Rencontre avec les créateurs de Roman Foto, série absurde sur les start-up
Après Le Département, Matthias Girbig et Benoit Blanc du collectif Inernet reviennent avec Roman Foto, la mini-série qui va vous servir de guide dans la jungle des start-up et du coworking… Un genre de roman-photo augmenté où tout peut arriver.
Posté par Création Décalée

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire un « roman-photo » ?

Benoit Blanc : On venait tous les deux de lire l’excellente bande dessinée de Fabcaro Et si l’amour c’était aimer ?, et on s’est dit : et si nous aussi, on faisait notre roman-photo ?

Matthias Girbig : L’absurdité de Fabcaro nous rappelle notre univers, notamment dans ce que j’appelle les « temps nuls » ou les « plans cons », quand il y a un silence, et que tout s’arrête

Comme votre série précédente Le Département, Roman Foto ridiculise le monde du travail.
 

Matthias : On a voulu se jouer des codes. On apporte un point de vue en abordant des thèmes comme l’écologie, la parité ou les réseaux sociaux, mais ça reste léger. On s’amuse à décaler des choses.

Chez nous par exemple, Instagram devient Instant, une application qui sublime les photos ; le community manager ressemble à un SDF, mais c’est un juste un hipster…

La start-up remet en question le monde du travail. Le Département s’intéressait aux codes de l’entreprise vieille école, avec ses pannes de photocopieuse. Lorsque nous avons visité des espaces de coworking, ce que nous avons observé, c’est que dans le monde des start-up, l’absurdité était déjà présente ! Il a fallu décaler quelque chose qui était déjà décalé. 
 

Vous avez coworké pour mieux étudier le sujet ?
 

Benoit : Oui. Des chief happiness officers qui arrivent avec un bol de fraises Tagada et t’invitent à une soirée PlayStation, on en a vraiment rencontré.

Matthias : Notre personnage de barbier-tatoueur-boucher n’est pas si éloigné que ça de la réalité. On a déjà vu un DJ-tatoueur qui officiait au fond d’une piscine désaffectée dans une ancienne maison close reconvertie en espace de coworking !

La forme (qui mêle vidéo, photo, graphisme…) doit demander énormément de travail.
 

Benoit : Ce doit être le programme le moins rentable de l’histoire ! (rires) C’est très long, très compliqué. Un vrai puzzle.

Matthias : Il a fallu trouver une esthétique moderne avec un cachet particulier, sans que ça fasse Roger Rabbit. Les graphistes font un travail superbe.
 

Avez-vous lu de vieux romans-photos, du magazine Nous Deux par exemple ?
 

Matthias : Oui, mais ça parlait surtout d’histoires d’amour, qui ne nous intéressaient pas… Ce qu’on en a retenu en revanche, c’est qu’ils faisaient tout un pataquès du moindre micro-événement ! Cet aspect nous a plu.
 

Pourquoi avoir choisi Bruno Salomone pour jouer le narrateur ?  
 

Matthias : C’est la seule voix qui n’est pas pitchée (on accélère toutes les images), et elle se détache du reste. Ce qui est bien avec Bruno, c’est qu’en une fraction de seconde, tout peut basculer. Et c’est exactement ça qu’on cherchait !
 

Roman Foto, une Création Décalée CANAL+ en 12 épisodes de 4 min, le dimanche à 20h50 sur CANAL+ Décalé et sur myCANAL.