Ça ne s'arrange pas...
Posté par Pierre Ménès le 4 Octobre 2018

Entre le dépit et la colère, je ne sais pas lequel de ces sentiments prédomine chez moi après cette pathétique soirée d’Europa League. Un mélange des deux, sans doute… Il est assez savoureux de faire la fine bouche sur le 6-1 du PSG face à l’Étoile Rouge, sur le thème « fort avec les faibles, faible avec les forts », quand on voit les monstres du foot européen que nos clubs français ont rencontré en Europa League hier. Vu la différence de budget entre l’OM, Rennes et Bordeaux et leurs adversaires du soir, t’as juste envie de leur dire : « Occupez-vous de vos performances et laissez les autres tranquilles ». 

Clairement, aucun de nos trois représentants n’a été à la hauteur. La journée a commencé avec un match horrible du Stade Rennais sur la pelouse du FC Astana. Déjà en grande difficulté en championnat, les protégés de Lamouchi ont encore livré un performance d’une indigence offensive criante. Et comme derrière, la défense bretonne se lézarde à la moindre occasion, ça donne une vilaine défaite qui ne va certainement pas aider à retrouver de la confiance. Certes, la longueur du voyage et le terrain synthétique n’ont sans doute pas aidé les Rennais. Mais c’est aussi ça, la Coupe d’Europe. 

Et le problème, c’est que les Rennais n’ont jamais semblé jouer un match de Coupe d’Europe. Avec une équipe remaniée mais compétitive, les Rouge et Noir n’ont rien fait de toute la première mi-temps, de même que leur hôte d’ailleurs, ce qui nous donné à voir un premier acte sans intérêt. La seconde période a démarré sur les mêmes bases, jusqu’à l’ouverture du score des Kazakhs sur corner. C’est seulement à partir de là que Rennes s’est réveillé, mais ni André par deux fois ni Bensebaini qui a trouvé le poteau sur une belle volée du gauche n’ont réussi à égaliser. Rien n’est perdu pour la qualification mais il va falloir montrer autre chose lors de la double confrontation face au Dynamo Kiev.    

Des occasions, une barre, un poteaux et un penalty raté. On pourrait résumer de cette façon la défaite des Girondins face au FC Copenhague au Matmut Atlantique. Mais ne parler que du manque de réussite des hommes de Bedouet serait aussi réducteur qu’inexact. La vérité c’est que Bordeaux n’a pas livré un mauvais match mais s’est montré bien trop peu réaliste dans les deux surfaces pour espérer battre une équipe scandinave sans génie mais qui, elle, a su se montrer opportuniste puisqu’elle a marqué sur son premier tir, juste avant la mi-temps.

Avec deux buts d’avance à vingt minutes de la fin…

Avant cela, les Girondins avaient touché la barre par Kamano et juste avant le retour au vestiaire, ils ont raté un penalty obtenu pour un coup d’épaule un peu viril sur Briand par le même Kamano qui a envoyé sa tentative au-dessus du but danois. Au retour des vestiaires, les Bordelais ont encore touché du bois par Tchouameni avant de parvenir enfin à égaliser sur une jolie demi-volée du gauche de Sankharé à 20 mètres. Tant d’efforts pour laisser finalement Copenhague profiter de l’apathie de la défense girondine pour arracher la victoire dans les arrêts de jeu. Ça fait zéro point en deux matchs pour Bordeaux qui va en outre devoir se coltiner deux fois le Zénith Saint-Pétersbourg, grand favori du groupe. Autant dire que les chances de qualification sont minces…

Et puis en soirée on a eu droit à une autre désillusion avec les Marseillais à Limassol. Le foot français a souvent connu de sacrées désillusions sur le sol chypriote et l’OM n’a pas dérogé à la règle en gâchant deux buts d’avance. Après une première période insipide d’un côté comme de l’autre, l’OM a commencé à développer quelques séquences intéressantes et sur l’une d’entre elles, initiée par Radonjic, Payet a réalisé un petit numéro avant d’ouvrir la marque d’une jolie frappe croisée. Un but rapidement suivi d’un second avec Payet à la passe et Gustavo, enfin de retour au milieu, à la frappe. 

Avec deux buts d’avance à vingt minutes de la fin, on pensait légitimement que l’OM allait sauver la pauvre soirée de nos clubs français et signer sa première victoire dans cette édition 2018-2019. Mais cet OM-là n’a plus rien à voir avec celui qui avait rejoint la finale de la compétition il y a cinq mois à peine. Un magnifique tir enroulé en pleine lunette de Markovic puis un ballon bêtement perdu par Payet - sur un contre qui aurait pourtant dû aller au bout - bien exploité par les Chypriotes ont eu raison des espoirs olympiens dans les arrêts de jeu. Des Olympiens qui eux aussi, vont vite devoir se ressaisir. En particulier sur le plan défensif, ce qui est tout sauf une surprise.

Pierrot