Monsieur Poulpe : « Il reste encore énormément de tabous dans notre société »

L’intrépide présentateur de « Crac Crac » nous dit (presque) tout sur la deuxième saison de l’émission qui « décrypte le sexe en crypté ».
Posté par Création Décalée

Dans la deuxième saison de Crac Crac, vous abordez de grands thèmes de société comme la politique, le féminisme, l’humour. Le sexe est-il un moyen parfait pour parler de la société ?
 

Oui. Finalement, il y a beaucoup de notre société dans nos sous-vêtements. Au travers du sexe, on se rend compte à quel point nous sommes de moins en moins civiques et de plus en plus renfermés sur nous. Il y a beaucoup moins d’échange, d’ouverture sociale, c’est assez flippant.

Dans Crac Crac, on est partis dans une démarche pro-sexe. Nous avons décidé de ne jamais juger les personnes qu’on allait rencontrer, de rire avec elles et non pas d’elles. 

Le but était-il de faire un mélange entre le fun et le sérieux, dans un décor classieux, et d’apprendre des choses aux spectateurs, sans pudibonderie ?
 

Oui, j’ai toujours mis un point d’honneur à ce qu’on apprenne quelque chose quand je participe à une émission, qu’il n’y ait pas que de l’entertainment. Et puis, je sais qu’il y a beaucoup de personnes qui vivent secrètement leur sexualité en ne l’assumant pas trop, ou en cachant certains fantasmes qu’ils jugent trop honteux.

Cette émission a pour but de propager le message « on est toujours le déviant d’un autre », pour dédramatiser tout ça. Je ne voulais pas qu’on puisse se dire « OK, un talk-show qui parle de sexe, c’est forcement vulgaire ». Comme on a un contenu un peu borderline, je tenais à ce qu’on ait un contenant (le plateau de l’émission, la qualité de l’image, etc.) hyper chic et élégant.

Vous explorez toutes les sexualités, avec un regard dénué de jugement ou de moquerie (même quand vous vous intéressez aux sniffeurs de baskets). Le maître mot de Crac Crac, c’est la curiosité ? 
 

J’adore aller à la rencontre de pratiques qui sortent de la norme, c’est important de sortir de sa zone de confort. C’est important de montrer que par exemple, les sniffeurs de baskets ne sont pas des monstres, mais des gens comme les autres qui ont juste des fantasmes. Les gens sont toujours sympas quand on s’intéresse sincèrement à eux.

Tu as l’impression de contribuer à faire du sexe un sujet pop ?
 

Le sexe est déjà très pop, il n’y a qu’à voir les photos des plus grandes Instagrameuses qui reprennent clairement les codes du porno chic. Les campagnes de pub flirtent également avec ce style-là. Chaque épisode des plus grandes séries du moment comporte au moins une scène de sexe, il y a eu l’explosion de Cinquante nuances de Grey

Tout est là pour prouver que le sexe fait partie de la pop culture. Est-ce que pour autant les langues se délient ? Je ne suis pas sûr. Il reste encore énormément de tabous dans notre société, de non-dits, et c’est hyper dommage.

Vous allez assez loin dans Crac Crac. Y a-t-il des limites que tu t’imposes ?

Je me suis posé la question au tout début, quand j’ai commencé à dresser les idées de séquences de l’émission. Ma limite, c’est sortir mon sexe. Tout le reste appartient à Crac Crac !

Crac Crac, saison 2, Création Décalée, 10 épisodes de 40 minutes à découvrir sur Canal+, Canal+ Décalé et myCANAL.