Alexandre de nouveau grand
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Peu en réussite depuis le début de la saison, l’attaquant lyonnais a signé son réveil de façon fracassante en claquant un triplé lors du derby. Ça va nettement moins bien du côté de Marseille et de Monaco…

Au-delà de la victoire de l’OL, l’information principale de ce 50e et dernier derby à Gerland, c’est le tonitruant réveil de Lacazette. L’attaquant lyonnais a eu pas mal de choses à digérer cet été : un titre de meilleur buteur et de meilleur joueur de Ligue 1, un contrat revalorisé, sa blessure au dos, l’absence de Fekir… J’ai souvent dit dans des interviews ou des papiers récents que je ne trouvais pas Lacazette si mauvais que ça depuis le début de la saison. Il participait beaucoup plus au jeu, mais c’était surtout pour pallier les insuffisances des uns et des autres et s’adapter à ses deux nouveaux coéquipiers en attaque. 

Hier soir, au sein d’une équipe ultra-dominatrice, il a pu se concentrer sur ce qu’il fait de mieux : le boulot d’avant-centre. Avec à l’arrivée, un joli triplé. Alors bon, il doit être écrit quelque part qu’il faut une polémique d’arbitrage à chaque match de l’OL. On ne saura donc jamais si Darder a touché ou pas le ballon sur l’ouverture du score et si Lacazette était hors-jeu ou pas de 30 centimètres. Pour moi, c’est insignifiant sur ce match. 

Ce qui est sûr, c’est que ce ballon piqué avec effet qui lobe et Ruffier et Pogba avant de mourir doucement dans le petit filet est splendide. L’OL a dominé ce derby de la tête et des épaules avec un Valbuena qui démontré une nouvelle fois que, dans un contexte psychologique difficile, il savait répondre présent. On peut aimer ou ne pas aimer le joueur voire l’homme, mais on doit lui reconnaître une chose : une force mentale nettement au-dessus de la moyenne. 

Que dire de la pitoyable prestation des Verts ? Déjà, en voyant la compo de Galtier, avec ce milieu à trois forçats (Clément, Lemoine, Pajot) il y avait de quoi se poser des questions sur les intentions stéphanoises. Le coach des Verts a dit que l’objectif était de priver les Lyonnais de ballons. Mais comment tu fais avec ces trois-là ? Pour travailler, se replacer, récupérer le ballon, OK, pas de souci. Mais pour faire de la possession, jamais de la vie.

L’OM sans liant et improductif

Avec une attaque en mode « désert de Gobi » et une défense qui a fini par craquer à force de subir, Sainté a heureusement pu compter sur Ruffier, qui a évité à son équipe de prendre une claque encore plus vilaine. Aujourd’hui, les Verts parviennent à sortir des matchs intéressants et marquer des buts face aux équipes inférieures. En revanche, dès que le niveau s’élève, c’est la cata : quatre pions encaissés à domicile devant Nice, de nouveau quatre à Paris, puis encore trois à Lyon. Cela devient plus que problématique. 

Ça ne consolera sans doute pas les stéphanois, mais l’OM connaît lui des problèmes d’une autre ampleur. Face à une équipe de Nice en assez nette perte de vitesse depuis trois matchs, les Olympiens ont souffert des absences de quatre de leurs cadres (Nkoulou, Diarra, Cabella et Alessandrini). Au point de se montrer inexistants en première période, dans tous les secteurs de jeu. Défensivement lents, sans liant ni technique au milieu et improductifs en attaque, où chacun fait son petit numéro en solo, à commencer par Batshuayi qui ne donne jamais son ballon. 

Ils ont un peu réagi après le repos, mais sans non plus se créer une palanquée d’occasions. Clairement, sans Diarra, il n’y a pas de construction au milieu, ce Lucas Silva me paraissant d’une mièvrerie sans nom. Et si devant il n’y a pas un minimum de jeu collectif qui se met en place, l’OM n’a pas fini de se faire surprendre à domicile par des équipes habiles en contre. Même si, sur le but de Germain, le placement de Mandanda me paraît extrêmement douteux.

Je vais être bref sur Monaco-Bordeaux puisque, n’ayant pas le don d’ubiquité, je ne peux pas regarder deux matchs en même temps, surtout au CFC. Je n’ai donc vu que les buts et le court résumé du debrief, où j’ai pu constater que le football tient souvent à peu de choses, avec deux premier buts bordelais assez chanceux. Comme quoi, la roue tourne. Quant à Monaco, eh bien Jardim nous a encore sorti deux joueurs totalement inconnus de son chapeau. Dans ces conditions, difficile d’avoir du liant et des automatismes. A la lecture de cette 13e journée, on peut se demander si, d’ici quelques semaines, le PSG n’aura pas définitivement pris ses distances avec tout le monde. Et si l’OL ne va pas également prendre les siennes…

Pierrot