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« Je n’ai pas vécu ma semaine de la même manière après avoir vu ce film » : LE CERCLE CINÉMA séduit par cet hommage à un grand cinéaste

Entourée de quatre chroniqueurs déchaînés, Lily Bloom a ouvert LE CERCLE CINÉMA sur le nouveau film de Richard Linklater, NOUVELLE VAGUE, un hommage vibrant à Godard qui a emballé une partie des participants...

« De jeunes acteurs formidables »

Présenté en Compétition au Festival de Cannes en mai dernier, NOUVELLE VAGUE de Richard Linklater – que l’on connaît notamment pour la trilogie des BEFORE (SUNSET, SUNRISE et MIDNIGHT- et BOYHOOD (2014) – est actuellement en salle et a agité le plateau du CERCLE CINÉMA, une partie des chroniqueurs ne tarissant pas d’éloges sur cette grande révérence à À BOUT DE SOUFFLE, l’autre trouvant au film un caractère un peu scolaire.
En 1959, lors du Festival de Cannes, LES QUATRE CENTS COUPS de François Truffaut est accueilli avec succès et ouvre la voie à de jeunes cinéastes débutants. Soutenu par François Truffaut et Claude Chabrol, Jean-Luc Godard tente de convaincre le producteur Georges de Beauregard de financer son premier long métrage. S’engage alors un tournage rocambolesque…

Projet que Richard Linklater, admirateur invétéré de Godard, porte depuis plus de 10 ans, la préparation de NOUVELLE VAGUE a bénéficié d’un accès aux notes de production du film original. « Il y a vraiment une chronique de 20 jours de reconstitution, tout est vrai et ludique ! », s’enthousiasme Philippe Rouyer (Positif), saluant au passage « les jeunes acteurs formidables » qui campent les différents noms emblématiques d’À BOUT DE SOUFFLE. « Linklater avait annoncé à Zoey Deutch, avec qui il avait déjà travaillé pour EVERYBODY WANTS SOME !! (2016) qu’un jour elle incarnerait Jean Seberg pour lui. C’est beau ! Et puis ce ne sont pas des sosies mais quand ils apparaissent à l’écran, on voit bien que c’est eux. »
Un casting complété par Guillaume Marbeck qui joue Jean-Luc Godard et Aubry Dullin dans le rôle de Jean-Paul Belmondo.

Linklater rattrapé par un « côté bon élève »

Un plébiscite qui n’a pas réussi à convaincre Sophie Riaux (du podcast « Réalisé sans trucage ») qui, si elle estime qu’il n’y a pas besoin d’entretenir « une haine viscérale » pour le film, l’a trouvé un peu « fan boy carte postale », lui reprochant son côté bon élève, appliqué à tous les niveaux sans toutefois transmettre « l’implication émotionnelle via sa mise en scène ». Elle est rejointe dans ses réserves par Arthur Bouet (Les Fiches du cinéma) qui reproche à NOUVELLE VAGUE une « trop grande déférence à Godard et un peu de complaisance envers cette figure » mais reconnait toutefois l'humilité de Richard Linklater dans son amour pour le cinéaste suisse disparu en 2022.

Mais c’est Maroussia Dubreuil du Monde qui emporte cette joute si caractéristique du CERCLE CINÉMA avec son plaidoyer pour le film, qu’elle ne trouve pas du tout scolaire, au contraire. « On aurait pu s’attendre à ce que Linklater veuille filmer à la manière de Godard, or il met en scène le renouveau de Godard de manière absolument exceptionnelle. NOUVELLE VAGUE montre ce qu’apporte Godard au cinéma : il a tellement son film en lui, qu’au moment du tournage, il peut le confier à l’instant présent, à la spontanéité. Ça donne envie de revoir À BOUT DE SOUFFLE, ça donne envie de vivre sa vie autrement. » Comparant le long métrage à un carnet de philosophie et citant au passage l’ouvrage de référence Notes sur le cinématographe de Robert Bresson, que l’on voit dans le film campé par Aurélien Lorgnier, la journaliste confie ne pas avoir vécu sa « semaine de la même manière après avoir vu ce film ». Un argument qui a fait mouche.