Danemark - France : notes et analyse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Malgré huit changements dans l’équipe de départ par rapport à jeudi, les Bleus ont livré une copie assez convaincante hier soir à Copenhague. Avec notamment un très bon Schneiderlin et un Martial qui pourrait bien donner quelques maux de tête à Deschamps.

MANDANDA (6) : Une vilaine relance au pied qui l’a obligé à effectuer son premier arrêt du match dans la période où les Danois dormaient profondément. Puis une bonne sortie sur un face-à-face. Il ne peut rien sur le but extraordinaire de Sviatchenko dans les arrêts de jeu. 

JALLET (5) : Moyen, voire décevant dans un match où les Bleus étaient quand même très à leur aise. Je n’ai pas trouvé sa participation au jeu aussi brillante qu’à l’ordinaire. Rien à ajouter.

VARANE (6) : Pendant 45 minutes, Varane nous a fait du Varane : sans forcer. Avec sa facilité technique et le peu d’efforts qu’il fournit dans un match de ce genre, il est parti pour durer longtemps. Pas loin de marquer un joli but de la tête avant d’être « reposé » à la mi-temps. Un cadre.

MANGALA (5) : Pas grand chose à dire à son sujet, vu que Bendtner a été au niveau où il évolue depuis des années, c’est-à-dire très bas. Remplacé par Zouma (5), qui s’est signalé par une mauvaise relance avant d’effectuer le peu de boulot défensif qu’il a eu à faire. 

DIGNE (6) : Difficile de reconnaître le joueur en perte totale de confiance au PSG. Une passe quasi-décisive et une participation au jeu de bonne facture, même si on n’a pas eu droit à beaucoup de centres de qualité. Son entente avec Martial et Matuidi a été très intéressante. 

SCHNEIDERLIN (6,5) : Je l’ai souvent trouvé mièvre et effacé en équipe de France. Hier soir, il a pris beaucoup plus de responsabilités, s’est montré tonique et a fait étalage d’un jeu long très intéressant, notamment dans les renversements de jeu sur les ailes. En gros progrès.

SISSOKO (5) : Un match moyen. Compte tenu de l’apathie de l’adversaire, il aurait pu prendre plus de risques. 

MATUIDI (5,5) : Je ne comprends pas qu’il ait autant joué sur ces deux derniers matchs, alors qu’il est sur tous les fronts en permanence. Plutôt discret en première période, quelques bons mouvements avec Martial en seconde. Il n’a pas la justesse technique qu’il avait en début de saison et je l’ai trouvé parfois un peu trop dans la précipitation. 

GRIEZMANN (6,5) : Même s’il s’est un peu éteint au fil du match, son profil reste très intéressant. Il joue simple, cherche toujours à combiner et participe activement aux séquences de conservation de balle où son jeu à une touche fonctionne bien. Alors il n’a pas été décisif hier soir, mais ces deux matchs lui ont incontestablement permis d’asseoir son nouveau statut. Sa place semble désormais réservée dans le onze de départ.

MARTIAL (7) : Le meilleur Français sur le terrain, avec notamment d’excellentes prises de balle. Après, qu’il aille vite, ça on le sait. Et ça se voit d’autant plus quand son adversaire direct a 36 ans. Mais il est aussi intéressant dans ses choix, à l’image du très bon ballon qu’il glisse à Giroud sur le premier but. Dommage qu’il n’ait pas été plus précis dans la finition, mais pour sa première titularisation en équipe de France, c’était plus que prometteur. 

GIROUD (6,5) : Un paradoxe. Il s’est remis en confiance avec ce doublé. Mais il est bien évident qu’il doit ses deux buts autant à lui-même qu’à la faiblesse de Schmeichel. Je sais que ça peut paraître un peu sévère, mais malheureusement on ne peut pas dire que cette réussite exceptionnelle dans les premières minutes l’ait transcendé pour la suite du match, avec beaucoup d’imprécision dans les passes et ce face-à-face raté qui lui aurait permis de signer le premier triplé en Bleu depuis Trezeguet il y a quinze ans. Encore une fois ce n’est pas une critique car on voit que Giroud tire le maximum de ses capacités. Cela a suffi hier soir avec un gardien qui l’a bien aidé, mais ce n’est quand même pas l’Amérique. 

Remplaçants

Lacazette, Valbuena et Cabaye sont entrés en jeu trop tard pour en dire quoi que ce soit de très instructif.

 

Analyse

On ne va certainement pas le leur reprocher, mais il est bien évident qu’en menant 2-0 au bout de 6 minutes, les Bleus ont un peu faussé ce match d’entrée de jeu. Ce que je trouve étonnant, c’est qu’il y avait quand même pas mal de joueurs intéressants dans cette équipe du Danemark, entre Kjaer, Agger, Eriksen et Braithwaite, pour ne citer qu’eux. J’imaginais que les Bleus auraient à faire face à une opposition plus consistante que ça, d’autant plus que Deschamps avait grandement fait tourner avec huit changements par rapport au match de jeudi face à l’Arménie. 

Cette entame de jeu catastrophique avec les deux bourdes de Schmeichel sur les buts de Giroud a mis d’emblée les Danois dans une position compliquée. Mais je pense aussi que le quadrillage du terrain des Bleus, avec une organisation du pressing dirigée par Schneiderlin, les a empêchés de se rebecter. Après le repos, les joueurs d’Olsen se sont montrés un peu plus saignants, sans qu’on atteigne des sommets d’agressivité non plus. 

Le grand mérite de cette EdF, c’est que certains présumés remplaçants ont montré des choses, que ce soit Digne, Schneiderlin et surtout Martial, qui pourrait bousculer la hiérarchie pour l’Euro s’il continue sur sa lancée. Vu ce que fait Griezmann, on partirait plutôt en ce moment sur une attaque Griezmann-Martial-Benzema. Pas dégueu sur le papier, mais cela veut dire qu’il faudrait sacrifier un milieu ou Valbuena. Compliqué mais, comme l’a dit Deschamps à la fin du match, quand on est sélectionneur c’est mieux d’avoir des problèmes de riches que des problèmes de pauvres. 

Voilà, c’est la quatrième victoire consécutive pour l’équipe de France et après tout, si les Danois se sont montrés aussi insuffisants, c’est aussi en raison de la prestation des Bleus en première période. Maintenant, les deux matchs qui nous attendent en novembre - l’Allemagne au Stade de France puis l’Angleterre à Wembley - seront d’une autre intensité. Cette fois, la qualité de l’opposition permettra vraiment de se jauger. 

On a l’impression que depuis la grosse boulette face à l’Albanie - qui soit dit en passant s’est directement qualifiée pour l’Euro -, l’EdF domine assez facilement les équipes qui lui sont inférieures. On a vu en revanche contre le Brésil et la Belgique que c’était plus compliqué face aux grosses écuries. Ce sera tout l’intérêt de ces deux matchs de novembre. Pour une fois qu’on va avoir droit à deux matchs amicaux prestigieux, à six mois d’une grande compétition internationale qui plus est, on ne va pas s’en priver.

Pierrot