Finlande - France : l'analyse du match
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Défense et milieu plutôt satisfaisants, attaque en berne. En schématisant, voilà le bilan qu'on peut tirer de ce Finlande-France.

En se basant sur la "jurisprudence 2008", on pourrait se borner à constater qu'on a gagné et que c'est déjà pas mal. Oui, on a gagné ce match inaugural des éliminatoires de la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Pour un match joué en Finlande, début septembre, c'est pas mal. Après, si on va un peu plus loin on se dit que gagner petitement 1-0 chez la 96e nation mondiale au classement FIFA n'est pas non plus un exploit hors norme.

Et puis, il y a quand même un truc qui me gêne : les occasions concédées par les Bleus. Si Pukki ne joue pas avec les yeux bandés - il oublie trois fois un coéquipier idéalement placé - la première mi-temps aurait été beaucoup plus compliquée pour les Bleus. Et pourtant, s'il y a bien un motif de satisfaction dans ce match, c'est le bloc défensif. La charnière Sakho - Yanga Mbiwa n'est peut-être pas la reine de la relance mais elle a bien tenu la baraque.

Et ce qui est intéressant, c'est que les meilleurs hier soir étaient ceux qu'on n'a pas vus à l'Euro. Sakho n'était pas sélectionné, Yanga Mbiwa a fait partie des trois recalés de dernière minute, Mavuba était injustement resté en France et Diaby était blessé. Et ce sont ces quatre-là qui ont tenu l'équipe à Helsinki. Au milieu, l'association Mavuba-Diaby a fait la différence, que ce soit à la récupération, à la création et même à la finition avec le but du Gunner.

Pour Mavuba, ce n'est pas une surprise. On connaît l'abattage du capitaine lillois. Ca l'est encore moins pour Diaby. Lorsque j'avais vu Laurent Blanc une semaine avant l'Euro, il ne parlait que d'un joueur : Abou Diaby. Il était dépité que le Gunner soit forfait. Je me souviens de son expression, il disait que le joueur d'Arsenal avait "du velours dans les pieds".

Devant ? Le désert de Gobi

Ce qui est clair après ce match, c'est que s'il parvient à ne pas rechuter et à s'installer durablement dans cette équipe de France, il va vite en devenir le patron, et de façon totalement naturelle. C'est incontestablement LE motif de satisfaction de ce match. Et heureusement qu'il était là au milieu, parce que devant en revanche, c'était le désert de Gobi. Clairement, rien ne va entre les trois joueurs censés mener nos attaques.

Malgré sa jolie passe décisive, on sent que Benzema n'a pas encore trouvé sa place sur le terrain dans cette équipe. Il décroche, dézone en permanence, participe au jeu mais, du coup, n'est pas assez devant le but pour finir les actions. Alors sur ce match et compte tenu des absences de Nasri et Gourcuff, il était peut-être plus utile à cette équipe à la création. Mais si ça continue, peut-être faudra-t-il songer à lui adjoindre un vrai 9.

On va voir si Deschamps va prendre le risque de titulariser Gomis et Benzema ensemble mardi contre la Biélorussie. Mais vu le match de Ribéry et celui de Ménez - aussi improductifs l'un que l'autre - ce ne serait sans doute pas un mal. Car cette équipe manque cruellement de profondeur (le but arrive d'ailleurs de la seule action en profondeur du match). On aura beau dire, on aura beau faire, à un moment donné pour marquer il faut être devant le but.

Et contre des Biélorusses qui vont joyeusement venir à 10 derrière au Stade de France mardi, on aura surtout besoin de présence dans la zone de vérité. Faute de quoi, on risque encore d'avoir un mal fou à marquer. Ce qui me fait dire après cette victoire étriquée en Finalnde que tout ça est plutôt pas mal. Mais que ce n'est pas encore l'Amérique, loin de là…

Pierrot