France - Allemagne : l'analyse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Dominée dans le jeu par l’Allemagne, l’équipe de France a répondu par une grande solidarité derrière, une certaine réussite et sa capacité à mener des contres rapides. Avec l’aide de son facteur X : Antoine Griezmann.

Ce n’est pas la première et certainement pas non plus la dernière fois que je souligne ici les paradoxes du foot. Remontons donc quelques mois en arrière, lors des amicaux de mars contre les Pays-Bas et la Russie. Les Bleus font deux fois le même match, avec une fébrilité défensive plus qu’inquiétante mais en marquant beaucoup de buts et en montrant des capacités offensives insoupçonnées. Le tout sans Benzema, Lacazette, Gameiro ou encore Ben Arfa. C’est dire le potentiel offensif de cette équipe.

Ce potentiel offensif, qui a permis aux Bleus de se sortir de rencontres peu ou mal maîtrisées en début d’Euro, on attendait de le voir à l’oeuvre lors du test ultime face à l’Allemagne. Mais là, on a retrouvé une EdF plus conforme à ce que Deschamps propose depuis qu’il est entraîneur : une équipe compacte, bien organisée sur le plan défensif et plutôt habile en contre. Ce qui permet aussi de confirmer que c’est souvent la qualité de l’opposition qui décide et qu’il est parfois compliqué d’être à son meilleur niveau face à un adversaire qu’on domine ou qu’on est censé dominer. 

Hier soir, c’est plutôt l’équipe de France qui a été dominée de la tête et des épaules. Arc-boutée sur une organisation défensive pourtant expérimentale - deuxième sélection pour Umtiti, Koscielny décalé à droite - les Bleus ont tenu, s’en remettant parfois au talent d’un Lloris exceptionnel. Et puis il faut aussi dire que les Allemands n’ont pas été efficaces devant, à l’image d’un Müller dont le niveau de jeu pendant cet Euro a oscillé entre le médiocre et le catastrophique. 

Sans vouloir faire le vieux con…

Et puis, je n’ai pas bien compris pourquoi Draxler n’avait pas plus provoqué Sagna sur le côté gauche, ni pourquoi Schürrle n’était pas rentré sur le côté droit. Bref, j’ai l’impression que, dans une certaine mesure, la domination allemande était telle que Löw a dû se dire que ça allait bien finir par passer. Eh bien ce n’est pas passé. Parce qu’ils se sont montrés trop imprécis et parce que les Bleus ont plutôt bien défendu, en plaçant des contres incisifs menés par un Griezmann en feu. 

On savait le joueur de l’Atletico adroit devant le but et rapide balle au pied. Mais c’était quand même assez étonnant de le voir gagner autant de duels aériens devant les Allemands, grâce à son excellent timing. Il a aussi cette capacité à être toujours bien placé, dans les intervalles entre les lignes, pour organiser le jeu. Il est évident que Griezmann est le facteur X de cette équipe, comme d’autres grands joueurs ont pu l’être auparavant. Alors oui, c’est vrai, les Bleus ne sont pas malheureux de se qualifier quand on voit la physionomie du match. Le penalty de Schweinsteiger, la blessure de Boateng, le poteau de Kimmich… Tout est allé dans le bon sens pour la bande à Deschamps.

Mais bon, sans vouloir faire le vieux con, j’ai vu tellement de matchs où tout était en faveur des Allemands que pour une fois, c’est assez doux de vivre la situation inverse. Maintenant voilà, à l’heure où j’écris ce post, la finale, c’est déjà après-demain. Face au Portugal, la France va de nouveau revêtir le costume du favori qu’elle a porté cinq matchs sur six. Pour l’instant, sur ce qu’elle montre, elle semble au-dessus du Portugal. Mais les Lusitaniens vont beaucoup moins se livrer que les Allemands dans un match qui sera très certainement verrouillé. Maintenant, je pense que les chances françaises sont quand même assez sérieuses. 

Et puis, il faut se souvenir du début de cet Euro : la crainte des attentats, d’incidents dans les fan-zones, les affrontements entre supporters russes et anglais à Marseille, le temps pourri… Quatre semaines plus tard, l’équipe de France a l’occasion d’offrir un rayon de soleil à son pays, qui se retrouve enfin uni derrière une même cause pour cette finale. Ira-t-elle au bout de son rêve ? On va vite le savoir…

Pierrot