Fiasco intégral
Posté par Pierre Ménès le 8 Novembre 2018

Après l’embellie des deux dernières saisons (Lyon en demie, Marseille en finale), le foot français sera donc, sauf très improbable miracle en provenance de Rennes et/ou de Bordeaux, absent des 16e de finale de la Ligue Europa 2018-2019. En empilant les défaites et les matchs nuls, nos représentants auront donc réalisé l’exploit d’être tous les trois éliminés dès la 4e journée de la phase de poules ! Chapeau, les gars. 

La soirée a (mal) commencé à Kiev, où le Stade rennais n’a pas fait le poids face au Dynamo. Menés au score dès la 13e minute de jeu sur un corner trop facilement coupé au premier poteau, les Bretons qui alignaient une équipe mixte avec Ben Arfa capitaine, n’ont jamais été en mesure de réagir avant le repos, subissant les vagues ukrainiennes successives sur le but de Koubek. Le léger mieux du début de seconde période a été vite éteint par le second but ukrainien, encore sur coup de pied arrêté et sur lequel le marquage est inexistant, puis totalement anéanti par le troisième quasiment dans la foulée. Le but inutile de Siebatcheu n’y changera rien : Rennes doit maintenant réaliser l’impossible pour se qualifier. 

À la même heure, l’OM évoluait sur la pelouse de la Lazio et le moins qu’on puisse dire, c’est que les Marseillais n’ont pas été plus brillants que les Rennais. Il faut pourtant reconnaître que les hommes de Garcia - qui avait choisi d’aligner un inédit et très frileux 5-4-1 pour ce match de la dernière chance - ont dominé le premier acte en se créant les meilleures occasions, dont cet hallucinant duel perdu par Sakaï devant le gardien alors que le Japonais était à 4 mètres du but. Ce n’était pas flamboyant mais cela avait le mérite d’être cohérent face à une équipe italienne qui avait l’air de se désintéresser du match.

Se poser les bonnes questions

Seulement, pour instiller le doute dans les têtes romaines, il aurait fallu que les Phocéens évitent d’encaisser un but dans les arrêts de jeu de la première mi-temps. Or, sur un centre en cloche d’Immobile, Caleta-Car - à la rue depuis le début de saison - s’est fait manger de la tête par Parolo qui a trompé Pelé avec l’aide du poteau. Après cela, la tâche était évidemment plus compliquée. Elle est devenue insurmontable dix minutes après la reprise avec le second but des Laziale signé Correa, lancé seul face à Pelé. Le but de Thauvin n’y changera rien, le finaliste de la dernière édition est sorti dès la phase de groupes.

Et puis la soirée s’est (mal) achevée à Bordeaux, qui n’a pas fait mentir l’adage du « jamais deux sans trois ». Des Girondins qui ont pourtant livré une prestation d’ensemble correcte et qui ont dominé le match face à une équipe du Zénith apathique et qui a marqué sur sa seule occasion du match. Offensifs et volontaires, les joueurs du duo Bédouet-Ricardo ont fait vaciller le leader du championnat russe mais malgré une flopée d’occasions, il a fallu un penalty généreux pour que Bordeaux ouvre le score en première période. Bordeaux qui a poussé après l’égalisation du Zenit mais sans parvenir à faire la décision. Comme pour Rennes, il faudrait des circonstances exceptionnelles pour que les Girondins sortent de ce groupe. 

Après seulement quatre journées dans cette campagne de Ligue Europa, c’est déjà l’heure de faire bilan. Il va sans dire que la déception est au rendez-vous. Avant, les équipes françaises pouvaient se retrancher derrière le fait qu’elles ne jouaient pas cette compétition à fond, même si cet argument était difficile à entendre. Ce n’est plus le cas désormais et il va falloir se poser les bonnes questions si l’on veut revoir un jour le capitaine d’une équipe française soulever un trophée européen. 

Pierrot