaise idée. Bien au contraire. Sans ça, on aurait eu droit à deux polémiques après ce match…

Pierrot