Bayern, le nouveau monstre
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Le Bayern a une nouvelle fois étrillé le Barça en l'emportant 3-0 au Camp Nou. La finale sera donc 100% allemande. Pour mon plus grand plaisir.

Le suspense était quasiment inexistant depuis une semaine. Il l'était totalement une heure avant le début de ce Barça-Bayern, à la lecture de la composition choisie par Vilanova. Car on a alors appris que le Barça jouerait sans Busquets - ce qui était plus ou moins prévu depuis mardi - mais aussi sans Messi, qui venait de se blesser lors du traditionnel petit entraînement de matin de match.

Sans leur héros perpétuel et leur régulateur, les Catalans déjà privés de Puyol, Mascherano et Alba, n'avaient aucune chance de renverser une situation déjà désespérée. Il n'y a rien de pire que d'affronter une équipe allemande en confiance. Le Bayern a appliqué la même recette qu'au match aller, c'est-à-dire un pressing haut, avec en point d'orgue cette étonnante phase de jeu où les 10 joueurs de champ bavarois étaient dans le camp catalan pour couper toute tentative de relance rapide et empêcher le Barça d'accélérer.

Ce n'était même pas utile. Cette équipe n'est plus capable d'accélérer. Parce que Xavi, qui a beaucoup donné à 33 ans, n'est plus que l'ombre de lui-même. Parce qu'Iniesta est loin de sa forme optimale. Parce que depuis sa fracture du tibia-péroné Villa n'a jamais retrouvé son niveau. Parce que Fabregas, qui est pourtant l'un de mes joueurs préférés, est très décevant cette saison. Et parce que même Daniel Alves semble en avoir marre de sprinter.

Contre une équipe aussi confiante et aussi talentueuse que le Bayern, il n'y avait rien à faire. Et sans trois interventions défensives assez extraordinaires de Piqué en première période, les Allemands auraient déjà eu une avance "kolossale" à la pause. Et puis, il y a un truc, c'est que, comme Dortmund mardi cette équipe a l'air de s'amuser. Les deux petites "fêtes" germaniques sur les pelouses espagnoles à l'issue des matchs étaient rafraîchissantes et sans la moindre once de chambrage, avec des joueurs du Bayern mimant un petit match de boxe et les supporters catalans qui les prenaient en photo.

Les mêmes questions que beaucoup d'autres

Alors est-ce une passation de pouvoir ? Une fin de cycle ? On ne sait pas. Toujours est-il que le Bayern aura sur son banc la saison prochaine l'entraîneur qui a manqué au Barça cette saison. Avec le départ de Guardiola et le cancer de Vilanova, cette équipe barcelonaise a peut-être été un peu trop livrée à elle-même. Sans doute pas tactiquement, mais physiquement.

Alors il est évident que le Barça a désormais besoin de recruter. Un défenseur central de haut niveau, et un attaquant susceptible d'épauler Messi et de le soulager dans la saison pour qu'il ne soit pas obligé de tirer sur la corde. Tout meilleur joueur du Monde qu'il est, l'Argentin n'en est pas moins humain. On sait que les deux priorités de la cellule de recrutement catalane sont Kompany et Neymar.

On va voir s'il vont parvenir à leurs fins. Désormais, il y a une sacrée concurrence en Europe et des clubs qui ont des liquidités plus rassurantes que celles du Barça. C'est un problème que ne connaît pas le Bayern, qui alignera une équipe encore renforcée par la présence de Götze, et peut-être de quelques autres. Maintenant, il y a une finale qui nous attend. Alors je sais que certains ne sont pas ravis à l'idée d'assister à une finale 100% allemande.

Pour ma part, quand je vois la qualité du football pratiqué lors de ces demi-finales par le Borussia et le Bayern, je suis plus que ravi. Ce sont les deux équipes qui jouent le meilleur football d'Europe et c'est très rassurant de les avoir à Wembley le 25 mai prochain. Et puis un dernier mot concernant Ribéry, à l'origine des 2e et 3e buts et qui a écoeuré Alves par son travail défensif. On a déjà vu un très bon Benzema mardi avec le Real, et on voit un Ribéry régulièrement étincelant dès lors qu'il porte le maillot rouge. Après, je me pose les mêmes questions que beaucoup d'autres. Si ces deux-là nous offraient les mêmes prestations en sélection, la vie serait plus douce pour les Bleus…


Pierrot