Avec le coeur (et pas grand chose d'autre)

Posté par Pierre Ménès le 23 Juin 2019

Voilà. L’équipe de France est donc en quart de finale de sa Coupe du Monde après avoir battu le Brésil hier soir, au Havre. Le plus gros du contrat est rempli puisque selon toute vraisemblance, les Bleues joueront face au grandissime favori de cette compétition, les Etats-Unis et vont se retrouver dans une position d’outsider qui leur conviendra peut-être mieux. Les joueuses de Diacre se sont imposées avec leur coeur et leur mental. Des qualités tout à fait louables. Mais jouer au football, c’est bien aussi.

Et là, je suis désolé mais on n’a vraiment pas vu grand chose face à une équipe du Brésil bien plus séduisante que ce qu’elle avait montré au premier tour et souvent supérieure à la France sur le plan technique. Les Bleues ont eu un mal fou à se créer des occasions lors du premier acte, excepté ce but logiquement refusé à Gauvin pour une charge sur la gardienne (ou une main, on ne sait pas). Après le repos, la Montpelliéraine n’a pas laissé passer sa chance une seconde fois et a ouvert le score en coupant un centre au cordeau de Diani.

Onze minutes plus tard, le Brésil a égalisé. Une nouvelle fois, la déferlante est venue de Torrent, qui a mis 109 minutes à être remplacée alors qu’elle a pris le bouillon dès le début du match. Après cette égalisation, les Bleues ont été en grosse difficulté jusqu’à la fin du temps réglementaire. On a senti du mieux au début de la prolongation mais ce sont pourtant les Sud-Américaines qui ont eu la plus belle occasion avec ce raid et cette frappe en bout de course de Debinha sur laquelle Mbock réalise un sauvetage aussi magnifique que capital. Si le Brésil avait ouvert le score à ce moment-là, la situation aurait été très compromise. Mais sur un joli coup-franc de Majri, Henry qui n’avait pas fait un grand match jusqu’ici a réussi à passer devant sa défenseure pour placer une petite volée du gauche dans le petit filet. 

Alors je suis désolé de ne pas participer à la grande liesse nationale, mais c’est le troisième match consécutif guère convaincant des Bleues. Les résultats sont là, formidable. Sauf que le niveau du prochain match va considérablement s’élever face aux Américaines (ou aux Espagnoles si elles réussissent l’exploit). D’ici là, le chantier est copieux, et notamment au niveau de l’organisation offensive. Le Sommer qui est pourtant une joueuse de classe mondiale a eu beaucoup de mal à exister dans ce match, Gauvin malgré son but montre pas mal de limites, Asseyi ne semble pas véritablement au niveau…

Il n’y a que Diani, qui a répété les efforts sur son côté et a régulièrement apporté le danger, qui se soit montrée à son avantage, en plus d’être décisive. Cette équipe de France perfectible n’aura rien à perdre vendredi au Parc, avec un stade plein acquis à sa cause. C’est en grande partie sur ce match que cette Coupe du Monde va se jouer. Parce que si les Bleues venaient à battre l’ogre américain, elles deviendraient alors les favorites de  cette Coupe du Monde. 

Pierrot