Agaçants et agacés

Posté par Pierre Ménès le 14 Mars 2019

Pourquoi ai-je choisi ce titre un peu bizarre ? Parce que les Rennais ont été agaçants pendant tout le match mais qu’ils ont aussi de quoi être agacés. J’ai l’impression que l’UEFA n’a absolument pas respecté le club breton, qui doit être considéré - peut-être à juste titre mais ça ne devrait pas entrer en ligne de compte - comme un nain au niveau européen. Entre l’inversion des matchs (et on constate avec les scores de l’aller et du retour à quel point cette inversion a eu son importance), la requalification de Lacazette à 48 heures du match (le genre de chose qui n’arrive quasiment jamais avec l’UEFA) et l’arbitrage de monsieur Treimanis que je qualifierais « d’arbitrage à charge », les chances des Rennais de pouvoir conserver leurs deux buts d’avance étaient quasiment nulles. 

Quasiment nulle, cela caractérise plutôt bien aussi la qualité de la prestation des hommes de Stéphan, qui n’ont rien pu faire pour endiguer la fougue de Gunners qui ont joué à un rythme beaucoup plus élevé qu’à l’aller. Beaucoup plus élevé visiblement, que ce que les Bretons sont capables d’assumer. Car le Stade Rennais a d’abord été trahi par ses cadres techniques que sont Grenier, Bourigeaud, Ben Arfa et Sarr. Lorsque Rennes a essayé de calquer son rythme sur celui d’Arsenal, cela a entraîné une imprécision technique assez affolante. La seconde période a été un peu meilleure que la première, avec notamment le tir de Niang sur le poteau, qui restera la plus belle occasion rennaise du match. Les autres se sont soldées par des hors-jeu.

Au final, la copie bretonne était bien trop pâle pour espérer se qualifier. Cela n’excuse pas le fait qu’Aubameyang était hors-jeu sur deuxième but. Que Lacazette, qui était déjà chanceux de jouer ce match et avait reçu un carton orangé pour un tacle sur André, aurait pu prendre un autre jaune pour une charge trop virile sur Bensebaini. Enfin voilà, rien n’a été dans le bon sens pour les Rennais. Ni l’arbitrage, ni les conditions du match, ni le scénario. Ni la prestation des Rouge et Noir. Parce que, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : je ne hurle pas au scandale d’arbitrage. Je dis juste qu’on savait depuis le tirage au sort que Rennes était nettement inférieur à Arsenal, et à tous les niveaux. Alors leur mettre des bâtons dans les roues à ce point, ce n’était pas utile. 

Sur ces huitièmes de finale retour, on constate tout de même que les clubs français n’ont pas eu de bol avec la VAR. Qu’elle soit interprétée en leur défaveur, qu’elle ne déjuge pas une erreur manifeste à leur dépens ou qu’elle ne soit pas utilisée du tout, à l’arrivée c’est toujours le club français qui se fait enfler. Alors peut-être que la Ligue, au lieu de pondre de beaux slogans sur la « Ligue des talents » et faire des ronds de jambe hexagonaux, pourrait hausser un peu le ton au niveau international. Mais ça…

Pierrot