Wonder Boy : Comment Olivier Rousteing a remis Balmain sur les rails

Dans le documentaire Wonder Boy, à voir prochainement sur CANAL+, on voit Olivier Rousteing diriger une maison Balmain en grande forme. Normal : c’est ce jeune prodige ultra connecté, ami des stars, qui l’a requinqué.

Quand Olivier Rousteing a pris les rênes de Balmain en 2011, la société était au bord du gouffre.

Le jeune styliste (25 ans à l’époque, soit le plus jeune D.A. d’une maison de couture depuis Yves Saint Laurent) a rapidement redressé la barre.
 

Comment a-t-il fait ? Il y a d’abord le talent et le travail acharné. Tout au long du documentaire, il ne fait d'ailleurs que ça : travailler, y compris le week-end. Poussant le sens du détail jusqu'à son paroxysme. Comme on le voit dans Wonder Boy, s'il pouvait continuer à ajuster ses créations jusque sur le catwalk, il le ferait...

Ce self-made man appliqué est un génie précoce, qui a su s’insérer dans l’esprit Balmain – chic et rock – tout en y infusant son propre style, extravagant, kitsch et porté sur les années 80 (on le découvre d'ailleurs grand fan de la musique eighties dans le documentaire).

Mais il a aussi eu le nez creux, en étant pionnier sur les réseaux sociaux. 
 

Son ascension ? Elle suit celle d’Instagram.

Une plateforme que le créateur a utilisée à bon escient. Au lieu de se contenter de publier du contenu publicitaire, Olivier Rousteing a géré son feed de manière naturelle, partageant des moments intimes : « C’est totalement instinctif. J’ouvre les portes de ma vie au plus grand nombre. »

Une fraîcheur qui a plu : il a été le premier créateur à dépasser le million de followers et il en a aujourd’hui plus de cinq.
 

Aussi, le couturier a tout de suite compris que l’important, c’était de bien s’entourer. Par une équipe qu'il considère comme sa famille (de son chauffeur-confident à ses mannequins en passant par ses petites mains, comme on le voit dans Wonder Boy), mais aussi par ses amis.

En témoigne sa très glamour garde rapprochée constituée de beautiful people, abondamment mise en scène. Parmi elle : les Kardashian, les Jenner, Gigi Hadid, Kanye West… Même Naomi Campbell, Iman Bowie et Rihanna posent pour lui.

Une « Balmain Army » qui porte les combats du créateur. Ce féministe, célébrant la diversité, fait défiler des mannequins de tous horizons, considérant à juste titre que c’est la moindre des choses et que les journalistes ne devraient même pas l'interroger à ce sujet.

Décidément bien ancré dans son époque, pour toucher le plus grand nombre et notamment les jeunes, il multiplie les collaborations.

La Balmain-mania est telle que sa collection capsule pour H&M, en 2015, provoque des scènes d’émeutes.
 

Enfin, Olivier Rousteing a compris qu’il ne fallait pas seulement s’intéresser à l’aspect artistique, mais également être un businessman avisé.

L’infatigable D.A. surveille les chiffres de vente de sa griffe comme le lait sur le feu.

« J’ai besoin de connaître nos scores, de comprendre le taux de revente des collections en fonction des différents marchés afin de m’améliorer et mieux répondre aux attentes », confiait-il au Figaro
 

Pour autant, toutes ces qualités, qui lui ont permis de remettre Balmain sur le devant de la scène, n’en font pas un couturier arrogant.

Il suffit de voir Wonder Boy pour découvrir, bien au contraire, un créateur humble, qui a su rester en phase avec ses valeurs. Et qui n'a pas terminé son ascension…

Wonder Boy, un Documentaire de Anissa Bonnefont, à voir prochainement sur CANAL+.