France-Andorre : notes des Bleus et (courte) analyse

Posté par Pierre Ménès le 10 Septembre 2019

LLORIS (non noté) : Un seul arrêt sur un coup-franc non cadré et le reste du temps, il a regardé jouer ses coéquipiers. 

DUBOIS (5) : Ce n’est pas que sa participation au jeu ait été mauvaise, on l’a beaucoup vu avec la balle et il a beaucoup centré. Le problème, c’est que pas un n’est arrivé à destination. Face à un adversaire de ce niveau, c’est un souci. Je ne suis pas sûr que le Lyonnais ait marqué beaucoup de points sur ce match. 

VARANE (5) : Pas un match susceptible de faire briller un arrière central. Une belle frappe lointaine tout de même, et l’envie de donner de la vitesse au jeu. A part ça…

LENGLET (6) : Il a été ce qu’on connaît de lui, sobre et efficace. Y compris devant le but puisqu’il a inscrit son premier but en bleu, de la tête. Solide.

DIGNE (6) : Il a commencé très timidement, mais a ensuite livré une bonne seconde période, avec une participation active au jeu et des centres dangereux, dont celui sur lequel Coman trouve la barre. Une bonne frappe en fin de match également. Rassurant par rapport à son entrée plus que délicate face à l’Albanie.

SISSOKO (6) : Un peu comme Digne, il a commencé trop prudemment. Je ne sais pas si c’était les consignes… En tout cas, il s’est grandement enhardi après le repos et on a revu le Sissoko qu’on aime, avec ses percées balle au pied. Les années passent, mais il est toujours là. Et toujours utile.

TOLISSO (6) : Des opportunités de marquer en seconde période. Lui aussi est vraiment au service de l’équipe. Il fait jouer tout le monde, oriente le jeu et cela fait plaisir de le revoir à ce niveau après sa blessure. 

IKONÉ (6) : Au-delà de sa passe décisive pour Coman, il a super bien débuté en récupérant beaucoup de ballons et en travaillant comme un vrai attaquant de côté dans un 4-2-3-1. Il a percuté et s’est montré vraiment intéressant avant de faiblir au fil des minutes. Mais bon, un but et une passe décisive pour ses deux premières sélections, c’est déjà très bien.

GRIEZMANN (4) : Un joueur de cette réputation et de ce talent ne peut pas se contenter d’un coup-franc déposé sur la tête de Lenglet comme seul fait d’armes d’un match face à Andorre. Je le trouve creux physiquement, avec peu de pouvoir d’accélération et un manque de puissance flagrant dans ses dribbles. Je ne sais pas si cela se passe aussi bien qu’il le dit dans son nouveau club. Et on ne peut pas non plus occulter qu’il a raté deux pénos en deux matchs. Et pas face à des gardiens de haut niveau…

COMAN (7) : Lui aussi a eu un peu de mal à terminer mais avant cela, il avait joliment ouvert le score, touché la transversale en seconde période et mis le feu chaque fois qu’il touchait la balle. Je trouve qu’il joue intelligemment et fait les bons choix. Il sait quand tenter le un-contre-un et quand il faut plutôt lâcher la balle, ce qui est très appréciable chez un attaquant dribbleur comme lui. Il a marqué énormément de points sur ces deux matchs. Reste à espérer qu’il conserve la santé cette saison…

GIROUD (4) : Il a un peu traversé ce match comme un fantôme, sans se créer de véritable occasion de but, sans « peser » - le terme qu’on emploie quand on veut dire du bien de lui - sur ce match très compliqué pour lui. En vingt minutes, Ben Yedder a fait mieux avec une belle frappe et un but. Non, ce n’était vraiment pas du grand Giroud hier soir.

Chez les entrants, Fekir a provoqué le but de Ben Yedder grâce à son coup-franc vicieux repoussé par le gardien et Lemar a fait une entrée assez tonique, avec pas mal de jus et d’activité. 

 

(Micro-)analyse 

Comment analyser un tel match ? Comment tirer quoi que ce soit d’une rencontre où l’une des deux équipes ne sort jamais, n’essaie absolument rien et n’a qu’un seul et unique objectif : ne pas prendre une raclée ? Cela pose de nouveau le problème de ces matchs qualificatifs totalement déséquilibrés et qui n’ont d’intérêt pour personne. Alors je sais, je sais, vous allez me dire que ces petites nations ont aussi le droit de jouer. Je ne dis pas le contraire. Mais pourquoi ne jouent-elles pas entre elles pour gagner le droit ensuite d’affronter des grosses équipes ? Au lieu de ne penser qu’à sa réforme de la Ligue des Champions, l’UEFA ferait bien de se pencher sur ce problème des « qualifiers ». 

A nouveau disposée en 4-2-3-1 comme face à l’Albanie samedi soir, les Bleus ont marqué assez rapidement mais ont péché dans le dernier geste, que ce soit Dubois et à un degré moindre Digne. Mais le plus décevant de tous reste Griezmann, qui est censé être l’organisateur de jeu de cette équipe et qui a failli. L’équipe de France a quand même eu des occasions, le gardien andorran a fait un bon match. Mais voilà… Que retenir de ces deux matchs de l’équipe de France face à l’Albanie et Andorre ? Quels enseignements tirer pour l’avenir, à part les grosses qualités de Coman - qu’on connaissait déjà - et la bonne entrée en matière d’Ikoné. Il faudra attendre le mois prochain et les matchs en Islande et face à la Turquie, avec une vrai adversité et de l’enjeu, pour savoir ce que cette équipe de France a dans le ventre. 

Pierrot