De la bouillie et du caviar
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Le Real a remporté la première manche face au Bayern, au terme d'un match de haut niveau. En Ligue 1, Paris a fait un pas de plus vers le titre en battant Evian.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les deux demi-finales de cette édition 2013-2014 de la Ligue des Champions, toutes deux disputées à Madrid, se sont avérées bien différentes. La première a été un sommet de négation de football. Alors je suis désolé qu'une fois de plus, ça tombe sur Mourinho, je veux bien qu'on me dise - et je peux le comprendre - qu'à ce stade de la compétition le résultat est plus important que la manière. OK, d'accord.

Mais quand tu es dans la position du téléspectateur neutre et que tu vois une équipe jouer à dix derrière pendant 90 minutes, je trouve ça navrant. Et comme de l'autre côté l'Atlético a semblé piocher un peu et que Simeone n'a fait entrer Villa pour épauler un Costa bien esseulé qu'à 5 minutes de la fin, il ne nous reste plus qu'à oublier très vite ce match et à espérer que ça ne se termine pas mercredi prochain par des tirs-au-but, après un second 0-0.

Le Real-Bayern d'hier soir - véritable finale avant la lettre -, a été d'un tout autre niveau, entre le jeu de possession de balle assez incroyable des Bavarois et la verticalité des Castillans. La grande qualité du Real est d'avoir réussi à survivre au premier quart d'heure infernal que leur ont infligé les hommes de Guardiola. On pouvait se demander comment les Madrilènes allaient s'en sortir, mais un contre-éclair conclu par Benzema leur a permis d'ouvrir le score.

Lavezzi ulcérant

Cette fois, le doute n'est plus permis : on tient enfin avec le joueur formé à Lyon l'avant-centre de classe mondiale qu'on attend qu'il devienne depuis des années. Ensuite, le Bayern a repris sa domination, mais ce n'est pas possible de tirer si peu au but quand on a le ballon pendant 70% du temps. Et surtout de ne jamais tenter de frappe hors de la surface.

La méthode Guardiola, on la connaît. Elle a du bon, mais quand tu diriges une équipe allemande il faut aussi garder ses spécificités. Prendre sa chance à mi-distance en fait partie depuis toujours. Mais ce Bayern semble aujourd'hui se priver volontairement de cette option de jeu et c'est dommage. Reste que cette courte défaite préserve le suspense pour le match retour, qui sera sans doute plus difficile pour le Real. Ce qui est sûr, c'est qu'on aura encore droit à un grand match.

Et puis un mot sur la Ligue 1, puisque dans la loge de Canal au Bernabeu, on a pu voir le match du PSG. Paris qui s'est un peu plus rapproché du titre, mais dans une grande douleur. La rencontre aurait pu basculer avec ce magnifique coup-franc tendu de Wass sur la barre et comme à chaque match depuis la blessure d'Ibra, devant c'est imprécis et brouillon. On peut me dire ce qu'on veut mais Lavezzi est ulcérant et Cavani est à peine mieux .

Et c'est finalement du toujours très décrié Lucas qu'est venue la délivrance, avec ce joli ballon donné dans la profondeur à Matuidi qui a marqué d'une frappe croisée sans angle, le tout à une minute de la fin du temps réglementaire. Qu'il soit titulaire ou remplaçant, Blaise est toujours pied au plancher. Une victoire qui offre aux Parisiens la possibilité d'être champion dès dimanche à Sochaux.
 

Pierrot