Deux matchs et un hommage
Posté par Pierre Ménès le 30 Janvier 2019

Pour commencer ce post, je voudrais d'abord faire, non pas un mea culpa, mais une remise en question. Tout le monde sait que je ne suis pas un grand fan de la Coupe de la Ligue. Mais quand je vois la joie des Guingampais et l’ambiance invraisemblable à la Meinau lors des demi-finales, je me dis que les supporters eux, ont choisi : ils aiment cette compétition.

À Roudourou, l’En Avant a éliminé une équipe de Monaco à qui rien ne réussit ces derniers temps, quoi qu’elle fasse. Rapidement réduits à dix après l’expulsion de Vainqueur, les Monégasques ont pourtant ouvert le score sur un très joli but de Rony Lopes et doublé la mise dans la foulée sur un non moins joli but de Golovine. Mais dès la reprise, sur une énorme erreur de défense conjointement commise par Badiashile, Glik et Subasic et ses mains en chamallow, Mendy a d’abord réduit le score avant que Thuram n’égalise d’une belle frappe dix minutes plus tard. 

La qualif s’est donc jouée aux tirs au but, Gourvennec tentant un coup de poker en faisant entrer Caillard à la place de Johnsson pour la séance. Un coup de poker payant qui envoie l’EAG en finale, dans deux mois au stade Pierre-Mauroy. Il faudra voir dans quelle situation se trouveront les Bretons en championnat à cette échéance. Je ne suis pas persuadé que les Guingampais n’échangeraient pas cette place en finale contre dix points de plus en Ligue 1…

L’autre demi-finale a été d’excellente qualité, en grande partie grâce à Strasbourg. La première période a été assez équilibrée, le Racing a bien débuté le match mais un peu contre le cours du jeu, Bordeaux a ouvert le score par Sankharé suite à une faute de main de Kamara. Même s’ils ont ensuite repris le contrôle du match, les Alsaciens manquaient de vitesse dans leur jeu et se perdaient souvent dans un jeu long assez stérile. 

L’essentiel était ailleurs

Au repos, sans changer de joueur, Laurey a modifié pas mal de choses et le jeu en triangle des Strasbourgeois a de nouveau fonctionné à merveille. Il y a d’abord eu l’égalisation d’Ajorque, puis le second but signé Mothiba sur une belle action Ajorque-Lala et enfin le troisième but toujours signé Mothiba après une remise de la tête d’Ajorque sur un coup-franc tiré par Lala. Ajorque qui n'évolue réellement en Ligue 1 que depuis un mois et qui, malgré son mètre quatre-vingt-dix-sept, fait preuve d’une vélocité et d’une justesse technique étonnantes. 

Et puis, il y avait, j’allais dire « un match », mais ce n’est pas un match qui a eu lieu à la Beaujoire. C'est un hommage, un moment d’émotion assez bouleversant en mémoire d’Emiliano Sala. Sur le terrain, on a vu un but de Cabella et une égalisation de Waris mais on a surtout vu deux équipes unies dans la douleur. Malheureusement, il y en a un qui n’a rien compris, c’est monsieur Schneider. Il accumule les bourdes match après match et cette fois, il a expulsé M’Vila et Fabio pour une broutille. Quand on compare ça au tacle de Niang sur Kehrer dimanche, c’est à n’y rien comprendre… 

Je ne suis d’ailleurs pas persuadé que la commission ne va pas retirer ces cartons rouges grotesques. Mais l’essentiel était ailleurs, dans ce tour d’honneur des Canaris à la fin de la rencontre. Dans cet avant-match poignant, dans les larmes de Bammou, dans le visage décomposé de Vahid, dans ce tifo-portrait d’Emi et dans les chants de tout un stade uni pour faire ses adieux à celui qui aura porté les couleurs nantaises pendant plus de trois ans. 

Pierrot