Celui qui rit et celui qui pleure
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Après le nouveau revers concédé par l'OM hier soir à Naples, certains constateront les progrès offensifs de l'OM. D'autres ne verront que la défaite. La vérité est entre les deux.

Il y a plusieurs lectures de cette 4e défaite consécutive de l'OM en Ligue des Champions. Côté positif : c'était le meilleur match marseillais dans cette compétition, avec deux buts inscrits. Sans deux buts encaissés qui peuvent leur laisser un goût amer, les Olympiens auraient même pu espérer mieux que cette courte défaite. Sur le plan offensif, ils ont largement fait jeu égal avec le Napoli. Enfin individuellement, Andre Ayew confirme sa forme étincelante et match après match, Thauvin rattrape son retard de préparation et commence à peser sur les matchs.

Voilà, ça c'est pour celui qui a envie de rire. Celui qui aura envie de pleurer pourra dire que l'OM a encore perdu, que l'OM a encore pris trois buts et surtout que l'OM a joué contre un demi-Napoli. Car la composition de départ alignée par Benitez était super gonflée. Le technicien espagnol avait en effet décidé de laisser la moitié de son équipe-type sur le banc en prévision du choc du Calcio face à la Juve ce week-end, alors même que la qualif' pour les 8e est loin d'être acquise dans ce groupe. D'ailleurs, on aura pu remarquer la différence de niveau quand Hamsik est entré.

Les Napolitains ont marqué, j'ai presque envie de dire, quand ils en avaient envie. Le premier but d'Inler est magnifique. Après il y a les deuxième et troisième but. Sur le premier, il y a probablement faute sur Valbuena. Oui, mais voilà : la faute n'est pas sifflée alors ça ne sert à rien de se rouler par terre et de déconcentrer ses coéquipiers. Parce que derrière, Naples récupère la balle et marque.

Ce n'est pas la première fois que cela arrive à Valbuena. Cela avait déjà été le cas lors de la tournée sud-américaine des Bleus en juin dernier. Le haut niveau, ce n'est pas la Ligue 1 où on siffle n'importe quel ersatz de contact. Ce genre de choses pénalise une équipe, même si encore une fois je ne conteste pas la faute sur le meneur marseillais. Mais à partir du moment où l'arbitre n'a rien dit, ça ne sert à rien de se tordre de douleur, surtout si c'est pour se redresser comme un cabri une fois le but inscrit.

Tout n'est pas noir

Quant au troisième but, c'est un cas d'école. Depuis bientôt huit ans que ce blog existe, j'ai souvent pesté contre ce hors-jeu passif qui est pour moi une perversion du jeu. D'ailleurs, la première fois que j'en avais parlé, c'était précisément lors cette Coupe du Monde 2006 avec le but de Ribéry contre l'Espagne et le jeu hors-jeu passif d'Henry. C'est impossible de défendre si un joueur a le droit de traîner derrière alors que la défense fait l'effort de s'aligner.

C'était le cas d'Hamsik sur l'action et c'est Higuain qui en a profité pour marquer dans le but vide. Un but parfaitement valable selon la règle, mais je trouve encore une fois que ça dénature le jeu défensif d'une équipe. Certains me diront que grâce à cette règle, il y a plus de buts. Je répondrai que ça fait surtout plus de buts à la con. Maintenant, si Naples m'a  donné l'impression d'être plus faible que les deux autres équipes du groupe, l'équipe de Benitez a quand même géré ce match à sa main.

Il reste désormais deux rencontres à l'OM - qui est d'ores et déjà éliminé -, contre Dortmund qui vient de se faire taper à domicile, et à Arsenal. Sachant qu'au vu du classement aucun des deux ne pourra se permettre de laisser filer quoi que ce soit, la fin de la campagne européenne de l'OM risque d'être bien pénible. Tout n'est pas noir pour autant : sur le plan offensif, les hommes de Baup ont montré de meilleures choses hier soir. Un espoir dans la grisaille.

Pierrot