France-Albanie : notes des Bleus et analyse

Posté par Pierre Ménès le 7 Septembre 2019

LLORIS (non noté) : Il a encaissé un but sur un penalty qu’il a provoqué. Enfin, quand on voit le ralenti on s’aperçoit qu’il n’a rien provoqué du tout puisqu’il ne touche absolument pas l’attaquant albanais. A part ça, il n’a rien eu à faire face à une équipe absolument inoffensive.

PAVARD (6) : Je l’ai trouvé plus dense physiquement et plus intransigeant défensivement qu’il ne l’était. Offensivement ce n’est toujours pas exceptionnel mais il a bien tenu son poste et a plutôt mieux combiné avec Coman qu’avec d’autres joueurs qu’il a pu avoir devant lui par le passé. 

VARANE (7) : Très à l’aise pendant toute la partie, passeur décisif sur l’ouverture du score de Coman d’une jolie passe en profondeur du pied gauche et auteur d’une excellente intervention de la tête sur un ballon chaud en première période. Du bon Varane. 

LENGLET (6) : Il a été beaucoup plus prudent que son compère madrilène de la charnière, mais il a fait son boulot avec sobriété, sans prendre de risques inutiles.

HERNANDEZ (8) : Lui nous a vraiment manqué. C’est un latéral de très haut niveau. Passeur décisif sur le but de Giroud, c’est lui qui provoque le penalty manqué par Griezmann et il est encore dans le coup sur le second but de Coman. Son engagement physique, sa vitesse d’exécution, tout est bon chez ce joueur qui est un atout très important pour les Bleus, même face à des adversaires plus huppés. 

TOLISSO (6) : Un retour en douceur, avec beaucoup de sobriété dans ses choix de passes. Il a surtout cherché à ne pas perdre le ballon et a basé son jeu sur la possession. Intéressant.

MATUIDI (7) : Une très grosse première période, pendant laquelle il a récupéré beaucoup de ballons. On a l’habitude de le voir plus à gauche en Bleu, mais à ce poste de milieu défensif axe gauche il a montré qu’il était toujours là. Le mec est immortel. Avec les Bleus, avec la Juve. On a toujours l’impression qu’on va passer à la génération suivante, mais il est toujours là. 

COMAN (8) : La belle surprise du match. Il est véloce, on le sait. C’est un bon dribbleur, on le sait, il donne de la vitesse au jeu, on le sait aussi. Mais il a surtout marqué deux buts. Et deux buts d’attaquant adroit devant les cages. Sa carrière internationale a été très contrariée par les blessures mais s’il conserve la santé, il pourra prétendre à mieux dans les mois à venir.

GRIEZMANN (6) : Première période très décevante, où je l’ai trouvé un peu mollasson et physiquement en-deçà de ses coéquipiers, que j’ai à l’inverse trouvé plutôt affûtés. Alors après, qu’il rate un penalty, ce sont des choses qui arrivent. Cela s’est amélioré après la pause, avec une jolie passe décisive. Mais c’est sûr qu’on a déjà vu Griezmann bien meilleur avec les Bleus. Il est encore en période d’adaptation à Barcelone, ce qui lui encombre peut-être un peu l’esprit.

LEMAR (6) : Bien meilleur après le repos qu’avant lui aussi. En première période, je l’ai trouvé timide, se contentant d’un jeu de transition sans beaucoup de relief. Et puis au fil des minutes il s’est enhardi, a pris confiance et a apporté sa pierre à l’édifice. 

GIROUD (6) : Très honnêtement, en première mi-temps, à part son but il n’y a pas grand chose à ressortir. Il tenait son rôle de point de fixation mais sans vraiment peser sur le jeu. Lui aussi a passé la vitesse supérieure en seconde période, en se montrant plus utile, avec des prises de balles plus claires.

Chez les entrants, Digne a remplacé Hernandez touché aux côtes. Est-ce une coïncidence ou une conséquence du relâchement général de l’équipe en fin de match, toujours est-il qu’on a clairement vu la différence. Fekir a offert une passe décisive d’une subtile déviation à Ikoné, qui en quelques minutes sur le terrain a eu deux occases et a transformé la seconde avec beaucoup de sang-froid pour des débuts idylliques en équipe de France.

 

Analyse 

Franchement, j’avais en tête une autre image que celle vue hier soir de l’équipe d’Albanie. Je me souviens que les Bleus avaient souffert le martyre pour les battre au premier tour de l’Euro 2016 et je n’ai pas reconnu cette équipe. En terme d’agressivité, de densité physique, la sélection coachée par Reja n’a absolument pas gêné les Bleus dans la construction du jeu. Les Albanais étaient toujours en retard dans leurs interventions ce qui les a forcés à commettre pas mal de fautes. 

Un adversaire très décevant, donc. Mais c’est peut-être aussi à cause de l’équipe de France, qui pour une fois a joué en 4-2-3-1, avec quatre joueurs à vocation offensive. Alors l’Albanie était faible, certes, mais j’ai trouvé les Bleus beaucoup plus séduisants avec quatre attaquants qu’avec trois. Lemar apporte plus à la construction du jeu que Matuidi dans cette position. Le même Matuidi qui a très bien rempli son rôle à la récup’ avec Tolisso. 

Dans cette équipe de France, on a surtout noté l’influence et le grand retour de Lucas Hernandez, auteur d’un grand match. Avec lui à gauche et Coman à droite, elle avait deux accélérateurs de jeu, un de chaque côté même si l’un était plus haut que l’autre. Cela a donné à l’équipe de France un relief qu’on n’avait pas observé depuis longtemps et j’aimerais que Deschamps conserve une organisation et une animation de ce genre face à une adversité un peu plus forte. Par exemple lors du match décisif de ce groupe dans un mois face à la Turquie. D’ici là, on peut imaginer que Pogba et Kanté seront réincorporés dans l’équipe. Se posera à ce moment-là la question du sacrifice de Matuidi pour un profil plus offensif. Ceci étant, ce n’est pas après sa prestation d’hier soir que cela va donner envie à Deschamps de sortir le Turinois de l’équipe. 

Pierrot