Ca (aussi), c'est Paris...
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la célébration du titre du PSG a été quelque peu mouvementée au Trocadéro lundi soir. La faute à qui ? A quoi ? On en discute...

Avant de parler de la Coupe, je vais donc revenir sur cette formidable célébration du titre, lundi soir au Trocadéro, avec 24 heures de recul. Et j'avoue que j'ai du mal à en prendre, du recul, car j'ai un fils et une boutique à 150 mètres de là, ce qui m'a valu deux heures de stress devant le direct de Canal + Sport en voyant de quelle façon la place du Trocadéro s'est embrasée et l'avenue Kléber mise à sac derrière.

Alors l'impression première, c'est que ça donne une image déplorable de Paris, de la capitale de la France. Ensuite, ça démontre malheureusement notre incapacité chronique à organiser de grandes fêtes populaires en France. La célébration du titre de l'OM il y a deux ans n'avait pas non plus été parfaite - sans en arriver à ces extrémités tout de même - et je rappelle aussi qu'il y a eu plus de 1100 voitures cramées lors de la dernière nuit de la Saint-Sylvestre et que là, personne ne peut accuser le foot. 

Alors attention : loin de moi l'idée de faire de l'angélisme et défendre le foot à tout prix. Oui, il y avait des ultras au Troca, qui se sont servis de cette manifestation pour exprimer leur colère vis-à-vis du "Plan Leproux". Maintenant, quand on connaît un peu la mouvance ultra du PSG, on sait que ces mecs refusent de porter des maillots qui ne symbolisent pas assez les couleurs et l'histoire du club ou qui représentent une période noire pour eux. Comme en ce moment avec beaucoup d'anciens qui sont IDS (interdits de stade).

Dès lors, il n'est pas bien difficile de comprendre que des casseurs déguisés - une écharpe sur la bouche et un maillot du PSG sur le dos et le tour était joué - se sont greffés au truc. Car les maillots que portaient ces mecs n'auraient jamais été portés par les ultras "historiques", les vrais "kiffeurs de Paname". Maintenant, il est clair qu'il faut connaître un peu ce mouvement et ce n'est pas le cas de tout le monde.

Débilité sans nom

Lorsqu'on commence à chercher les responsabilités, on remarque que pour une fois, Thiriez a assumé les siennes. Il est bien le seul pour le moment. Le club est également montré du doigt. Ah effectivement, c'était une belle idée de montrer le trophée à la foule au pied de la Tour Eiffel. Très photogénique. Il aurait peut-être été plus intelligent de faire ça samedi au Parc et d'aller ensuite prendre une photo devant la Dame de Fer, au calme.

Mais que dire des forces de police et notamment du Préfet de Paris, qui a quasiment accusé les dirigeants du PSG d'être à l'origine de tout ça ? On n'envoie pas 800 CRS quand on attend 15 000 personnes, surtout à la lumière de ce qui s'est passé dimanche soir sur les Champs-Elysées. Vous avez tous dû voir les images des célébrations du titre à Manchester ou à Barcelone. C'est sûr, celles de Paris avec les lacrymos, les charges de CRS et les fumigènes, c'est pas tout à fait la même…

A titre personnel, je regrette que le fumigène soit l'expression de la liberté du supporter en France. Je suis désolé, je trouve ça d'une débilité sans nom. Il n'y avait pas de fumigènes à Old Trafford et l'adieu à Sir Alex était pourtant magnifique et poignant. Ca fait un moment que j'en parle - et que j'en débats avec certains supporters sur le blog ou sur Twitter, j'aimerais vraiment essayer de faire avancer ce dossier qui est l'un des problèmes récurrents du foot français.

Dégoûtés, tristes, choqués et honteux

Malheureusement, avec ce qui vient de se passer lundi soir, j'ai bien peur qu'on soit reparti pour un processus à sens unique de répression pure et simple de la part des forces de l'ordre. De leur point de vue, si on n'organise rien, il ne se passera rien et il n'y aura donc pas d'incident. Imparable. Reste que, lorsque je suis allé chercher mon fils dans le quartier à 21h30, tous les supporters du PSG - et il y en avait un paquet, y compris des ultras - que j'ai croisés étaient dégoûtés, tristes, choqués et honteux de ce qui venait de se passer. C'est pour ça que c'est un peu trop facile de faire des amalgames et des raccourcis hâtifs.

Et puis un dernier mot à ce sujet puisqu'il semblerait que Mamadou Sakho se soit laissé aller à chanter un hymne "à la gloire" de l'OM. Comme ce fut le cas de Taïwo en finale de la Coupe de la Ligue au Stade de France dans l'autre sens, ou encore des Lyonnais après leur victoire de l'an dernier en Coupe de France vis-à-vis des Stéphanois. Il faut croire que le terme "jurisprudence" n'est pas très bien compris par les footeux. Alors que l'exemple, ce sont aussi eux qui doivent le donner. Dans un contexte aussi délicat, il valait mieux éviter de rajouter de l'huile sur le feu. C'est d'autant plus regrettable que j'avais trouvé la joie de Sakho à Gerland extrêmement saine et belle. C'est un dérapage qui sera sanctionné comme les autres d'un match avec sursis et une amende.

Ah et sinon, il y avait aussi du foot ce soir. Troyes-Bordeaux, au Stade de l'Aube. Et la logique a été respectée lors de cette demi-finale de Coupe de France puisque les Girondins se sont imposés 2-1 après avoir pourtant concédé l'ouverture du score dès la 7e minute de jeu, Bahebeck profitant d'un gros raté de Sané. Les débats se sont ensuite équilibrés, avant que Bordeaux ne prenne l'ascendant en fin de première mi-temps. Une domination récompensée par un nouveau - et joli but - de Diabaté juste avant la pause.

Beaucoup plus incisifs lors du second acte, les hommes de Gillot ont fait la différence à l'heure de jeu avec la complicité bien involontaire de Bréchet et Jarjat, qui s'y sont mis à deux pour marquer contre leur camp et propulser Bordeaux en finale au Stade de France. Les Girondins y défieront Evian dans la peau du favori, avec à la clé une place en Coupe d'Europe qu'ils n'ont pas su aller chercher en championnat.


Pierrot