Rencontre avec Tony les Animots, documentariste complètement déjanté
Dans son dessin animé Tony les Animots (dont la saison 3 est diffusée tous les samedis à 12h25), il campe un reporter un peu hipster qui explore un monde peuplé d’« animots » extraordinaires : pain-gouin, ours bipolaire, GPScargot, Fourmilène Farmer… Mais qui se cache derrière cette shortcom « louphoque » qui fait rire toute la famille avec son avalanche de jeux de mots absurdes et gags tous plus drôles les uns que les autres ?
Posté par Olympe Meissonnier

Salut Tony, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Anthony Vernagallo, mais les gens m’appellent Tony. Je travaille pour Canal+ depuis environ deux ans et demi. Dans L’Émission d’Antoine, j’incarnais le personnage de « Tony la Thune », qui inventait des objets loufoques. Sinon, j’ai 27 ans, j’ai fait des études de cinéma, puis avec des amis, on a créé le collectif Pain Surprises, qui organisait des soirées et est devenu un label de musique. C’est avec cette même bande qu’on produit Tony les Animots.
 

Pourquoi avoir choisi le dessin animé pour Tony les Animots ?
Ce qu’il y a de bien avec le dessin animé, c’est que tu n’as pas besoin de milliers d’euros pour envoyer quelqu’un sur la Lune, il suffit de l’imaginer et de l’animer. Je me suis dit que ce serait le moyen le plus simple, pour mettre en œuvre mon idée… C’est un format génial aux possibilités créatives infinies. 
 

Comment t’es venu cette idée de documentariste animalier au pays des mots-valises ?
Depuis tout petit, je suis fan de documentaires animaliers. J’en ai vu tellement que j’ai fini par y déceler le second, voire le quatrième degré. J’ai voulu vulgariser le documentaire avec ses spécificités, la façon dont c’est fait, avec le commentateur qui chuchote… Et un jour, j’ai eu l’idée de faire un bouquin avec des animaux que j’inventais. Mon premier était l’oisperge, mélange d’oie et d’asperge… Je me suis dit que ça m’amuserait d’inventer un monde qui me ressemblerait. Je suis allé voir mon amie la dessinatrice Ana Tortos, et je lui ai dit : « Écoute, j’ai un rêve de gosse, j’ai toujours voulu être dans un dessin animé, viens, on se marre, on invente des animaux et je suis un documentariste animalier »… Ça a commencé comme ça !
 

Le programme a une particularité : il s’adresse à tout le monde. 
Oui. Au début, je pensais que ça intéresserait surtout les 20-30 ans. Mais je me suis rendu compte que ça plaisait beaucoup aux adolescents et aux enfants. Il y a différents niveaux de lecture : un enfant de 4 ans ne rigolera pas aux mêmes blagues qu’un ado, qui lui-même analysera les choses différemment d’un adulte… Chacun y trouve son compte. C’est très familial.  
 

Tony les Animots repose sur un humour complètement absurde. Quelles sont tes références ?
J’adore les Nuls, en particulier Alain Chabat. J’aime aussi la série H et ses différents personnages… Mais aussi l’humour de The Office, du vide, qui crée des gênes… Et bien sûr Rick et Morty, une grande influence. Ça se rapproche de l’humour du futur, avec une base solide et une liberté totale d’écriture. 
 

Les tarte-up, Afrikéa… Finalement, le monde loufoque de Tony les Animots ne nous tendrait-il pas un miroir vers le nôtre ?
On peut le voir comme ça. Le monde de Tony les Animots est une alternative au nôtre, d’une manière dédramatisée. Mais ce qu’on a souhaité faire, c’est parler de notre monde avec légèreté, de manière poétique. Évidemment, on voit ça de façon politique et sociale, mais ce n’est pas voulu. Dans notre écriture, nous sommes attentifs au monde, mais il n’y a pas de message particulier. Certes, ça ressemble assez à notre monde. Mais en plus sympathique !
 

Si tu étais un animot, lequel serait-ce ?
Le mammouton, je l’aime bien. C’est un bobo, il est écolo, il fait du vélo. Il ne se prend pas la tête, il est cool, généreux. Il est plutôt bien dans sa vie…
 

Tony les Animots revient avec une nouvelle saison de 10 épisodes.

Tous les samedis à 12h25 sur CANAL+ et sur myCANAL.