Tranquillement, « Kings » met K.O. les clichés sur la masculinité
Pour la série documentaire « Kings », à voir à partir du 29 novembre sur Canal+ Décalé, des femmes célèbres (Amel Bent, les Brigitte, Cécile de France, Ludivine Sagnier…), travesties en hommes, se sont confrontées aux codes de la virilité en situation réelle. Avant cette expérience, elles avaient beaucoup d’attentes, et aussi d’idées préconçues…
Posté par Création Documentaire

« Wesh ma gueule, ça va, tranquille ! » C’est la première phrase que prononce Ludivine Sagnier version homme, une fois sa dégaine de bûcheron mal dégrossi fin prête. Tout de suite, l’actrice adopte une démarche « masculine racaille ». « Qu’est-ce qu’y a ! » lui répond Amel Bent sur le même ton, dans un autre épisode.

Leurs collègues Aurélie Saada et Sylvie Hoarau du duo Brigitte, d’ordinaire élégants paragons de la féminité en robes fourreaux assorties, ne disent pas autre chose : «Tu ne te tiens pas pareil. Tu as envie de te tenir comme un cow-boy. »

 

« Faire tout ce qu’on n’a pas pu faire dans notre jeunesse, en meufs »

 

C’est avec ce genre de détails que l’on se rend compte que les femmes qui ont participé à cette expérience avaient des a priori plutôt négatifs envers les hommes, qu’elles voyaient en gros bourrins, plus volontiers dragueurs relous qui mangent la bouche ouverte qu’en gentlemen.

Ce qu’elles reconnaissent après coup. « On était vraiment lourdingues, bourrées d’à priori et de clichés, dit Cécile de France. Quand je parlais, je me disais que je ne pouvais pas utiliser la douceur, le sourire. [...] J’étais agressive. »

Avec ce travestissement, elles attendaient de découvrir si le monde était « meilleur en fille ou en mec » (Ludivine Sagnier), de « voir comment les hommes se parlent entre eux » (les Brigitte), voire de « faire tout ce qu’on n’a pas pu faire dans notre jeunesse, en meufs » (Amel Bent).

 

Elles qui croyaient que c’était plus facile et plus drôle d’être un homme se rendent compte que ce n’est pas du tout comme elles se le figuraient. « L’homme seul que je suis est très vulnérable », s’étonne Ludivine Sagnier après plusieurs râteaux.

Elles tentent de faire ce que la société attend d’elles/eux : jouer au foot, conduire un scooter, s’appeler « gros », payer les verres lors d’un rendez-vous galant… Dévoilant un monde insoupçonné et compliqué. « C’est incroyable, dit Aurélie Saada, ce que tu découvres, ce n’est pas l’inverse de ce que tu penses, c’est encore autre chose. »

Kings, ou l’art de tordre le cou aux clichés, alors que les questions de virilité sont dans l’air du temps et interpellent la jeune génération, représentée par des artistes comme Eddy de Pretto. Un sujet plus que jamais d’actualité.

 

Kings, série documentaire, 10 épisodes de 12 minutes, à partir du 29 novembre sur CANAL+ Décalé.